Le cheikh Mohammad Ali el-Husseini. Photo tirée de son compte X
Le cheikh chiite Mohammad Ali Husseini, connu pour son opposition farouche au Hezbollah, a accusé le parti chiite d’avoir incendié sa maison au Liban. « Nous remercions le commandement du Hezbollah pour sa grande culture, son sens de la morale et ce comportement civilisé dont il a fait preuve en incendiant notre deuxième maison dans notre village », a-t-il ironisé sur son compte X, accompagnant le message par des images d’une habitation incendiée.
Le cheikh Husseini n’a pas précisé de quel village il s’agit. Selon sa biographie, il est né à Ghobeiri, un quartier de la banlieue-sud de Beyrouth. Selon notre correspondante dans la Békaa Sarah Abdallah, ce domicile est situé à Chmestar, près de Baalbeck.
Ce cheikh s’est fait connaître du public libanais pour ses apparitions fréquentes sur la chaîne panarabe al-Arabiya au cours de la dernière guerre avec Israël, durant laquelle il critiquait systématiquement le Hezbollah et prédisait l’assassinat de son chef Hassan Nasrallah quelques jours avant les faits, le 27 septembre 2024.
Celui qui est actuellement secrétaire général du Conseil islamique au Liban a longtemps été affilié au Hezbollah, dont il est même un des membres fondateurs. Mais il s’est fortement brouillé avec la direction du parti, et a même été emprisonné au Liban pour « intelligence avec l’ennemi », une accusation qu’il a toujours rejetée. Il réside actuellement en Arabie saoudite, un pays qui lui a octroyé sa nationalité.
Ses sorties tonitruantes contre le parti chiite lui ont sans doute attiré beaucoup d’ennemis au Liban. Le 30 novembre, une source judiciaire confirmait à L’Orient-Le Jour que le procureur de la République Jamal Hajjar a lancé un mandat de recherche contre le cheikh Husseini sur la base de plusieurs plaintes déposées par des avocats qui l’accusent de «collaboration avec l’ennemi israélien» et « d’incitation au meurtre ».


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