Des personnes fuyant Rafah arrivent dans la ville de Khan Younès après de nouveaux ordres d'évacuation israéliens, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 mars 2025. Photo Eyad BABA/AFP
L'armée israélienne se prépare à intégrer la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, et ses quartiers environnants dans la zone tampon qu’elle établit le long de la frontière, a affirmé Haaretz, citant des sources au sein de la défense israélienne.
Le quotidien israélien, critique envers le gouvernement de Benjamin Netanyahu, précise qu’environ 200.000 Palestiniens, qui habitaient dans la zone située entre le corridor de Philadelphie au sud et la route Morag au nord avant la guerre, ont déserté les lieux face aux destructions systématiques de l'armée israélienne. Les civils restants ont été appelés à se rendre dans une zone humanitaire le long de la côte, autour de Khan Younès et de la zone de Muwassi.
La décision d'inclure Rafah a été prise par le gouvernement de Benjamin Netanyahu lors de la reprise de la guerre le 18 mars, soit près de deux mois après la conclusion du second cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas depuis le début du conflit qui a éclaté le 7 octobre 2023. Haaretz établit un parallèle avec les méthodes employées par l'armée israélienne dans le nord de l'enclave.
En comptant l'intégration de Rafah, la zone tampon devrait s'étendre sur environ 75 km2, soit environ un cinquième de la bande de Gaza et ses 365 km². Une enclave dans l'enclave, contrôlée par Israël, qui serait coupée de la frontière égyptienne.
Le but déclaré est d'augmenter la pression sur le Hamas pour tenter de précipiter la fin de la guerre, selon les sources contactées par Haaretz, qui font état d'une prise de conscience au sein de l'armée que la communauté internationale, Washington inclus, ne soutiendrait pas une campagne militaire qui se prolonge davantage à Gaza.
L'armée travaille déjà à l'élargissement de la route Morag, démolissant des structures le long de son trajet, et la possibilité que la ville soit littéralement rayée de la carte par les bulldozers israéliens fait partie des options envisagées.
Le bilan total depuis le début de la guerre a récemment dépassé la barre des 50 000 morts. L'enclave palestinienne, où aucune aide n'entre plus en raison du blocage par Israël, est désormais un « champ de mort », a fustigé mardi soir le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, une accusation rejetée le gouvernement israélien.


