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Dernières Infos - Etats-Unis

Batailles judiciaires autour des étudiants propalestiniens


Des personnes tiennent des pancartes à leur arrivée pour une manifestation en soutien à Mahmoud Khalil, étudiant activiste de l’Université Columbia, tandis qu’une audience se déroule devant le tribunal de Newark, dans le New Jersey, le 28 mars 2025. Photo Kena Betancur / AFP

L'offensive de l'administration Donald Trump contre les mouvements propalestiniens sur les campus universitaires fait l'objet d'un intense bras de fer judiciaire aux Etats-Unis, où les deux affaires les plus retentissantes de ce virage politique américain occupent vendredi les tribunaux du pays.   

La première s'est jouée vendredi matin dans une cour de Newark (New Jersey), dans l'agglomération de New York, où le gouvernement américain a argumenté qu'il souhaitait voir le sensible dossier Mahmoud Khalil, figure de ces manifestations à Columbia, être instruit dans une juridiction conservatrice de Louisiane, vue comme favorable à la politique d'expulsion de Donald Trump.

Depuis son arrestation pour son rôle de porte-parole de la contestation étudiante contre la guerre à Gaza sur le campus new-yorkais, Mahmoud Khalil est devenu le symbole de la volonté du président américain de museler ce mouvement étudiant, estimant qu'il relève de l'antisémitisme.

Après son interpellation à New York le 8 mars par la police fédérale de l'immigration (ICE), qui ne lui reprochait aucun crime ou délit, le jeune diplômé et titulaire d'une carte verte de résident permanent avait été transféré dans un centre de détention de Louisiane (sud), à l'autre bout du pays, en vue de son expulsion.

Agents masqués 

A Newark, où l'affaire a été récemment dépaysée, l'avocat représentant le gouvernement, August Flentje, a répété que l'affaire devait être instruite « en Louisiane », pour des raisons de « clarté » et de cohérence avec le lieu de détention de Mahmoud Khalil. 

Ce dernier, toujours détenu, n'était pas présent à l'audience, contrairement à sa femme enceinte qui se trouvait avec lui lors de son arrestation par des agents en civil.

L'un des avocats de M. Khalil, Baher Azmy, a estimé que son client faisait l'objet de mesures de « représailles » de la part d'un gouvernement qui « cible toute une classe de personnes ». 

Le juge de Newark a mis sa décision en délibéré.

Une autre affaire, semblable à bien des égards à celle de Mahmoud Khalil, secoue le pays et indigne également les défenseurs de la liberté d'expression. 

Il s'agit de l'arrestation mardi de l'étudiante turque Rumeysa Ozturk, une doctorante de l'université Tufts dans le Massachusetts (nord-est), âgée de 30 ans et elle aussi présente légalement aux Etats-Unis.

La vidéo de son interpellation par des agents en civil, visages masqués et pour certains capuche sur la tête, a suscité l'indignation, son avocate Mahsa Khanbabai évoquant un « enlèvement » en l'absence de motifs d'arrestation.

« Cinglés » 

Une juge de Boston a donné jusqu'à vendredi au gouvernement pour justifier l'arrestation et son placement en détention, elle aussi en Louisiane. 

« Rumeysa n'a pas été accusée de commettre un quelconque crime (...). Il semble que la seule raison pour laquelle on cible Rumeysa soit son droit à la liberté d'expression », a taclé Me Mahsa Khanbabai.

L'étudiante turque avait cosigné en mars 2024 une tribune dans son journal universitaire, le Tufts Daily, critiquant la façon dont son établissement gérait le mouvement de contestation et réclamant « le respect des droits humains élémentaires pour les Palestiniens », a ajouté son conseil.

Evoquant une affaire « troublante », 34 parlementaires dont l'influente sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, ont écrit vendredi au gouvernement pour exiger des explications sur ce cas mais aussi sur des « incidents similaires à travers le pays ».

« L'administration ne devrait pas détenir et expulser des résidents légaux de ce pays simplement parce qu'ils ont exprimé leurs opinions politiques », ont dénoncé les parlementaires dans leur missive adressée notamment au secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Lors de l'annonce de l'arrestation de Mahmoud Khalil début mars, le président Trump avait promis qu'il était le premier d'une longue liste.

Jeudi, son chef de la diplomatie Marco Rubio a déclaré que les Etats-Unis avaient annulé les visas de plus de 300 « cinglés ». Il désignait ainsi des militants pour la cause palestinienne sur les campus américains. 


L'offensive de l'administration Donald Trump contre les mouvements propalestiniens sur les campus universitaires fait l'objet d'un intense bras de fer judiciaire aux Etats-Unis, où les deux affaires les plus retentissantes de ce virage politique américain occupent vendredi les tribunaux du pays.   La première s'est jouée vendredi matin dans une cour de Newark (New Jersey), dans l'agglomération de New York, où le gouvernement américain a argumenté qu'il souhaitait voir le sensible dossier Mahmoud Khalil, figure de ces manifestations à Columbia, être instruit dans une juridiction conservatrice de Louisiane, vue comme favorable à la politique d'expulsion de Donald Trump.Depuis son arrestation pour son rôle de porte-parole de la contestation étudiante contre la guerre à Gaza sur le campus new-yorkais,...