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Dernières Infos - Syrie

Chareh nomme un nouveau gouvernement, ses fidèles aux postes clés

Une femme chrétienne est nommée ministre des Affaires sociales et du Travail ; les ministres des Affaires étrangères, et de la Défense, conservent leurs postes. 

Le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh prenant la parole à Damas le 29 mars 2025. PHOTO AFP / PRÉSIDENCE SYRIENNE

Le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh a annoncé samedi soir la formation d'un nouveau gouvernement sans Premier ministre, dans lequel ses fidèles occupent les principaux postes mais qui se veut inclusif et compte une femme.

Dans un discours au cours de la cérémonie annonçant le gouvernement, Ahmad el-Chareh, qui a pris le pouvoir à la tête d'une coalition islamiste le 8 décembre, a affirmé sa volonté d' « édifier un Etat fort et stable ».

« Ce gouvernement s'efforcera d'ouvrir de nouveaux horizons dans l'éducation et la santé », en mettant l'accent sur la préservation et le développement des ressources humaines, ainsi que sur l'attraction des talents syriens de l'étranger, a-t-il aussi souligné. Il a confirmé les efforts du gouvernement pour « réformer le secteur de l'énergie, soutenir les agriculteurs, afin d'assurer la sécurité alimentaire et œuvrer à la réhabilitation de l'industrie tout en protégeant les produits nationaux ». Le président syrien a aussi mis en exergue l'objectif de construire une armée nationale professionnelle, qui se sacrifie lourdement pour la souveraineté et la sécurité de la Syrie, et de maintenir des relations étrangères stables afin de sauvegarder les intérêts durables du pays et de ses alliés.

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Un poste pour les Casques blancs

Les 23 ministres ont prêté serment devant M. Chareh lors d'une cérémonie au palais présidentiel, retransmise par la télévision. Les ministres des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, et de la Défense, Mourhaf Abou Qasra, des fidèles du président intérimaire, conservent leurs postes dans le gouvernement. Le chef des Renseignements généraux, Anas Khattab, également proche de M. Chareh, est nommé ministre de l'Intérieur. 

Le gouvernement est plus inclusif que l'équipe ministérielle qui était chargée de la gestion des affaires courantes depuis la chute de Bachar el-Assad et qui était dirigé par Mohammad al-Bachir, qui devient ministre de l'Energie. Hind Kabawat, une femme chrétienne, est nommée ministre des Affaires sociales et du Travail. Il compte également au moins un ministre druze, un autre kurde et un alaouite.

Le chef des Casques Blancs, les secouristes syriens qui oeuvraient dans les zones rebelles, Raed el-Saleh, est nommé ministre des Situations d'urgence et des Catastrophes. 

Les autres ministres sont :

Mazhar el-Wais (Justice) ; Mohammad Abou Kheir Choucri (Waqfs) ; Marwan el-Halabi (Enseignement supérieur) ; Mohammad Yasser Braniya (Finances) ; Nidal al-Cha’ar (Économie) ; Moussab Nazzal el-Ali (Santé) ; Mohammad Anjarani (Administration locale et Environnement) ; Abdel Salam Haykal (Télécoms) ; Amjad Badr (Agriculture) ; Mohammad Abdel Rahman Turko (Éducation) ; Moustapha Abdel Razzak (Travaux publics et Logement) ; Mohammad Saleh (Culture) ; Mohammad Samih Hamid (Jeunesse et Sports) ; Mazen el-Salhani (Tourisme) ; Mohammad Skaff (Développement administratif) ; Yarab Badr (Transports) ; et enfin Hamza Moustapha (Médias).

L’annonce, initialement prévue le 1er mars, intervient alors que la communauté internationale appelle à une transition syrienne inclusive. Elle survient également après des massacres à caractère confessionnel début mars, qui ont visé les alaouites dans l'ouest du pays où est concentrée cette minorité dont est issu le président déchu Bachar el-Assad.

Lors de la cérémonie, le président a déclaré : « Dans cette phase difficile, nous intensifierons nos efforts pour faire face à tout défi que notre peuple pourrait rencontrer. À cette fin, nous avons créé le Ministère de la gestion des urgences et des catastrophes, afin de répondre à toute crise, qu'elle soit d'origine naturelle ou humanitaire. Nous nous engageons à mettre en place un système de réponse rapide et efficace qui garantit la protection des citoyens et offre une aide immédiate. »


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Félicitations turques

Le gouvernement turc a été l'un des premiers à saluer la formation du gouvernement syrien, ajoutant que cette décision témoignait d'une approche inclusive adoptée par les nouveaux dirigeants du pays.

Dans un communiqué relayé par Reuters, le ministère turc des Affaires étrangères a indiqué que la communauté internationale devait redoubler d'efforts pour soutenir la Syrie, notamment en levant totalement les sanctions afin de permettre le démarrage de la reconstruction. Il a également précisé que la Turquie, l'un des principaux intermédiaires du pouvoir en Syrie après la chute de l'ancien président Bachar el-Assad par les rebelles, continuerait à soutenir cette période de transition « globale et inclusive ».

En revanche, l’administration autonome kurde qui contrôle de vastes territoires dans le nord et le nord-est syrien a contesté la légitimité du nouveau gouvernement. « Tout gouvernement qui ne reflète pas la diversité et la pluralité du pays ne pourra assurer une gestion saine de la Syrie », a déclaré l'administration dans un communiqué. « Par conséquent, nous ne nous considérons pas concernés par l'application ou l'exécution des décisions émanant de ce gouvernement », a-t-elle ajouté, au lendemain de l'annonce de sa formation.

Les nouvelles autorités cherchent à réunifier et reconstruire la Syrie, qu'une guerre civile de plus de treize ans a mise à genoux. Proclamé président intérimaire en janvier, M. Chareh doit gérer la période transitoire de cinq ans après près de 14 ans de guerre civile. Ce n'est qu'après cette période que des élections doivent se tenir sur la base d'une nouvelle Constitution.

Entretemps, la déclaration constitutionnelle lui accorde les pleins pouvoirs dans la formation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, bien qu'elle affirme respecter la séparation des pouvoirs.

Selon Human Rights Watch, cette déclaration constitutionnelle « accorde au président des pouvoirs considérables, notamment en matière de nominations judiciaires et législatives, sans aucun contrôle ni supervision ». 


Le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh a annoncé samedi soir la formation d'un nouveau gouvernement sans Premier ministre, dans lequel ses fidèles occupent les principaux postes mais qui se veut inclusif et compte une femme.Dans un discours au cours de la cérémonie annonçant le gouvernement, Ahmad el-Chareh, qui a pris le pouvoir à la tête d'une coalition islamiste le 8 décembre, a affirmé sa volonté d' « édifier un Etat fort et stable ».« Ce gouvernement s'efforcera d'ouvrir de nouveaux horizons dans l'éducation et la santé », en mettant l'accent sur la préservation et le développement des ressources humaines, ainsi que sur l'attraction des talents syriens de l'étranger, a-t-il aussi souligné. Il a confirmé les efforts du gouvernement pour « réformer le secteur de l'énergie, soutenir...