Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, le 27 janvier 2025. Capture d’écran
Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a déclaré lundi que, face aux violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu, le Liban « a besoin de la résistance » pour se confronter à l’État hébreu, tout en se réservant le droit de déterminer la réponse appropriée « en termes de forme, de nature et de timing ».
Dans un discours préenregistré diffusé sur la chaîne du parti chiite al-Manar, Naïm Kassem a assuré que la « résistance » menée par son groupe était sortie « victorieuse » du conflit avec Israël. « Oui, nous sommes victorieux parce que nous avons pu reprendre cette terre, et parce que l’occupant devra se retirer grâce à notre résistance », a-t-il affirmé, soulignant que « les résistants n’ont pas quitté le terrain, la résistance est ferme et forte ». « Les violations de l’accord (de cessez-le-feu par Israël) montrent que le pays a besoin de la résistance », a-t-il martelé.
Le leader du Hezbollah a insisté sur le fait que « la résistance est victorieuse grâce à sa foi, sa volonté et le cessez-le-feu. Elle est victorieuse car l’ennemi n’a pas réussi à l’éliminer. Elle est victorieuse grâce à ce peuple qui s’est rendu dans les villages frontaliers ». Selon lui, « le triptyque “armée, peuple et résistance” (du Hezbollah) a empêché Israël d’atteindre Beyrouth et le sud du Litani ».
En vertu de l’accord qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah le 27 novembre, l’armée israélienne devait avoir achevé son retrait du sud du Liban dimanche, laissant uniquement l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU se déployer dans la région. Cependant, Israël a annoncé vendredi que l’opération se poursuivrait au-delà de cette date, soutenant que l’accord n’avait pas été entièrement appliqué par le Liban. Les États-Unis ont annoncé dimanche soir que l’accord de cessez-le-feu au Liban serait prorogé jusqu’au 18 février.
Malgré cela, le chef du Hezbollah a maintenu qu’« Israël doit se retirer après 60 jours, et nous n’accepterons aucune justification pour proroger d’un seul jour ni pour allonger le délai ». « Nous faisons face à une occupation qui agresse et refuse de se retirer, et la résistance a le droit d’agir comme elle le juge approprié en termes de forme, de nature et de timing de la confrontation », a menacé Naïm Kassem.
« Une opportunité pour l’État »
« Nous n’acceptons pas d’allonger la durée du cessez-le-feu (...) Nous sommes sûrs que le président (Joseph) Aoun n’acceptera pas qu’Israël puisse obtenir quoi que ce soit. Ni Nabih Berry ni Nagib Mikati ne pourraient accepter la prorogation (du cessez-le-feu). Tout retard du retrait devra être assumé par l’ONU, les États-Unis et la France », a-t-il souligné.
Naïm Kassem a dénoncé les multiples violations du cessez-le-feu commises par Israël. « Avec le cessez-le-feu, nous entamons une nouvelle phase. Nous sommes déterminés à respecter l’accord, tandis qu’Israël l’a déjà violé environ 1 350 fois. À un moment donné, nous avons envisagé de répondre, mais on nous a conseillé de patienter », indique-t-il. « L’agresseur a demandé l’arrêt de son agression sous certaines conditions, et nous avons accepté car nous ne voulions pas la guerre au départ et n’avons pas décidé de commencer la guerre. »
« Nous avons accepté l’accord de cessez-le-feu car l’État a décidé de protéger ses frontières et d’expulser Israël, a-t-il ajouté, affirmant que « c’est une opportunité pour l’État de remplir ses devoirs et de tester sa capacité sur le plan politique ». « Nous avons respecté cet engagement et avons préféré patienter et ne pas répondre aux violations israéliennes malgré le sentiment d’humiliation et les actions de représailles », a-t-il encore dit.
