Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati (au centre), le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim (g.), et le commandant en chef de l'armée Joseph Aoun, à Yarzé, le 21 novembre 2024. Photo X/@grandserail
Dans un Liban plongé malgré lui dans la guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, le Premier ministre sortant Nagib Mikati, le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, le directeur par intérim de la Sûreté générale (SG), Élias Baïssari, ont tous trois insisté dans leurs discours à l'occasion de l'Indépendance du Liban sur l'importance de l'unité nationale et la protection de la souveraineté du pays. Les trois responsables ont rendu hommage à l'armée libanaise et à ses « sacrifices », alors que plusieurs dizaines de soldats et au moins un officier ont été tués depuis le début du conflit, le 8 octobre 2023. Le Liban a obtenu son indépendance de la puissance mandataire française le 22 novembre 1943.
M. Mikati, qui a déposé une couronne de fleurs au ministère de la Défense à Yarzé, devant le monument rendant hommage aux martyrs de l’armée, a déclaré que « la troupe, qui se prépare à renforcer sa présence dans le Sud, continue de faire des sacrifices pour défendre la terre, la souveraineté et l’indépendance du pays ». L’armée est « un symbole d’espoir et de résilience » pour les Libanais, a-t-il affirmé, avant des rencontres avec le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, et le général Aoun.
« L'armée restera déployée dans le Sud »
S'adressant à la troupe dans son ordre du jour, le général Joseph Aoun a salué la résilience du Liban et de son peuple « qui a traversé des crises, des guerres, des divisions et des ingérences mais est resté debout, défiant ses ennemis et les fauteurs de troubles, en tête desquels l'ennemi israélien ». Soulignant la « guerre destructrice et barbare » menée par Israël, qui a causé des milliers de morts et de blessés » ainsi que des déplacements importants de population, il a assuré que l'armée restera « déployée dans le Sud, où nos soldats continuent de se sacrifier pour le Liban ». Les soldats « ne quitteront pas cette région, car elle fait partie intégrante de notre souveraineté nationale », a-t-il insisté, et cela « malgré les défis et dangers ». Il a relevé à cette occasion la coopération entre la troupe et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) dans le cadre de la résolution 1701. Les forces armées libanaises poursuivent également leurs missions contre les « tentatives de déstabilisation » du pays, a-t-il lancé, assurant que « l'unité nationale et la paix civile sont des priorités absolues et une ligne rouge que personne ne pourra franchir ». Il a encore rendu hommage aux « martyrs » de l'armée au fil des années « et en particulier ceux tombés récemment dans le Sud pour défendre le Liban ».
De son côté, Elias Baïssari a déploré un 81e anniversaire de l'Indépendance commémoré alors que « coule le sang des martyrs, que de nombreux citoyens ont été contraints de quitter leurs maisons détruites et leurs villages ravagés ». « Le sang du peuple résistant s’est mêlé à celui des martyrs des institutions militaires et sécuritaires » versé pour « défendre le Liban, sa souveraineté et son unité », a-t-il regretté. Elias Baïssari a encore mis en garde contre les « méthodes insidieuses » d'Israël, qui « tente de semer la discorde entre les Libanais et d’ébranler l'unité nationale ». Il a dans ce cadre appelé les membres de la SG à la solidarité avec les déplacés internes.
Deriane et Hariri
Tout en saluant « les tâches accomplies par l'armée libanaise, ainsi que les sacrifices et l'héroïsme qu'elle a consentis et qu'elle continue de faire pour le bien de la patrie, en maintenant sa stabilité et en repoussant ceux qui tentent de porter atteinte à sa sécurité », le mufti de la République, Cheikh Abdel Latif Deriane, a exprimé « son regret que la joie de l'indépendance ne soit pas complète en l’absence d’un président de la République », dans une déclaration rapportée par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
De son côté, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a affirmé qu'« il était grand temps», après 81 ans d'indépendance, de « célébrer ce jour dans tous les sens du terme », mais à une condition, celle « de placer le Liban en premier, de rallier l'État et ses institutions légitimes, de respecter la Constitution en se conformant aux lois, d’être égaux en droits et en devoirs, d’adhérer à notre unité nationale et enfin d’écarter les divisions sectaires et confessionnelles ». Il a, lui aussi, insisté sur la nécessité d'avoir « un président de la République et un gouvernement pleinement fonctionnel, aujourd'hui plus que jamais ».


L'indépendance est un signe de maturité, de responsabilité mais surtout un signe d'amour et de générosité! Mettons tous nos mains ensemble pour bâtir un Liban Indépendant!
14 h 19, le 22 novembre 2024