Des personnes se rassemblent sur le site d'une frappe israélienne dans le quartier de Basta à Beyrouth, le 23 novembre 2024. REUTERS/Adnan Abidi
Plusieurs énormes détonations ont été entendues à 4h du matin dans Beyrouth et ses environs. Une frappe aérienne israélienne avec « cinq missiles » a « complètement détruit un immeuble résidentiel de huit étages, situé dans la rue al-Ma'moun, dans le quartier de Basta », a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), alors que la guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah entre dans son troisième mois.
« La capitale Beyrouth s'est réveillée sur un massacre terrifiant », a écrit l'Ani. Cette dernière « évoque un grand nombre de morts et de blessés ».
Selon le ministère de la Santé, cité par plusieurs médias locaux, la frappe israélienne a fait au moins quatre morts et en a blessé vingt-trois autres, selon un premier bilan provisoire. Les opérations de déblayage sont en cours.
La frappe a endommagé plusieurs bâtiments à proximité et des ambulances ont afflué sur le site de l'immeuble ciblé, qui s'est transformé en un tas de décombres. Une vidéo parvenue à L’Orient-Le Jour montre l’ampleur des dégâts causés par la frappe, qui a laissé un immense cratère et causé des destructions considérables.
Plusieurs médias locaux spéculent que les avions qui ont mené les frappes ont largué des « bunker busters », des munitions qui peuvent pénétrer sous terre avant de détoner. Selon le New York Times qui avait analysé avec des experts une vidéo postée par l’armée israélienne, les avions qui ont bombardé, fin septembre, le QG de Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, et causé la mort de Hassan Nasrallah, étaient équipés d’au moins 15 bombes d’une tonne, dont la BLU-109 fabriquée aux États-Unis. Ces bombes sont connues sous le nom de « bunker busters ».
Un résident contacté par L’Orient-Le Jour a affirmé que la frappe a eu lieu « au même endroit que la dernière frappe » israélienne sur ce quartier. Pour rappel, le 10 octobre, aux alentours de 20 heures, l'armée israélienne avait ciblé Basta el-Faouqa, puis le quartier voisin de Noueiri. Ces deux attaques avaient été meurtrières, faisant 22 morts et au moins 117 blessés.
Il s'agit de la quatrième frappe aérienne israélienne cette semaine visant une zone centrale de Beyrouth, alors que la majorité des attaques israéliennes ont ciblé la banlieue sud, fief du Hezbollah.
Dimanche, une frappe avait visé le siège du parti Baas syrien à Ras el-Nabeh, dans lequel se trouvait plusieurs responsables du bureau de relations avec les médias du Hezbollah. Le chef de ce bureau de presse, Mohammad Afif, a été tué dans ce raid aérien avec plusieurs de ses collègues. Le même jour, c'est le quartier de Mar Elias qui a été visé, dans une frappe ciblant un magasin d'appareils électroniques qui a fait plusieurs morts. Lundi, un bombardement a visé Zokak el-Blat, un quartier situé à quelques centaines de mètres du centre-ville de Beyrouth.
Mercredi, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait affirmé que son parti visera le « centre de Tel-Aviv » en riposte aux frappes israéliennes sur Beyrouth. « Israël a attaqué le cœur de Beyrouth, alors il doit s'attendre à ce que la réponse ait lieu au centre de Tel-Aviv. Il doit payer le prix », avait-il lancé
Pour rappel, l’émissaire spécial du président américain, Amos Hochstein, s'est rendu cette semaine au Liban et en Israël pour tenter d'obtenir une trêve et avait évoqué des « progrès supplémentaires » dans les discussions.
L'armée israélienne a lancé le 23 septembre une campagne de frappes massives au Liban contre le Hezbollah, qui avait ouvert un front pour soutenir le Hamas après le 7 octobre 2023, suivie d'opérations terrestres. Les violences ont fait au Liban au moins 3.558 morts depuis octobre 2023. Côté israélien, 82 militaires et 47 civils ont été tués en 13 mois.