« La résistance au Liban, dans toutes ses composantes, s’est opposée avec une stabilité légendaire, un courage exceptionnel et un engagement sacrificiel qui ont prouvé son efficacité sur le terrain, a estimé Naïm Kassem. Face à cette impasse, Israël a demandé un cessez-le-feu par l’intermédiaire des États-Unis, et nous avons accepté cette demande en coordination avec l’État libanais, ce qui constitue une victoire. »
« Tout va bien »
Revenant sur les derniers développements politiques sur la scène interne, le chef du Hezbollah a évoqué l’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État et la question de la formation du gouvernement au Liban. L’occasion pour lui d’affirmer que sans le mouvement Amal et sans le Hezbollah, « l’élection du président n’aurait pas eu lieu de cette manière ». « Cela reflète l’unité nationale, a-t-il ajouté. Nous avons agi avec sagesse parce que nous voulons un pays, un gouvernement, et avons coopéré avec le Premier ministre désigné Nawaf Salam. Les complications de la formation du gouvernement ne sont pas de notre ressort. » « Chacun veut avoir sa part du gâteau », a-t-il maintenu, tout en se voulant rassurant : « Tout va bien entre nous, le président et le chef du gouvernement. Il n’y a pas d’obstacles. »
Enclenché dans le sillage de l’élection, le 9 janvier, du général Joseph Aoun à la présidence libanaise au terme de plus de deux ans de vacance, puis de la désignation de l’ancien juge de la Cour internationale de justice (CIJ) Nawaf Salam comme Premier ministre, le processus de formation d’un nouveau gouvernement semble traîner, notamment en raison de la pression exercée par le tandem chiite Amal-Hezbollah pour obtenir certains ministères-clés.
Lors de son discours, Naïm Kassem a rendu également hommage au cheikh Mohammad Hamadé, tué la semaine dernière à Machghara. Né en 1963, le cheikh était responsable depuis 1992 du bureau du Hezbollah dans la Békaa-Ouest. « Les mains traîtresses ont assassiné le cheikh Mohammad Hamadé et les enquêtes sont toujours en cours, mais les regards se tournent vers les sionistes », a-t-il dit.
« Il s’agit d’une victoire »
Le chef du Hezbollah est revenu dans son discours sur la supériorité militaire de l’État hébreu ainsi que sur l’élimination par Israël de plusieurs dirigeants du parti, dont le leader du Hezbollah pendant plusieurs décennies, Hassan Nasrallah. « Notre public ne pensait pas qu’on perdrait autant de dirigeants, dont Hassan Nasrallah », a reconnu Naïm Kassem, assurant que les renseignements israéliens et la technologie de l’État hébreu lui ont donné un avantage. « Nous menons aujourd’hui une enquête pour prendre les mesures nécessaires. La résistance ne peut pas être plus forte militairement, sa force réside dans sa foi, dans ses jeunes, ses femmes et ses sacrifices », a-t-il déclaré.
Selon lui, « l’agression au Liban a eu lieu avec un soutien américain et occidental ». « Israël dispose de plus de force militaire (que le Hezbollah, NDLR), mais nous sommes plus forts en ce qui concerne nos droits et notre capacité à faire face à toutes les difficultés. Notez-le, il s’agit d’une victoire », a-t-il poursuivi.
« La résistance a fait preuve d’un courage exceptionnel et d’une volonté de martyre sur le terrain. Tout le monde a vu que les héros de la résistance étaient sur le terrain (...) Il y avait un plan israélien d’éliminer le Hezbollah, mais nous sommes revenus avec force », a soutenu Naïm Kassem. « Les déplacés étaient unis et soutenaient les combattants au front. (...) L’armée libanaise a fait des sacrifices (...). On n’oublie pas le soutien de l’Iran et des peuples iranien et irakien. L’ennemi israélien n’a pas pu avancer ni semer la zizanie entre les différentes confessions au Liban. »
Abordant la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, Naïm Kassem a rendu hommage aux Palestiniens de l’enclave pour le cessez-le-feu et à l’Iran pour « leur soutien ». Il a remercié le Yémen et l’Irak, ainsi que le Liban qui a « offert le sayyed Hassan Nasrallah pour soutenir Gaza ». « La cause palestinienne est revenue sur le devant de la scène. La tentative israélienne de détruire le Hamas et la résistance a échoué », a-t-il dit.
« La victoire de Gaza est une victoire pour le peuple palestinien et pour tous les peuples de la région qui l’ont soutenu, ainsi que pour tous les peuples libres du monde qui ont apporté leur soutien. Nous félicitons le peuple palestinien martyr et sa résistance pour avoir réalisé le cessez-le-feu. Nous félicitons nos partenaires de la victoire en République islamique, au Yémen et au Liban », a-t-il encore dit. « Israël est apparu comme un criminel de guerre et n’a pu récupérer ses prisonniers qu’en accord avec la résistance palestinienne (le Hamas, NDLR) », a affirmé le chef du Hezbollah.






"… Le Liban « a besoin de la résistance », estime Naïm Kassem …" - bizarrement je suis d’accord avec lui. Le Liban a besoin de résister … contre le Hezbollah!
15 h 12, le 28 janvier 2025