Un drapeau affichant le logo des Forces libanaises. Photo ANI
Des déclarations, il y a une dizaine de jours, du ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, concernant le Hezbollah, continuent de mettre de l'eau dans le gaz entre le parti chiite et les Forces libanaises, ennemis jurés sur la scène politique libanaise, avec un nouvel échange d'accusations ces dernières heures.
Fin février, M. Raggi, ministre issu de la quote-part des FL, avait affirmé lors d'une émission sur la chaîne locale MTV que « le Hezbollah donnait une excuse à la communauté internationale pour s’abstenir d’exercer une pression sur Israël ». Le ministre accusait le mouvement chiite de ne pas appliquer les modalités du cessez-le-feu, qui se base sur la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit entre autres que l'État libanais doit avoir le contrôle exclusif des armes sur son territoire. Le Hezbollah insiste de son côté sur le fait que l'accord ne vise qu'au désarmement du parti chiite au sud du Litani.
Ces propos n’ont pas manqué de susciter dimanche soir une réaction de la part du secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem. Lors de son premier entretien depuis sa prise de fonction le 29 octobre 2024, ce dernier a retourné l’accusation, estimant que c’est le ministre des Affaires étrangères qui « donne à Israël des prétextes », en affirmant que certains Libanais justifient ses agressions. Le numéro un du parti chiite a également reproché à M. Raggi de ne pas condamner l'occupation israélienne, qualifiant ses déclarations d’ « inadmissibles » pour un responsable gouvernemental, et encore plus pour un chef de la diplomatie.
Réagissant à son tour lundi matin, dans un communiqué publié sur son site, le parti de Samir Geagea estimé que ce sont « ceux qui s’accrochent à leurs armes » qui fournissent à Israël « des prétextes pour ne pas respecter intégralement les accords de cessez-le-feu ». Le parti chrétien a de nouveau reproché au Hezbollah d'avoir ouvert lui-même son front de soutien à Gaza et d’entraîné le Liban dans une guerre totale avec l’État hébreu et de s'être de ce fait arrogé le pouvoir de décider de la guerre et de la paix, empiétant ainsi sur les prérogatives de l’État.
Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu au Liban, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes et des tirs, qui ont fait près de 100 morts depuis fin novembre, arguant que le Hezbollah ne respecte pas sa part de l'accord de trêve.

