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Dernières Infos - Syrie

Ahmad al-Chareh appelle à l'« unité nationale », le patriarche d'Antioche dénonce le meurtre de « nombreux chrétiens »

830 civils ont été tués dans les régions de la côte syrienne et des montagnes de Lattaquié par les forces de sécurité en trois jours, selon l'OSDH. 

Le président intérimaire de la Syrie, Ahmed al-Chareh, s'adresse aux participants lors d'un dialogue national, une étape clé de la transition vers un nouveau système politique après des décennies de règne des Assad, à Damas, en Syrie, le 25 février 2025. REUTERS/Khalil Ashawi

Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a appelé dimanche à l' « unité nationale » dans le pays après trois journées de violences communautaires sans précédent depuis la chute de Bachar al-Assad, qui ont fait plus de 1.300 morts, dont une majorité de civils alaouites.

« Ce qui se passe dans le pays (...) ce sont des défis qui étaient prévisibles. Nous devons préserver l'unité nationale, la paix civile autant que possible, et, si Dieu le veut, nous serons capables de vivre ensemble dans ce pays autant que possible », a déclaré Ahmad al-Chareh, qui a dirigé la coalition islamiste ayant renversé Assad, lors d'un discours dimanche dans la mosquée du quartier de Damas où il a passé une partie de son enfance.

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Dans le cadre d'opérations sécuritaires, des violences ont éclaté jeudi après plusieurs jours de tensions dans la région de Lattaquié (nord-ouest), fief de la communauté alaouite dont est issu le président déchu Bachar al-Assad. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a recensé plus de 800 civils alaouites tués dans l'ouest du pays, faisant état d' « exécutions sur des bases confessionnelles ou régionales », dans le pays où la majorité des habitants sont musulmans sunnites. Ces violences sont les premières de cette ampleur depuis la prise de pouvoir le 8 décembre d'une coalition rebelle emmenée par des islamistes. L'escalade a débuté après une attaque sanglante de fidèles de Bachar al-Assad contre des forces de sécurité dans la ville côtière de Jablé, près de Lattaquié, dans la nuit de jeudi à vendredi, selon les autorités.

Traquer les partisans d'Assad 

Dimanche, le ministère de l'Intérieur a annoncé l'envoi de « renforts supplémentaires » pour « rétablir le calme » à Qadmous, un village de la province de Tartous. Les forces de sécurité « traquent les derniers hommes fidèles à l'ancien régime à Qadmous et dans les villages environnants. » L'agence officielle syrienne Sana a rapporté de « violents affrontements » à Taanita, un village dans la montagne de la province de Tartous, où ont fui « de nombreux criminels de guerre affiliés au régime renversé et des groupes d'hommes fidèles à Assad qui les protègent ».

Un convoi de 12 véhicules militaires est entré dans le quartier de Bisnada, dans la province de Lattaquié, où les forces de sécurité fouillent des habitations, a constaté un photographe de l'AFP. Toutes les routes menant à la région côtière ont été fermées « afin de prévenir les exactions », selon les autorités. L'OSDH et des militants ont publié vendredi des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d'une maison, des femmes pleurant à proximité. Dans une vidéo, des hommes en tenue militaire ordonnent à trois personnes de ramper en file, avant de leur tirer dessus à bout portant. L'AFP n'a pas pu vérifier ces images. Le même jour, une source sécuritaire citée par Sana a fait état d' »exactions isolées », les imputant à des « foules » agissant en représailles à « l'assassinat de plusieurs membres des forces de sécurité par des fidèles de l'ex-régime ».

« Alaouites et chrétiens tués »

Lors d'un sermon dimanche, le patriarche orthodoxe d'Antioche, Jean X, a appelé M. Chareh à « mettre fin à ces massacres (...) et à donner un sentiment de sécurité à tout le peuple syrien, dans toute sa diversité ». « Les zones ciblées étaient principalement habitées par des alaouites et des chrétiens », a-t-il déclaré. « De nombreux chrétiens innocents ont également été tués. » « Ceux qui ont été tués n'étaient pas tous des hommes fidèles (à l'ancien) régime, la majorité d'entre eux étant des civils innocents et désarmés, avec des femmes et des enfants parmi eux », a-t-il ajouté.

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Depuis son arrivée au pouvoir, le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh s'efforce de rassurer les minorités et a appelé ses forces à faire preuve de retenue et à éviter toute dérive confessionnelle.  Selon Aron Lund, du centre de réflexion Century International, la flambée de violences témoigne de la « fragilité du gouvernement », dont une grande partie de l'autorité « repose sur des jihadistes radicaux qui considèrent les alaouites comme des ennemis de Dieu ».

Même si M. Chareh a promis de protéger les minorités, cette ligne n'est pas nécessairement partagée par l'ensemble des factions qui opèrent sous son commandement, souligne M. Lund.

Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a appelé dimanche à l' « unité nationale » dans le pays après trois journées de violences communautaires sans précédent depuis la chute de Bachar al-Assad, qui ont fait plus de 1.300 morts, dont une majorité de civils alaouites.

« Ce qui se passe dans le pays (...) ce sont des défis qui étaient prévisibles. Nous devons préserver l'unité nationale, la paix civile autant que possible, et, si Dieu le veut, nous serons capables de vivre ensemble dans ce pays autant que possible », a déclaré Ahmad al-Chareh, qui a dirigé la coalition islamiste ayant renversé Assad, lors d'un discours dimanche dans la mosquée du quartier de Damas où il a passé une partie de son enfance. Lire aussi « Si les massacres continuent,...