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Moyen-Orient - Dans La Presse

Moscou ne livrera pas Assad, assure l'ambassadeur russe en Irak

Elbrus Kutrashev a également rejeté les propos reprochant à la Russie « d’abandonner ses alliés ».

Moscou ne livrera pas Assad, assure l'ambassadeur russe en Irak

L'ambassadeur de Russie en Irak, Elbrus Kutrashev, au cours de son entretien accordé au média irakien al-Sharqiya, diffusé le 5 avril 2025 sur Youtube. Capture d'écran

La Russie ne livrera pas Bachar el-Assad, en exil depuis le 8 décembre dernier après avoir été chassé par la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Syrie, alors que le président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh exige depuis fin janvier que Moscou remette le président déchu aux autorités syriennes. C’est ce qu’a assuré l’ambassadeur de Russie en Irak, Elbrus Kutrashev, dans un entretien accordé au média irakien al-Sharqiya, diffusé pendant le week-end et disponible en ligne.

Si l’entretien était essentiellement centré sur des sujets liés aux relations entre Bagdad et Moscou, le journaliste présent a rapidement tenté de le faire dévier sur la question de l’ancien président syrien. Peu enclin à répondre sur des sujets qu’il estime être en dehors de sa compétence, Elbrus Kutrashev a cependant affirmé « qu’il n’était pas envisageable que la Russie livre Bachar el-Assad » dans le cadre d’un quelconque « accord ». « La Russie ne participe pas à ce genre d’accords, qui sont immoraux », a-t-il ajouté.

Le diplomate russe affirmé que l’extradition d’el-Assad était d’autant plus exclue du point de vue de Moscou que l'ex-président syrien n’avait pas « enfreint les conditions de son asile ». Il a précisé que l’une de ces conditions est que l’ancien chef de l'Etat syrien ne participe à aucune activité médiatique ou politique, ce dont il s’abstient.

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Rumeurs d'empoisonnement

Elbrus Kutrashev a aussi rejeté les propos, attribués par son interlocuteur à des observateurs, reprochant à la Russie « d’abandonner ses alliés », assurant que les troupes russes en Syrie avaient cessé leurs frappes contre la coalition rebelle islamiste menée par Hay’at Tahrir el-Cham. « Les Russes ont été les derniers à effectuer des frappes contre les [rebelles]. La chute de Bachar el-Assad n’est pas liée à une décision russe ou iranienne, mais à une situation interne en Syrie et à une position du régime syrien », a encore déclaré le diplomate, soulignant que l’armée syrienne n’avait opposé que très peu de résistance à Alep, à Idleb et sur la route reliant cette dernière ville à Damas.

Répondant au journaliste, qui avait évoqué des rumeurs sur un potentiel empoisonnement de Bachar el-Assad qui aurait eu lieu un mois plus tôt, l’ambassadeur a indiqué qu’il n’avait pas d’informations sur ce sujet et qu’il aurait « à 99 % » été mis au courant si quelque chose de semblable s’était produit. Il a également rejeté les informations selon lesquelles la Russie aiderait Maher el-Assad à s’exfiltrer d’Irak, où il s’est réfugié après l’offensive rebelle, vers la Russie.

Bachar el-Assad a été renversé le 8 décembre 2024 et s’est enfui en Russie après une offensive éclair menée par le HTC, qui a nombre de villes jusqu’à atteindre Damas. Le groupe a depuis été dissous, mais ses combattants forment l'armature du pouvoir actuel en Syrie. Sur la situation dans ce pays, le diplomate a fait savoir que la personnalité des dirigeants syriens importait moins à la Russie que le maintien de l’unité du pays et le retour des habitants à une vie normale. Il a regretté que les discussions internationales, tenues notamment à Aqaba et à Riyad et portant sur l’avenir de la Syrie, excluent la Russie, l’Iran et la Chine, suggérant que cela serait lié à des pressions occidentales.

Bien qu'elles aient reculé devant l'avancée des rebelles pour se replier vers leurs bases sur le territoire syrien, les troupes russes sont toujours présentes dans ce pays. Elles ne sont pas intervenues pendant les massacres de civils survenus en mars dernier dans l'Ouest syrien en marge d'affrontements entre combattants restés loyaux envers Assad et nouvelles forces de sécurité syriennes.

La Russie ne livrera pas Bachar el-Assad, en exil depuis le 8 décembre dernier après avoir été chassé par la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Syrie, alors que le président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh exige depuis fin janvier que Moscou remette le président déchu aux autorités syriennes. C’est ce qu’a assuré l’ambassadeur de Russie en Irak, Elbrus Kutrashev, dans un entretien accordé au média irakien al-Sharqiya, diffusé pendant le week-end et disponible en ligne.Si l’entretien était essentiellement centré sur des sujets liés aux relations entre Bagdad et Moscou, le journaliste présent a rapidement tenté de le faire dévier sur la question de l’ancien président syrien. Peu enclin à répondre sur des sujets qu’il estime être en dehors de sa compétence, Elbrus Kutrashev a cependant...
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