Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, lors d'un Conseil des ministres à Beyrouth, le 27 novembre 2024. Photo Dalati & Nohra
Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, s'est exprimé mercredi après un Conseil des ministres consacré au cessez-le-feu proclamé dans la nuit entre le Hezbollah et Israël, après presque 14 mois de guerre, annonçant que son cabinet sortant « s'engage à mettre en oeuvre toutes les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».
« Aujourd'hui, nous entamons le processus de reconstruction de ce qui a été détruit, et nous plaçons notre espoir dans l’armée pour rétablir la sécurité dans le sud » a lancé Nagib Mikati, affirmant l'engagement du gouvernement à « mettre en œuvre toutes les dispositions de la 1701 ». Le cessez-le-feu est entré en vigueur à 4h du matin.
M. Mikati a réitéré que l'armée libanaise va renforcer son déploiement dans le sud frontalier d'Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu, alors qu'une réunion l'avait peu avant réuni avec le commandant en chef de l'armée Joseph Aoun, qui l'a briefé sur le plan de la troupe à ce sujet. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoit que seules l'armée libanaise et la Force intérimaire de l'ONU au Liban seront déployées au sud du fleuve Litani.
Mettre les divergences de côté
« Nous vivons des moments exceptionnels », a ajouté le Premier ministre sortant, assurant que l'Etat libanais entendait « regagner la confiance du monde et des Libanais ». Appelant à ce qu'Israël « respecte la décision de cessez-le-feu et se retire des territoires occupés », il a assuré que le futur du Liban sera meilleur « à condition de mettre nos divergences de côté. »
« Nous restons attachés à la souveraineté, terrestre, maritime et aérienne, du Liban sur l’ensemble de son territoire », a encore déclaré Nagib Mikati, qui a exprimé l’espoir que les jours à venir conduiront à l’élection d’un président de la République » et permettront aux institutions de reprendre leur travail.
M. Mikati sortait d'une réunion de son gouvernement, en présence du commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, et à laquelle assistaient également plusieurs ministres proches du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) qui avaient boycotté les réunions du gouvernement depuis le début de la vacance présidentielle il y a deux ans, notamment le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, et celui des Affaires sociales, Hector Hajjar.
« Rôle central » de l'armée libanaise
Avant le Conseil des ministres, le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, a affirmé que « les propos concernant une liberté de mouvement de l’ennemi israélien au Liban contredisent le contenu de l’accord en 13 points publié, qui ne mentionne pas ce sujet. Nous ne l’accepterons pas. L’accord stipule uniquement le droit des deux parties à la légitime défense. » Estimant qu'il était « temps que la guerre cesse », il a affirmé le « rôle central » que jouera l'armée dans la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu. M. Slim a en outre refusé de répondre à une question sur des risques de confrontation entre l'armée et le Hezbollah. « Nous œuvrons chaque jour pour renforcer notre armée, afin qu’elle soit mieux équipée pour assurer la sécurité et la paix du Liban et de son peuple », a-t-il commenté.
Peu avant la réunion, Nagib Mikati s'est entretenu avec le commandant en chef de l'armée, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).


Comment cela se fait que certains ministres du Hezbollah présents aient pu manquer de respect envers le commandant de l’armée présent? Cela indique bien le niveau de leur arrogance mal placée ainsi que les futures frictions à venir.
20 h 43, le 27 novembre 2024