Le chef de l'Église maronite, le patriarche Béchara Raï, et le nouveau gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, à Bkerké, le 30 mars 2025. Photo ANI
Le chef de l'Église maronite, le patriarche Béchara Raï, a accueilli le nouveau gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid, dimanche à Bkerké en marge de la messe dominicale, et lui a « adressé ses sincères félicitations et meilleurs voeux de réussite dans cette tâche difficile et délicate » lors de son homélie. Karim Souhaid a particpé à la messe et les deux hommes sont sont retrouvés autour d'un gâteau pour célébrer la fête de l'Annonciation et la nomination.
Le poste de gouverneur de la BDL est traditionnellement occupé par un chrétien maronite. Karim Souhaid a obtenu le soutien de 17 ministres sur les 24 du gouvernement de Nawaf Salam pour succéder à Wassim Mansouri, gouverneur par intérim depuis le 31 juillet 2023. Sa candidature était rejetée par le Premier ministre mais soutenue par le président Joseph Aoun, qui le considère comme le meilleur candidat pour diriger une institution entachée par une série de scandales de corruption et discréditée.
Lors de la messe, le patriarche a également dressé un constat général de la situation dans le pays, 48 heures après des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, les premières depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah en novembre dernier.
« Lorsque nous regardons le Liban et réfléchissons à la manière dont nous avons agi après chaque crise, épreuve, guerre et occupation, nous voyons combien notre foi en l’unité nationale a été mise à l’épreuve » a déclaré le cardinal Raï. «Il semble que nos conflits rivalisent avec notre désir de vivre ensemble et l'affaiblissent, et que la mentalité du profit personnel prévaut sur celle de la solidarité, comme si le Liban était un projet de postes et non un projet d’État», a-t-il dit.
« Nous espérons qu’après tous les développements récents dans la région et au Liban, et face à l’intérêt positif des autres pays pour le Liban, la présence d’un président garant de la Constitution, protecteur de l’unité interne et jouissant d’une confiance tant nationale qu’internationale, permettra aux Libanais et aux partis politiques d’adopter une philosophie constructive. Celle-ci devrait être animée d’un esprit dynamique, portée par des personnalités crédibles, et aboutir à l’établissement du Liban dans une politique de neutralité positive, lui permettant de jouer son rôle dans le message de paix, de dialogue et de protection des droits des peuples, des libertés publiques, du respect de la dignité humaine et de la coexistence idéale entre chrétiens et musulmans », a ajouté le patriarche.



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