Le Maqam de la citadelle de Chamaa, détruit par les frappes israéliennes. Photo Haïdar Hawila
Le ministre de la Culture Ghassan Salamé a effectué vendredi une tournée des sites archéologiques de Tyr et des villages voisins (Liban-Sud) qui ont été endommagés par les attaques israéliennes, y compris la citadelle de Chamaa. Au cours de sa visite, il s'est engagé à travailler à la reconstruction de ces sites en coordination avec les organisations internationales, y compris l’Unesco.
Financement de la reconstruction
M. Salamé était accompagné du directeur général des Antiquités, Sarkis el-Khoury, et du directeur des sites archéologiques du Liban-Sud, Ali Badaoui.
« Je suis venu constater l'impact de la guerre israélienne au Liban et pas seulement au Liban-Sud ou sur la communauté chiite, et déterminer ce qui peut être fait », a-t-il déclaré, ajoutant avoir constaté les dégâts causés à la citadelle de Chamaa et au sanctuaire du prophète Chamoun al-Safa. Située dans le secteur ouest à la frontière, la citadelle de Chamaa était l'un des points les plus éloignés du territoire libanais que l'armée israélienne a atteints au cours de son offensive terrestre.
« Le gouvernement travaille à la reconstruction malgré les circonstances difficiles et recherche des financements. Cet effort nécessite la coopération de tous », a martelé M. Salamé.
Condamner toute possibilité de vie
M. Salamé s'est ensuite rendu dans le village même de Chamaa, où il a visité les vestiges de la citadelle. « Ce dont nous avons été témoins - la destruction systématique de la citadelle de Chamaa et des maisons de ce village - est une pure dévastation visant à condamner toute possibilité de vie », a-t-il déclaré.
Il a accusé l’État hébreu d'avoir tenté de piller la citadelle et d'autres sites historiques. « Dix sites ont été détruits par Israël, il s'agit d'un crime de guerre », a-t-il insisté. Le ministre a annoncé qu'il ferait en sorte qu'un comité de l’Unesco évalue les dégâts et entreprenne la reconstruction. Il a aussi fait remarquer que les lois sur le patrimoine exigent la formation d'un comité spécialisé pour travailler avec les municipalités et assurer le suivi avec les agences gouvernementales.
Plus de 4 000 personnes ont été tuées au Liban pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël, qui a débuté en octobre 2023, s'est intensifiée en septembre 2024, avant de prendre fin à la fin du mois de novembre. Le ministre de la Culture a clôturé sa tournée à Tyr par une visite au siège de la municipalité, où il s’est entretenu avec le président du conseil municipal, Hassan Dbouk, de « questions en relation avec le patrimoine », en présence de la députée Inaya Ezzeddine.
« Protection renforcée provisoire » de l’Unesco
Lors d'une réunion extraordinaire en novembre, alors que la guerre faisait toujours rage, l’Unesco a placé 34 sites culturels du Liban sous « protection renforcée provisoire » en raison de la menace que représentaient les bombardements israéliens. Les frappes ont principalement visé Baalbeck à l'Est, et Tyr au Sud, qui abritent tous deux des sites classés au patrimoine mondial de l’agence onusienne.
Avant la réunion, 300 professionnels de la culture, dont des archéologues et des universitaires, avaient signé une pétition demandant à l’Unesco de protéger le patrimoine libanais, en particulier à Baalbeck.




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