Frappe israélienne sur la zone dite de Chaara, dans l'Anti-Liban, chaîne de montagnes frontalière entre le Liban et la Syrie, le 5 mai 2025. Photo fournie par Sarah Abdallah
L'aviation israélienne a mené six frappes lundi soir à la frontière entre le Liban et la Syrie, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. La première a visé les environs de Janta, du côté syrien de la frontière, et la seconde a touché la zone de Chaara, dans l'Anti-Liban, une chaîne de montagnes frontière. Trois autres frappes ont ensuite ciblé les environs de Janta. Une frappe a ensuite visé une zone montagneuse isolée entre Serghaya et Flita, dans la région du Qalamoun.
Plus tôt, notre correspondante signalait la présence de drones israéliens volant à basse altitude au-dessus des régions de la Békaa-Ouest, de Rachaya, ainsi que de Janta et la chaîne orientale.
En soirée, l'armée israélienne a également mené trois frappes sur Tayr Harfa, dans le caza de Tyr, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Trois préfabriqués auraient été visés.
Dans l'après-midi, trois frappes aériennes ont été effectuées par un drone israélien sur un espace dégagé près de la périphérie de Aïtaroun, au Liban-Sud, avec plusieurs missiles, selon les informations de notre correspondant. De plus, quatre drones israéliens ont survolé les villages de Markaba et Adayssé, dans le caza de Marjeyoun, toujours d'après notre correspondant.
Les frappes et tirs israéliens se poursuivent malgré l'entrée en vigueur, le 27 novembre 2024, d'un accord fragile de cessez-le-feu. Ces tirs sont régulièrement dénoncés par Beyrouth, qui appelle la communauté internationale, et surtout la France et les États-Unis, parrains de l'accord de cessez-le-feu, à faire pression sur Israël pour qu'il y mette un terme. C'est dans ce cadre que le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a reçu la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Les deux responsables ont discuté des « efforts en cours pour pousser Israël à respecter ses engagements en vertu de l'accord et se retirer totalement du territoire libanais ». Selon un bref communiqué du ministère des Affaires étrangères, M. Raggi et Mme Hennis-Plasschaert ont également discuté de la « coopération en cours » avec la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et de « l'importance de lui permettre d'accomplir son mandat, avant son renouvellement en août ».
Plusieurs incidents sont survenus au cours des deux dernières semaines dans lesquels des habitants du Sud ont empêché la force onusienne, qui opère uniquement au sud du Litani, de traverser des villages, sous prétexte que les patrouilles n'étaient pas accompagnées de l'armée libanaise. Une question qui avait fait polémique en amont du renouvellement du mandat de la Finul en août 2024. La porte-parole adjointe de la Finul Kandice Ardiel, avait fait état de « plus de 200 activités opérationnelles par jour », parmi lesquelles des réactions d'hostilité étaient « rares ».


