Un drapeau irakien. Photo d'archives AFP
Après que les États-Unis aient décidé de mettre fin à une dérogation aux sanctions imposées à Téhéran, qui permettait à l'Irak d'acheter de l'électricité à l'Iran, Bagdad se tourne désormais vers le Qatar et Oman comme alternatives possibles, au cas où Washington prendrait également des mesures similaires concernant les importations de gaz, a déclaré lundi Hamza Abdel Baki, directeur de la South Gas Company d'Irak.
L'Irak bénéficiait depuis 2018 d'exemptions de la part des Etats-Unis pour acheter de l'électricité et du gaz à l'Iran, en dépit des sanctions américaines qui visent ce pays. Washington a mis fin samedi à cette dérogation, qui est la dernière mesure en date de l'administration Trump contre l'Iran pour tarir ses sources de revenus.
Actuellement, Bagdad reçoit jusqu'à 50 millions de mètres cubes de gaz par jour en provenance d'Iran, en fonction de ses besoins, dans le cadre d'un accord de cinq ans signé en mars 2024. L'Irak paie entre 4 et 5 milliards de dollars chaque année pour ces importations de gaz, selon des responsables irakiens.
Le ministre irakien de l'Électricité a averti que la perte éventuelle du gaz iranien pourrait réduire de près d'un tiers la production d'électricité du pays, qui atteint actuellement 27 000 mégawatts par jour.
Pour atténuer cet impact, l'Irak a décidé de louer un terminal flottant de gaz naturel liquéfié (GNL), a expliqué Hamza Abdel Baki à Reuters. « Cette mesure a été prise à cause du risque d'interruption des approvisionnements en gaz iranien. Le gouvernement a chargé le ministère du Pétrole de chercher des alternatives », a-t-il ajouté.
Un accord pour ce terminal GNL sera signé à la fin du mois avec la société Breeze Investment, basée aux Émirats arabes unis. M. Abdel Baki a précisé que le terminal devrait être opérationnel d'ici mi-2025, pour recevoir du gaz en provenance du Qatar et d'Oman.
Le terminal sera installé dans le port de Khor al-Zubair, sur le golfe persique, et le gaz sera acheminé par un pipeline de 45 kilomètres, déjà en construction, vers un point de distribution près de Bassorah, où l'Irak extrait une grande partie de son pétrole.
Ce terminal aura une capacité de traitement de 500 millions de pieds cubes de gaz par jour, soit environ 14 millions de mètres cubes, ce qui représente environ un tiers de l'approvisionnement actuel en gaz de l'Iran.
Cette information est la traduction d'un article de Reuters en anglais.

