Des troupes israéliennes se préparant à entrer dans la zone de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, le 28 décembre 2024.Photo diffusée par l'armée israélienne/AFP
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé samedi que l'hôpital Kamal Adwan était désormais « vide » à la suite d'un raid militaire israélien qui a mis hors service le dernier grand établissement de santé du nord de la bande de Gaza. L'OMS s'est déclarée « consternée » par le raid de vendredi, affirmant que « les hôpitaux sont redevenus des champs de bataille ». L'armée israélienne a de son côté annoncé la fin de son opération qui visait selon elle « un centre de commandement du Hamas ». Elle a ajouté avoir arrêté 240 personnes, dont le directeur de l'hôpital.
« Le démantèlement systématique du système de santé et le siège imposé depuis plus de 80 jours au nord de Gaza mettent en danger la vie des 75 000 Palestiniens qui restent dans la région », s'est alarmée l'agence sanitaire de l'ONU dans un communiqué.
Les forces israéliennes ont arrêté des dizaines de membres du personnel médical de l'hôpital de Beit Lahia, a indiqué le ministère de la Santé de l'enclave. L'armée a ordonné l'évacuation de dizaines de patients et de centaines d'autres personnes et a arrêté le personnel médical, dont le directeur de l'établissement, Houssam Abou Safiya. Le ministère a affirmé qu'il ne savait pas exactement ce qu'il est advenu de ce dernier, ajoutant qu'il était préoccupé de son sort.
« L'armée israélienne et l'agence de sécurité israélienne ont mené à bien une opération ciblée contre un centre de commandement du Hamas à l'hôpital Kamal Adwan », a déclaré pour sa part l'armée dans un communiqué, précisant que « plus de 240 terroristes ont été appréhendés dans le secteur. » L'armée a ajouté qu'elle soupçonnait Houssam Abou Safiya d'être « un agent terroriste du Hamas » et qu'elle l'avait détenu pour l'interroger.
Le raid sur l'hôpital, l'un des trois établissements médicaux situés à la périphérie nord de Gaza, a mis hors service le dernier grand établissement de santé du nord de Gaza, a écrit l'OMS sur le réseau X. Les premiers rapports indiquent que certains secteurs de l'hôpital ont été brûlés et gravement endommagés pendant le raid, notamment le laboratoire, l'unité chirurgicale, le département d'ingénierie et de maintenance, le bloc opératoire et le magasin de produits médicaux.
Mission de l'OMS à l’hôpital indonésien
Les 15 autres patients dans état critique, 50 soignants et 20 agents de santé ont été transférés à l'hôpital indonésien, qui a été décrit comme « détruit et non fonctionnel », et les médecins ont été empêchés de les y rejoindre, a déclaré le ministère de la santé. « Le déplacement et le traitement de ces patients dans de telles conditions posent de graves risques pour leur survie », a ajouté l'OMS.
Une mission urgente de l'OMS à l'hôpital indonésien est prévue afin de déplacer les patients en toute sécurité vers le sud de Gaza pour qu'ils y reçoivent les soins nécessaires. D'autres ont été transférés dans un autre hôpital du sud de l'enclave palestinienne. Une partie du personnel médical libéré est en outre arrivée à l'hôpital baptiste arabe al-Ahli dans la ville de Gaza.
L'armée israélienne a déclaré que les combattants du Hamas avaient opéré à partir de l'hôpital Kamal Adwan tout au long de la guerre qui dure depuis 15 mois et avaient fait de ce site un bastion-clé. Le Hamas a qualifié ces informations de « mensonges », affirmant qu'il n'y avait pas de combattants dans l'hôpital. Le ministère de la Santé de Gaza a également déclaré que les frappes israéliennes dans l'enclave avaient tué 18 Palestiniens samedi, dont au moins neuf dans une maison du camp de Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.
Au cours des derniers mois, les forces israéliennes ont chassé les habitants et rasé une grande partie de la zone entourant les villes de Jabalia, Beit Hanoun et Beit Lahia, dans le nord du territoire. Les Palestiniens ont accusé l’État hébreu de procéder à un nettoyage ethnique en dépeuplant ces régions pour créer une zone tampon. Israël a démenti agir de la sorte, affirmant que son objectif est d'empêcher les combattants du Hamas de se regrouper dans ces zones.
La guerre d'Israël contre le Hamas a tué plus de 45 400 Palestiniens, selon les autorités sanitaires de la bande de Gaza. La plupart des 2,3 millions d'habitants ont été déplacés et la majeure partie du territoire assiégé est en ruines.
Manifestants arrêtés en Israël
En Israël, une partie de l'opinion ne décolère pas contre le gouvernement de Benjamin Netanyahu, accusé de laisser mourir les quelques dizaines d'otages encore vivants aux mains du Hamas, sur les 250 personnes enlevées lors de l'offensive du 7 octobre, qui a fait 1 200 morts.
Cinq manifestants ont été arrêtés devant le domicile de Benjamin Netanyahu à Jérusalem, rapporte ainsi The Guardian. Une vingtaine de protestataires se sont rassemblés devant la maison tôt le matin, criant au moyen de haut-parleurs à l'adresse du Premier ministre que les otages avaient « froid, étaient torturés et malades, alors que lui profite du confort de sa maison », selon la chaîne de télévision israélienne Channel 12.
Selon le quotidien Haaretz, d'autres manifestations sont prévues samedi soir dans plusieurs villes d'Israël, notamment à Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa et Beersheba. Le nombre de personnes à battre le pavé pour protester contre Benjamin Netanyahu et sa politique a encore augmenté la semaine dernière.


