Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah. Photo Ani
Dans un discours prononcé depuis le Parlement mercredi, le député Hassan Fadlallah a nié l'implication du Hezbollah dans une récente tentative de contrebande d'or à travers l'aéroport de Beyrouth, comme l'a rapporté dimanche le Wall Street Journal (WSJ).
« Nous nions catégoriquement tout lien entre le Hezbollah et une tentative de contrebande d'or par l'Aéroport international de Beyrouth et demandons aux autorités concernées de révéler au public tous les détails de cette information », a déclaré M. Fadlallah selon la chaîne de télévision du Hezbollah, al-Manar.
Citant un haut responsable des services de sécurité, le journal américain WSJ a rapporté samedi que les services de sécurité libanais avaient récemment déjoué une tentative d'introduction clandestine de plus de 50 livres d'or (environ 22,68 kg) au profit du Hezbollah via l'aéroport.
Aider les autorités chargées de la sécurité
« J'insiste sur le fait que nous tenons à assurer la sécurité de l'aéroport, à appliquer les lois à tout le monde et à fournir un environnement sûr à cette installation vitale. Nous avons d’ailleurs contribué de manière significative à aider les autorités chargées de la sécurité à mener à bien cette tâche », a-t-il ajouté.
La situation militaire et financière du Hezbollah s'est considérablement détériorée après plus de 13 mois de guerre contre Israël et la chute en décembre 2024 du régime de Bachar el-Assad en Syrie, son allié, coupant ainsi la ligne d'approvisionnement directe entre Téhéran et le parti. Les difficultés d'approvisionnement ont été exacerbées par le renforcement du contrôle des frontières terrestres, maritimes et aériennes par les autorités libanaises à la suite de l'élection du président Joseph Aoun en janvier et de la formation d'un nouveau cabinet libanais dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam en février.
Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah d'utiliser le seul aéroport du Liban pour recevoir des armes et de l'argent en provenance d'Iran. Le 17 février, le Liban avait annoncé la prolongation indéfinie de la suspension des vols à destination et en provenance de l'Iran, après avoir refusé d'accorder des autorisations d'atterrissage à deux vols de Mahan Air en raison des menaces israéliennes de bombarder l'aéroport de Beyrouth. Ces interdictions avaient provoqué des manifestations de partisans du Hezbollah, qui avaient bloqué la route menant à l'aéroport, près de la banlieue sud de la capitale où le parti est fortement implanté.
Fin février, une valise contenant 2,5 millions de dollars en liquide « destinés au Hezbollah » a été confisquée à un homme arrivant de Turquie, première saisie de ce type, selon une source sécuritaire citée par Reuters.
L'État libanais concerné par la reconstruction
Concernant le dossier de la reconstruction, Hassan Fadlallah a déclaré que l'Etat libanais est directement concerné par cette question, ajoutant que l'Etat devrait inclure cette question dans l'agenda du sommet arabe.
Le prochain sommet arabe régulier est prévu samedi à Bagdad. Le dossier de la reconstruction est un sujet important depuis l'accord de cessez-le-feu conclu fin novembre après 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël. La guerre a causé d'immenses dégâts, notamment au Sud-Liban, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth.
« L'administration américaine contribue de manière significative à stopper la reconstruction de ce que l'ennemi a détruit, alors que ce dossier est une priorité nationale », a déclaré M. Fadlallah.


