La centrale électrique de Zouk, au nord de Beyrouth. Photo Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Les ministres libanais de l'Énergie et des Finances, respectivement Joe Saddi et Yassine Jaber, se rendront à Bagdad lundi afin de discuter de l'approvisionnement du Liban en carburant irakien, dans le cadre d'un accord signé en 2021 entre les deux pays, et rencontrer les hauts responsables, dont le président irakien, a annoncé vendredi le ministère de l'Énergie.
Cette annonce intervient à l'issue d'une réunion au ministère des Finances, qui a rassemblé MM. Jaber et Saddi, ainsi que le directeur de la Sûreté générale, le général Hassan Choucair. Le prédécesseur de ce dernier, le général Abbas Ibrahim, faisait partie de l'équipe qui avait négocié l'accord sur le pétrole irakien avant celui de 2021. Les ministres libanais rencontreront au cours de leur visite le ministre irakien du Pétrole, le ministre de l’Électricité, le président de la République irakienne, Abdellatif Rachid, ainsi que d’autres responsables.
À l’issue de la réunion au ministère des Finances, Yassine Jaber a confirmé qu'elle avait pour but de coordonner la visite de lundi prochain à Bagdad. « L’Irak est connu pour avoir été l’un des pays à avoir soutenu le Liban dans ses périodes les plus difficiles », a souligné M. Jaber, notamment « au cours des années précédentes », lorsque le pays était en pleine crise économique et financière, et « pendant la guerre brutale menée contre le Liban » à l'automne dernier. « L'Irak a alors fourni de l’aide et nous a soutenus alors que nous connaissions une pénurie de carburant pour faire fonctionner nos centrales électriques », a-t-il rappelé. La visite servira notamment à traiter de la question des paiements en suspens pour le carburant fourni et le mécanisme de paiement. Celui-ci se base sur un échange de biens et de services, dont le processus n'est jusqu'à présent pas clair. Il ne sera pas question pendant la visite de convenir d'un « paiement immédiat » pour le fuel fourni. « Il existe un accord approuvé par le Parlement selon lequel les paiements doivent être effectués sous forme de biens et services. Un fonds dédié a déjà été créé, avec des contributions d’Électricité du Liban. Des fonds y ont été déposés, d’autres le seront prochainement, et un large soutien parlementaire garantit la poursuite de ce type de financement », a-t-il ajouté.
Les « directives » de Aoun
M. Jaber a également examiné cette visite avec le président Joseph Aoun à Baabda d'où il a dit avoir reçu des « directives » concernant ce voyage en Irak.
Fin mars, le Premier ministre irakien Mohammad Chia el-Soudani avait annoncé que son pays fournirait du carburant au Liban pour une période de six mois.
Un contrat d’approvisionnement avait été conclu entre le Liban et l’Irak dans le cadre d’un accord signé à l’été 2021, renouvelé depuis. Cet accord prévoit que l’Irak, via SOMO (l’agence publique chargée de la commercialisation du pétrole), livrera chaque mois une cargaison de brut à une société tierce, laquelle fournira en retour une quantité équivalente de carburant compatible avec les centrales d’Électricité du Liban (EDL). Le 12 février, Joe Saddi, ministre de l’Énergie et de l’Eau du gouvernement de Nawaf Salam, avait signé le renouvellement de cet accord. La nouvelle extension, entrée en vigueur le 1er mars, prévoit une quantité comprise entre 1,5 et 2 millions de tonnes sur un an, soit 500 000 tonnes de plus que dans le contrat précédent.
Le secteur de l’électricité au Liban souffre de lacunes structurelles et d’une capacité insuffisante pour répondre aux besoins du pays, qui dépend de générateurs privés pour compléter l’approvisionnement.



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