Des étudiants universitaires portant un portrait d'Ismaïl Haniyé, au cours d'une parade organisée par les houthis à Sanaa, le 4 décembre 2024. Photo d'illustration MOHAMMED HUWAIS/AFP
De nouvelles révélations sur la mort de l'ancien chef politique du Hamas Ismaïl Haniyé, en juillet dernier, ont été rapportées par la chaîne israélienne Channel 12 et reprises par le quotidien Haaretz. Cette opération, menée à Téhéran et dont Israël a revendiqué la responsabilité la semaine dernière, a pu être mise en place grâce à une coordination entre les forces de sécurité israéliennes, le Mossad et un vaste réseau d'agents doubles qui ont été retournés contre le Hamas et l'Iran, indique Channel 12.
Bien que Haniyé ait été une figure importante du Hamas pendant des années, le fait qu'il ait eu un rôle politique et non militaire l'avait placé au bas de la liste des cibles d'Israël. Mais la situation avait totalement changé après l'attaque du 7 octobre 2023, lorsque l’État hébreu a décidé d'éliminer tous les membres de la direction du mouvement islamiste.
Une enquête du New York Times datant du mois d'août avait révélé pour la première fois que le chef politique du Hamas a été tué par un engin explosif déclenché à distance dans une maison d'hôtes appartenant au Corps des gardiens de la révolution iranienne à Téhéran. Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a reconnu lundi que son pays avait tué le chef du groupe palestinien. L'Iran et le Hamas avaient imputé cet assassinat à Israël, qui n'avait jusque-là pas commenté publiquement.
Opération reportée d'un mois
Après avoir écarté Doha et Moscou comme lieux possibles pour frapper Haniyé, Israël a opté pour Téhéran, en visant la luxueuse maison d'hôtes où il séjournait souvent lorsqu'il se rendait en Iran et où il disposait d'une chambre préférée, révèle l'enquête.
Un plan initial visant à tuer Haniyé pendant les funérailles du président iranien Ebrahim Raïssi a été rejeté en raison du risque qu'il représentait pour les civils. L'opération a été reportée d'un mois, jusqu'à l'investiture de l'actuel président Massoud Pezeshkian.
Alors que l'engin explosif caché avait déjà été placé dans la chambre de Haniyé à la maison d'hôtes, le climatiseur est tombé en panne, ce qui l'a conduit à vouloir changer de chambre. À la dernière minute, des techniciens ont pu réparer le climatiseur et Haniyé a fini par rester sur place, précise l'enquête.
Quelques heures plus tard, à 1h30 du matin, l'engin explosif a été déclenché et le chef du Hamas a été tué alors qu'il dormait dans son lit. Le journaliste d'investigation israélien Ronen Bergman rapporte qu'après que Haniyé a été déclaré mort, son ami proche et haut responsable du Hamas Khalil el-Hayyé s'est précipité dans la chambre. A la vue de Haniyé mort, el-Hayyé s'est agenouillé et a pleuré, apprend-on.
En réponse à l'enquête de Channel 12, le Hamas a publié une déclaration dans laquelle il a rejeté catégoriquement l'utilisation d'un engin explosif pour tuer Haniyé et réitère son affirmation précédente selon laquelle ce dernier a été frappé par un missile guidé « contenant 7,5 kilogrammes d'explosifs et ciblant directement son téléphone portable ».


