Le Conseil des ministres réuni au palais de Baabda, le 13 mars 2025. Photo tirée du compte X de la présidence libanaise
Le Conseil des ministres a adopté jeudi des nominations militaires et sécuritaires sur lesquelles un compromis a été trouvé lundi, entre le président de la République Joseph Aoun et le chef du Parlement Nabih Berry. Le gouvernement a également abordé la question de la mise en place d'un nouveau programme de réformes avec l'aide du Fonds monétaire international (FMI).
Le général Rodolphe Haykal a ainsi été nommé à la tête de l’armée, tandis que Raëd Abdallah (sunnite soutenu par Joseph Aoun) succédera à Imad Osman à la direction des Forces de sécurité intérieure (FSI). Hassan Choucair, lui, prendra la tête de la Sûreté générale et Edgard Lawandos occupera les fonctions de directeur général de la Sécurité de l'Etat.
« Les nominations au sein de l'armée et des forces de sécurité ont eu lieu en fonction de l'expérience et des compétences », a déclaré le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement Paul Morcos à l'issue du Conseil. Le ministre de l'Information a précisé que la demande du ministère de la Défense de nommer 100 élèves-officiers avait été approuvée, tout comme le recrutement en trois phases de 4.500 soldats. Ces militaires, qui seront recrutés tout au long de l'année 2025, seront déployés au Liban-Sud, comme le réclame l'accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël et la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce déploiement doit se faire parallèlement au retrait du Hezbollah de la région au sud du Litani.
Lundi, un accord a été trouvé autour du nom du futur directeur de la SG, un poste que la coutume accorde à la communauté chiite et dans lequel le chef du Législatif, Nabih Berry, a habituellement son mot à dire. À l’issue de laborieuses tractations, le président du Parlement a finalement avalisé la nomination de Hassan Choucair à la tête de la SG, aux dépens de son candidat initial, Merched Sleiman, dont le nom se heurtait aux « réserves » du chef de l’État.
Le gouvernement a entamé sa réunion jeudi à 10 heures au palais présidentiel de Baabda, en présence du chef de l'État, Joseph Aoun, et du chef du gouvernement, Nawaf Salam. Le Conseil des ministres a été précédé par une réunion entre MM. Aoun et Salam, durant laquelle ils ont passé la situation en revue. Le Conseil des ministres tiendra lundi une séance extraordinaire consacrée à l'examen du mécanisme des nominations administratives.
Les généraux Haykal, Choucair et Lawandos ont annoncé, peu après leur nomination, qu'ils ne recevraient pas de félicitations pour leur nouveau poste « en raison des défis et conditions difficiles que connait le pays ».
Programme avec le FMI « le plus tôt possible »
La visite d'une délégation du Fonds monétaire international (FMI), arrivée lundi à Beyrouth, figurait également à l'ordre du jour. « Nawaf Salam a assuré, lors de sa rencontre avec le FMI, que le but du Liban est de mettre en place un programme (de réformes, NDLR) avec le FMI le plus tôt possible », a indiqué M. Morcos à l'issue du Conseil des ministres. « Le président Aoun a révélé que la délégation du FMI a insisté sur la nécessité de nommer un gouverneur de la Banque du Liban. Il a également insisté sur la promulgation de la loi sur le secret bancaire, qui a encore besoin de quelques ajustements, ainsi que celle sur la restructuration des banques », a ajouté le ministre.
Une délégation du FMI conduite par le chef de mission de l'organisation pour le Liban, Ernesto Ramirez-Rigo, a rencontré mercredi Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry, entre plusieurs réunions « techniques » programmées en amont et en aval. Depuis le début de la crise socio-économique à la fin de 2019, le Liban n'a jamais rempli ses engagements en matière de réformes, condition nécessaire pour accéder à l'étape suivante : la souscription à un programme d'aide financé par le FMI. Or, le président Aoun et le Premier ministre Salam, dont les arrivées au pouvoir ont relancé la machine institutionnelle libanaise en début d'année après deux ans de vacance, se sont engagés à faire avancer ce dossier.
Projet de Jaber sur les taxes du budget 2025
Le gouvernement a par ailleurs approuvé un projet de loi lui permettant de revoir certaines taxes, redevances et autres frais adoptés dans le budget de 2025, promulgué par décret la semaine dernière. Ce projet avait été demandé au ministre des Finances, Yassine Jaber, et conditionnait la promulgation de la loi de finance, comme l'avaient affirmé Nawaf Salam et plusieurs ministres, en réponse aux critiques les visant. Ce projet annule notamment les taxes sur les boissons alcoolisées, qui auraient eu « des répercussions économiques et sociales », ce qui avait été notamment réclamé la semaine dernière par l'Association des industriels libanais.
Paul Morcos a par ailleurs demandé un prêt sur les réserves pour pouvoir payer les salaires des employés de la télévision publique Télé Liban jusqu'à la fin de l'année.
Joseph Aoun a par ailleurs évoqué jeudi de la situation dans l'ouest de la Syrie, où des affrontements entre des combattants loyaux au régime déchu de Bachar el-Assad et les nouvelles forces de sécurité syriennes ont fait des centaines de morts entre jeudi et lundi derniers, selon le compte X de la présidence. Il a indiqué que les services sécuritaires ainsi que les ministères de l'Intérieur et de la Défense suivent ces développements de près. Plusieurs milliers de déplacés ont fui le pays pour se réfugier au Liban-Nord, faisant craindre des tensions sécuritaires, notamment à Tripoli.




Berri et le duopole ont reussi a conserver deux postes importants, le ministere des finances et la surete generale. Les prochaines nominations seront decisives pour la credibilite de la nouvelle esuipe au pouvoir, de la presidence de la republique au nouveau cabinet. Et plus particulierement la nomination a la BDL et les mesures a l'encontre du gel de l'epargne. Sans compter la reforme de la justice. Malheureusement, il y a peu de signaux encourageants. Rej3et halime ala 3adeta al kadime ????
23 h 49, le 13 mars 2025