Le président de l'Argentine, Javier Milei, quitte le palais présidentiel de la Casa Rosada à Buenos Aires le 17 février 2025. Photo LUIS ROBAYO / AFP
Le président argentin Javier Milei a décrété la transformation de la grande banque publique Banco de la Nacion en société anonyme, une mesure présentée comme une « modernisation » mais qui dans les faits contourne le refus de privatisation opposé par le Parlement en 2024.
Selon le décret, publié jeudi, le passage de la banque en S.A vise à « moderniser sa structure juridique et opérationnelle, en vue d'une plus grande flexibilité de gestion », afin « améliorer sa compétitivité sur les marchés financiers et optimiser l'allocation des ressources ».
Banco de la Nacion Argentina, ou « Banco Nacion » comme elle est connue des Argentins, est un établissement public fondé en 1891, au départ pour absorber une crise économique et financière.
Elle s'est convertie progressivement en principale banque commerciale du pays, à la fois en termes d'actifs, prêts et dépôts, avec une priorité assumée pour les PME, l'économie régionale et locale, les ménages, en faisant une institution appréciée des Argentins.
Sa direction a déjà estimé par le passé qu'une transformation de la banque était « indispensable » pour soutenir sa croissance et augmenter les fonds envers PME et ménages.
Selon le décret, le capital social de la future « Banco de la Nacion Argentina Sociedad Argentina (BNA SA) » sera détenu a 99,9% par l'Etat, qui à travers le ministère de l'Economie « dictera les normes et opérations nécessaires », et à 0,1% par la « Fondation Banco de la Nacion Argentina ».
Selon la presse, la transformation en S.A pourrait permettre l'entrée de capital sans nécessairement impliquer une privatisation.
Banco Nacion, selon des données de l'institution, compte quelques 17.600 employés, 720 succursales dans le pays et une douzaine à l'étranger.
Le gouvernement Milei avait inclus Banco Nacion dans une liste d'entreprises publiques sujettes à privatisation, en présentant mi-2024 son ambitieux bouquet de réformes dérégulatrices « Loi omnibus » au Parlement, mais nombre de privatisations avaient été retoquées en commissions.
Les syndicats du secteur bancaire se sont dits jeudi en « état d'alerte et de mobilisation ». Ils ont dénoncé un pas vers le privé « contradictoire, qui veut vendre quelque chose qui fonctionne bien ».
A moins, ironisent-ils, que le but soit « une nouvelle arnaque », en référence à une salve de plaintes visant Javier Milei, qui avait la semaine dernière brièvement promu une cryptomonnaie quis s'était effondrée ensuite, provoquant des pertes en millions.
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