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Raï apporte son soutien à Aoun et dit qu'il est « inconcevable d'avoir deux armées » au Liban


Raï apporte son soutien à Aoun et dit qu'il est « inconcevable d'avoir deux armées » au Liban

Le patriarche maronite Béchara Raï reçu par le président Joseph Aoun à Baabda, le 2 avril 2025. Photo X/@LBpresidency

Pour la première fois depuis l’élection de Joseph Aoun à la présidence, le 9 janvier, le patriarche maronite Béchara Raï s’est rendu mercredi au palais de Baabda pour s’entretenir avec le chef de l’État et lui exprimer son « soutien ». À l’issue de la rencontre, il a affirmé que le Liban « reste déterminé à poursuivre la voie diplomatique » face aux attaques israéliennes quasi quotidiennes. Il a également estimé qu’il est « inconcevable de continuer avec deux armées et deux arsenaux » au Liban, en référence aux armes du Hezbollah.

« Nous avons félicité le président Aoun pour les nominations, et lui avons exprimé notre amitié, en faisant part de nos prières et de notre soutien », a déclaré Mgr Raï à l'issue de la réunion. « Nous l'avons également invité à la messe de Pâques à Bkerké, et avons abordé les affaires publiques. »

Interrogé sur la position de l’État libanais face aux frappes israéliennes, il a répondu : « Nous n’avons pas abordé ce sujet mais, à mon avis, ce qui se passe est regrettable et constitue une violation de l’accord conclu, mettant le Liban et la communauté internationale dans une situation délicate ». « Je suis opposé à cette escalade unilatérale, qui constitue une rupture du cessez-le-feu et une entrave aux efforts diplomatiques, a-t-il ajouté. L’État libanais, à travers le président de la République et le Premier ministre, privilégie la diplomatie, car la solution ne peut être militaire ». « Les confrontations armées ne mènent qu’à la mort et à la destruction, et c’est exactement ce que fait Israël. Le Liban subit cette situation, mais reste déterminé à poursuivre la voie diplomatique », a encore dit Mgr Raï.

L’assemblée des évêques maronites a également réaffirmé, mercredi, son soutien à « l’État libanais dans ses efforts pour appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », l’encourageant à « étendre sa souveraineté sur tout le territoire libanais et à conserver le monopole des armes, de manière que le Liban devienne un espace de sécurité, de calme et de paix ». Les évêques maronites se sont aussi dit satisfaits des dernières nominations effectuées par le gouvernement. Ces nominations ont concerné, entre autres, des postes maronites clés comme ceux du commandant en chef de l’armée et du gouverneur de la Banque centrale. 

M. Raï a aussi indiqué que « les réformes figurent en tête des préoccupations et des responsabilités du président, ainsi que des exigences internationales ». « Cependant, les attaques israéliennes détournent l’attention et empêchent l’élaboration d’un plan de réforme », a-t-il dénoncé. 

Travail diplomatique

Interrogé sur le désarmement du Hezbollah, Mgr Raï a rappelé que « la résolution 1701 prévoit que les armes doivent être exclusivement entre les mains de l’État libanais ». Cependant, cette question nécessite un travail diplomatique et une action du président et du gouvernement pour résoudre la question en interne, car il est inconcevable de continuer avec deux armées et deux arsenaux », a-t-il poursuivi.

Dès la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam en février, le Hezbollah a lié les discussions sur son arsenal au dialogue et à une stratégie de défense nationale. Lors d’un Conseil des ministres le 13 mars, le débat autour de l’arsenal du parti chiite s’était engagé sous l’impulsion des Forces libanaises et des Kataëb, qui avaient réclamé la mise en place d’un calendrier pour son désarmement. Peu après, les ministres chiites, Tamara el-Zein (Environnement) et Yassine Jaber (Finances), avaient exprimé leur opposition à tout désarmement du Hezbollah tant qu’Israël occupe cinq positions au Liban-Sud.

Le Hezbollah a été considérablement affaibli par sa guerre contre Israël, qu'il a commencée par l’ouverture d’un front de soutien avec Gaza en octobre 2023 et s’est terminée par un accord de cessez-le-feu en novembre 2024, stipulant le désarmement du parti et son retrait de la zone au sud du Litani, où l’armée libanaise se déploie déjà. L’armée israélienne conserve cependant cinq points sur le territoire libanais et poursuit ses opérations quotidiennes contre des membres de cette formation pro-iranienne, notamment au Liban-Sud. Elle a commis « plus de 1 500 violations » de la trêve depuis son instauration, selon les autorités libanaises, faisant 127 morts dont plus de la moitié sont des civils


Pour la première fois depuis l’élection de Joseph Aoun à la présidence, le 9 janvier, le patriarche maronite Béchara Raï s’est rendu mercredi au palais de Baabda pour s’entretenir avec le chef de l’État et lui exprimer son « soutien ». À l’issue de la rencontre, il a affirmé que le Liban « reste déterminé à poursuivre la voie diplomatique » face aux attaques israéliennes quasi quotidiennes. Il a également estimé qu’il est « inconcevable de continuer avec deux armées et deux arsenaux » au Liban, en référence aux armes du Hezbollah.« Nous avons félicité le président Aoun pour les nominations, et lui avons exprimé notre amitié, en faisant part de nos prières et de notre soutien », a déclaré Mgr Raï à l'issue de la réunion. « Nous l'avons également invité à la messe de Pâques à...