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Dernières Infos - Diplomatie

Macron achève sa visite d'Etat en Arabie en pleine tourmente politique à Paris

Cette image diffusée par le ministère saoudien des médias montre le prince héritier Mohammad Bin Salman (à droite) et le président français Emmanuel Macron (à gauche) assistant au sommet One Water dans la capitale Riyad, le 3 décembre 2024. Photo AFP PHOTO / Ministère saoudien des médias- / HANDOUT

Le président français Emmanuel Macron a achevé mercredi une visite d'Etat de trois jours en Arabie saoudite dans l'oasis d'Al-Ula, un projet touristique emblématique du royaume, au moment même où se jouait le sort du gouvernement à Paris.

Le chef de l'Etat, accompagné des ministres de la Défense Sébastien Lecornu, des Affaires étrangères Jean-Nöel Barrot et de la Culture Rachida Dati, a décollé à 13H30 GMT (14H30 heure de Paris) d'Al-Ula et devrait arriver en début de soirée à Paris.

Sauf énorme rebondissement, le gouvernement de Michel Barnier aura trébuché peu avant sur une des motions de censure déposées par la gauche et l'extrême-droite.

Le président devra sans tarder se pencher sur la recherche d'un nouveau Premier ministre, avec une équation politique insoluble entre trois blocs concurrents. Parmi les noms régulièrement cités, celui de Sébastien Lecornu, à bord de l'avion du retour.

Loin du tumulte, Emmanuel Macron a pris le temps de visiter plusieurs sites archéologiques d'Al-Ula, s'attardant à discuter avec les acteurs de la coopération culturelle franco-saoudienne.

Après les discussion stratégiques lundi et les échanges économiques mardi, l'heure était à la diplomatie du patrimoine, la France participant à ce mégaprojet de 20 milliards de dollars dont Riyad entend faire une perle du Moyen-Orient.

La France et l'Arabie saoudite ont signé en 2018 un accord de dix ans pour le développement touristique et culturel de la région d'Al-Ula (Nord-Ouest).

Contrats 

C'est un des axes du projet « Vision 2030 », un immense projet de réformes de l'Arabie saoudite piloté par le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS).

Ce projet prévoit la création, sur un site de la taille de la Belgique, d'un complexe archéologique, culturel et touristique, avec musées, hôtels, tramway et périphérique.

Le tout dans un décor à couper le souffle de sable jaune, canyons, falaises de grès et plateaux basaltiques d'aspect lunaire.

Emmanuel Macron était aussi accompagné du président de l'Agence française pour le développement d'Al-Ula, l'ex-ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Depuis 2018, quelque 2,3 milliards d'euros de contrats ont été signés, pour l'essentiel avec des entreprises françaises, selon une source proche du dossier.

Alstom s’est vu confier la construction d'une ligne de tramway longue de 22,5 kilomètres. Thales assurera la surveillance 24 heures sur 24 de sept des sites publics.

Le Centre Pompidou a signé pour sa part un accord pour la création d'un musée d'art contemporain consacré aux artistes du monde arabe.

L'Arabie saoudite multiplie les investissements dans la mode et le tourisme, alors même que la guerre qui oppose Israël au mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza réduit les perspectives de croissance économique pour l'ensemble de la région.

Al-Ula, c'est 7.000 ans d'histoire, sur les traces notamment des Nabatéens qui y ont élargi leur territoire depuis Petra, aujourd'hui en Jordanie.

« Partenaire fiable » 

Ce sont aussi les califats omeyyade et abbasside, les Ottomans. Civilisations islamiques qui ont longtemps méprisé et foulé aux pieds les anciennes civilisations païennes.

Pendant des siècles, l'oasis a été le point de passage des caravanes sur la route de l'encens qui reliait l'Asie, l'Afrique et l'Europe.

Avec Al-Ula le royaume entend remettre la lumière sur son passé pré-islamiques et redorer son image, ternie par la répression de toute dissidence.

Dans un récent rapport, le Sénat français a présenté un bilan en demi-teinte du partenariat, notamment la création d'un fonds de dotation pour le patrimoine français dont le montant s'annonce beaucoup plus faible que les 800 millions initialement escomptés.

Il prévoit pour l'heure 50 millions d'euros de contribution aux travaux de rénovation du Centre Pompidou.

Mardi, Emmanuel Macron a martelé à Riyad, la capitale saoudienne, que la France était un « partenaire fiable », malgré ses secousses politiques, et annoncé une volonté commune « d'avancer » sur la vente de chasseurs Rafale à la puissante monarchie du Golfe.

Lundi, il a signé avec le prince héritier et dirigeant de facto du pays un partenariat stratégique destiné à renforcer la coopération tous azimuts, de la défense à l'économie du futur.

Les deux dirigeants ont aussi convenu « de fournir tous les efforts pour contribuer à la désescalade » au Moyen-Orient, de Gaza au Liban.

Le président français Emmanuel Macron a achevé mercredi une visite d'Etat de trois jours en Arabie saoudite dans l'oasis d'Al-Ula, un projet touristique emblématique du royaume, au moment même où se jouait le sort du gouvernement à Paris.Le chef de l'Etat, accompagné des ministres de la Défense Sébastien Lecornu, des Affaires étrangères Jean-Nöel Barrot et de la Culture Rachida Dati, a décollé à 13H30 GMT (14H30 heure de Paris) d'Al-Ula et devrait arriver en début de soirée à Paris.Sauf énorme rebondissement, le gouvernement de Michel Barnier aura trébuché peu avant sur une des motions de censure déposées par la gauche et l'extrême-droite.Le président devra sans tarder se pencher sur la recherche d'un nouveau Premier ministre, avec une équation politique insoluble entre trois blocs...