Explosion provoquée par l'une des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth le jeudi 21 novembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
Après trois jours d’accalmie, coïncidant avec le passage de l’émissaire américain Amos Hochstein à Beyrouth, Israël a recommencé jeudi à bombarder la banlieue sud de Beyrouth, tout en continuant de pilonner violemment le Liban-Sud et la Békaa.
De son côté, au lendemain du discours de son secrétaire général, Naïm Kassem, le Hezbollah a revendiqué sa frappe la plus lointaine depuis le 8 octobre 2023, date du début de ses affrontements avec l’armée israélienne, qui ont dégénéré en guerre quasi-totale depuis deux mois.
Le parti chiite a affirmé, peu avant 15h, avoir tiré des missiles sur la base aérienne de Hatsor, située à l'est d'Ashdod, à 150 km de la frontière libano-israélienne et, surtout, à mi-chemin entre Tel Aviv et la bande de Gaza. Il a décrit la base comme « une importante escadre aérienne contenant une formation de reconnaissance qualifiée et des escadrons d'avions de guerre ». Cette attaque s’inscrit dans « le cadre des opérations Khaybar » et répond à « l’appel de l’ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, assassiné », at-il ajouté.
Les médias israéliens n’ont pas relayé d’informations confirmant ou infirmant cette frappe, comme cela avait été le cas lorsque le Hezbollah avait revendiqué une attaque contre le ministère israélien de la Défense à Tel Aviv , le 13 novembre.
Publié en fin de journée, le nouveau bilan de cette guerre est désormais de 3,583 morts, selon le ministère libanais de la Santé.
Le processus de négociations pour un cessez-le-feu n’a pas connu d’avancée depuis la veille, malgré une réunion qui a duré environ 4h entre l'émissaire américain Amos Hochstein – arrivé à Tel Aviv lundi soir – et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. C’est au cours de cette réunion que M. Netanyahu a appris que lui-même et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, qu’il a limogé début novembre, étaient désormais visés par des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale.
Plusieurs attaques sur la banlieue sud
Alors que sa dernière attaque sur Beyrouth et ses environs remontait à dimanche – une frappe sans avertissement sur le quartier de Mar Elias, dans l’ouest de la capitale –, l’armée israélienne a envoyé le premier d’une série de trois avertissements publiés sur X par son porte-parole arabophone Avichay Adraee, ciblant plusieurs immeubles à Haret Hreik, dans la banlieue sud.
La seconde et la troisième vague d’avertissements ont été lancées entre la fin de la matinée et le milieu de l’après-midi, pour plusieurs cibles dans les environs de Hadath et de Haret Hreik. La quatrième a été publiée en milieu d’après-midi, avec pour cible un bâtiment à Ghobeiry, mais le quartier de Chiyah a également été touché.
Dans ses revendications, l’armée israélienne a évoqué des tirs sur des infrastructures du Hezbollah, en ne fournissant que de vagues détails, conformément à son style de communication habituel.
Le Liban-Sud et la Békaa n’ont pas non plus été épargnés, tandis que des habitants de plusieurs localités du Sud et de Beyrouth ont reçu des appels pendant la nuit les incitant à évacuer leur domicile en prévision d’un bombardement à venir.
Au Liban-Sud, après une nuit violente, l’armée israélienne, par la voix d’Avichay Adraee, a demandé tôt aux habitants de trois localités de quitter les lieux en prévision de bombardements. Il s’agit de Bourj el-Chemali, el-Hoch et Maachouq. L'appel a concerné des centaines de bâtiments dans des zones régulièrement frappées par l'aviation israélienne, sans avertissement préalable. Ces trois villages, qui ont été lourdement bombardés, sont également proches d'al-Bass, qui a été frappé dans la nuit par l’aviation israélienne. Des raids aériens israéliens ont également visé de nombreuses autres localités de la région, avec un bilan qui n’était pas encore précisé en fin de journée.
La Békaa a, elle aussi, passé une nouvelle journée en enfer. En fin de journée, notre correspondante rapportait au moins une cinquantaine de tués dans différentes frappes sur des localités du mohafazat de Baalbeck-Hermel. Un bilan en partie confirmé par le ministère de la Santé en début de soirée. Dans un message sur X, le mohafez de la région, Bachir Khodr a évoqué « une journée particulièrement violente pour Baalbek-Hermel » avant de préciser que les opérations de déblaiement se poursuivaient.
La bataille de Khiam
Le Hezbollah a, de son côté, enchaîné au moins une vingtaine d’opérations jusqu’en début de soirée, selon ses communiqués. Le parti a notamment revendiqué sept attaques contre des soldats israéliens dans et autour de Khiam, tandis que l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) a indiqué que l'armée israélienne dynamitait des maisons et bâtiments dans cette localité du sud du Liban proche de la frontière israélienne.
Le parti est en outre revenu sur l’embuscade de mercredi qui a coûté la vie à plusieurs soldats et Zeev Erlich, un archéologue israélien équipé comme un militaire et armé, une opération qui s’est déroulée à Tayr Harfa (caza de Tyr) et sur laquelle il avait succinctement communiqué le jour même. Le communiqué indique également que « parmi les morts figurent un officier et un soldat du 13e bataillon (Golani, rattaché à la 36e Division de l’armée israélienne), ainsi qu’un soldat de l’unité Maglan (98e Division), en plus de l’archéologue concerné ».


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Ya salam , quel exploit d’envoyer des missiles en Israël sans faire de dégâts ??
13 h 33, le 22 novembre 2024