Le député Waël Bou Faour lors d'une interview sur la chaîne al-Horra. Photo ANI
Le député Waël Bou Faour (Parti socialiste progressiste, PSP) a révélé, dans une interview accordée à la chaîne américaine en langue arabe al-Horra, que l'administration américaine avait évoqué avec des responsables libanais l'idée d'une « réconciliation » entre le Liban et Israël, les deux pays étant officiellement en état de guerre.
« L'administration américaine actuelle poussera en faveur de la réconciliation avec Israël et a déjà abordé ce sujet avec des responsables libanais et des personnalités influentes du pays », a déclaré M. Bou Faour, soulignant que ces derniers avaient rejeté l'idée. Il a précisé que sa formation, le PSP, n'avait pas été contactée à ce sujet « parce que notre position est connue ». « Le plus que nous puissions envisager avec Israël, c'est un accord de cessez-le-feu », a-t-il ajouté.
Le député libanais, dont les propos ont été rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), a indiqué qu'il « ne serait pas surpris si la réconciliation avec Israël était imposée au Liban officiel ». Tout en affirmant que « les partis opposés à cette réconciliation sont bien plus nombreux que ceux qui la soutiennent », il a mis en garde contre le fait que cette question « pourrait provoquer une grave crise interne ».
Lors de son premier mandat, le président américain Donald Trump a négocié les Accords d'Abraham en 2020, permettant à Israël de normaliser ses relations avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc.
« Obliger Israël à se retirer »
M. Bou Faour a également appelé à « une réconciliation libano-libanaise fondée sur le projet de l'État », affirmant que le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam « ont la capacité de parvenir à un compromis minimal entre les différentes composantes du pays ». « Le Hezbollah est un acteur clé dans les équilibres internes du Liban et ne peut être ignoré. Il incombe aux forces politiques responsables et avisées de faciliter le retour du Hezbollah dans l'État libanais », a-t-il ajouté. Après la guerre ouverte qui a opposé le Hezbollah à Israël de septembre à novembre 2024, le groupe chiite en est sorti affaibli, sa direction ayant été largement décimée par l’armée israélienne.
Évoquant le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 entre le Liban et Israël après plus de 13 mois de conflit, M. Bou Faour a estimé que le Liban prenait « toutes les mesures nécessaires » pour en garantir l’application.
« Ce que nous avons entendu de certains visiteurs américains (au Liban) n'est pas rassurant, a-t-il toutefois indiqué. Israël ne se retirera pas du Liban-Sud tant que le Hezbollah n'aura pas remis ses armes et que la résolution 1559 (votée aux Nations unies en 2004, qui exhorte le gouvernement libanais à établir son contrôle sur l'ensemble de son territoire et à désarmer les milices) n'aura pas été appliquée ». « Les pays membres du comité de surveillance de l'accord de cessez-le-feu sont-ils prêts à faire pression sur Israël pour qu'il cesse ses agressions contre le Liban ? a-t-il demandé. Et l'administration américaine, ne peut-elle pas obliger Israël à se retirer des cinq points du sud du Liban ? Bien sûr que si. »
Les Etats-Unis, aux côtés de la France, est garante de l'accord de trêve. Cet accord avait été prolongé jusqu'au 18 février, après qu'Israël ait affirmé que le gouvernement libanais ne l'avait pas entièrement mis en œuvre, invoquant la lenteur du déploiement de l'armée libanaise. Malgré l'expiration de cette date limite, l'armée israélienne a maintenu sa présence dans plusieurs points du Liban-Sud qu'elle considère comme « stratégiques » et continue d'effectuer des frappes aériennes à travers le pays.


La majorité du peuple réclame la paix et la souhaite y compris avec Israël contrairement à ce que prétend Bou Faour. Si certaines parties ne la veulent pas c’est parce qu’ils ont intérêts a ce que l’état de guerre perdure chacun dans l’espoir d’atteindre ses objectifs idéologiques propres dont aucun n’a de relation avec le Liban libre, indépendant, démocratique et souverain que les patriotes défendent. Il est temps que les musulmans Libanais se fassent une raison et oublient les idéologies stupides importés. Aucuns peuples arabes ne pensent panarabismes seuls nos imbéciles locaux.
09 h 04, le 26 février 2025