Des tanks israéliens déployés près de la zone tampon sur le Golan syrien, le 8 décembre 2024. Photo JALAA MAREY/AFP
L'armée israélienne a annoncé lundi matin que ses troupes sont entrées sur le versant syrien du Mont Hermon, dans le Golan et se sont déployées dans la zone tampon entre le Golan occupé et la Syrie, à peine 24 heures après la chute du régime de Damas suite à une offensive rapide des rebelles. Cette démarche met fin ainsi de facto à l'accord de désengagement négocié par l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger et signé entre les deux pays en 1974.
L'entrée de ces militaires israéliens entre « dans le cadre de son déploiement dans la zone tampon », a affirmé l'armée de l’État hébreu, qui évoque la nécessité « protéger la sécurité des citoyens du Golan » occupé et du reste d'Israël. « L'armée n'est pas impliquée dans les événements en Syrie et continuera à œuvrer pour protéger la zone tampon », a précisé le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee sur le réseau X. Plus tard, le porte-parole a indiqué que les forces de la 210è division poursuivent leurs activités de « défense » dans la zone. « Les parachutistes entrent dans la zone tampon à l'intérieur de la Syrie pour renforcer la protection de la frontière », a-t-il indiqué, soulignant être également mobilisé à des « points de contrôle » de la zone.
Quelques jours à quelques semaines
Selon le média Axios, Israël a informé à l'avance les États-Unis de son opération, qui vise à prendre le contrôle de la zone tampon à la frontière avec la Syrie et de plusieurs autres sites-clés du côté syrien de la frontière. L’État hébreu a indiqué à l'administration Biden qu'il s'agissait d'une opération provisoire qui durerait de quelques jours à quelques semaines, jusqu'à ce que la situation se stabilise le long de la frontière, ont fait savoir des responsables israéliens et américains.
L'avancée des troupes israéliennes en Syrie dans la zone tampon est « une mesure limitée et temporaire », a assuré le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar, repris par l'AFP. « J'insiste là-dessus : il s'agit d'une mesure limitée et temporaire que nous avons prise pour des raisons de sécurité », a déclaré M. Saar lors d'une conférence de presse à Jérusalem. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé dimanche avoir ordonné à l'armée de « prendre le contrôle » de cette zone tampon après la chute du président syrien Bachar el-Assad.
« Violation du droit international »
La Jordanie a de son côté dénoncé ce déploiement. « Nous condamnons le fait qu'Israël soit entré sur le territoire syrien et ait pris le contrôle de la zone tampon », a dit le ministre des Affaires étrangères, Aymane Safadi, devant le Parlement à Amman. Il a dénoncé « une agression » qui représente « une violation du droit international, une escalade inacceptable et une atteinte à la souveraineté d'un Etat arabe. » « Nous rejetons catégoriquement cette agression et affirmons que, lorsque nous parlons de l'unité de la Syrie, de son intégrité territoriale et de sa cohésion, cela inclut également ses frontières avec Israël », pays voisin de la Syrie et de la Jordanie.
Dimanche, l'armée israélienne avait imposé un couvre-feu aux habitants de plusieurs localités du Golan syrien, dont Ofania, Kuneitra, Hamidiyé, Samdaniya al-Gharbiya et Qahtaniya, les appelant « à rester chez eux et à ne pas sortir jusqu’à nouvel ordre ». « Les combats dans vos régions nous poussent à intervenir », avait écrit Avichay Adraee.


