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Moyen-Orient - Focus

L’Irak étend encore un peu plus l’interdiction d’alcool

Bagdad se range aux côtés des tenants d'une ligne dure, à quelques mois d'élections législatives prévues en 2025.

L’Irak étend encore un peu plus l’interdiction d’alcool

Un magasin de liqueurs à Mossoul, dans le nord de l'Irak. Photo d'archives AFP

Bagdad a resserré la vis. Les hôtels et les « clubs sociaux », parmi les derniers lieux où la consommation d’alcool était encore légale dans le pays, sont désormais interdits d’en vendre. Lundi, le parlement irakien a approuvé une loi prohibant l’alcool dans ces institutions, faisant un pas de plus vers une interdiction totale. En cas de contravention, de nouvelles pénalités sont prévues, allant d’environ 7 700 à 19 000 dollars.

Déjà en mars 2023, un texte avait été promulgué pour rendre illégales la vente, l’importation et la production d’alcool. La loi avait été votée en 2016 mais n’était pas entrée en vigueur en vertu des droits et libertés individuels des minorités religieuses, alors que près de 3 % de la population irakienne n’est pas musulmane. Lors de son passage inattendu au journal officiel l'année dernière, la législation avait provoqué une levée de boucliers de la part des franges libérales de la société, ainsi que des communautés non-musulmanes, notamment les chrétiens et les yézidis, dont certains représentants parlementaires ont tenté en vain de faire appel.

Des propriétaires de magasins vendant de l’alcool avaient alors tenu des manifestations, affirmant que « Bagdad ne deviendra pas Kandahar » en Afghanistan. Malgré l’entrée en application de la législation, les établissements possédant une licence pour vendre de l’alcool - des magasins tenus par des minorités religieuses, des hôtels ou des clubs - étaient initialement restés ouverts, n’ayant pas immédiatement reçu l’ordre de fermer boutique.

Alcool hors de prix et risques sociétaux

Au fur et à mesure, trouver de l’alcool dans le pays nécessitait d’avoir recours à des groupes secrets sur les réseaux sociaux, pour déterminer le lieu, la date et la manière de procéder à un achat. Peu avant la promulgation de la loi, Bagdad avait en outre augmenté les taxes sur l’importation de boissons alcoolisées de 200 % pour une durée de quatre ans, rendant la consommation d’alcool très onéreuse, et réservée à une élite économique. Lundi, le club centenaire Al-Alwiyah a été prévenu par le bureau du Premier ministre qu’il devait cesser de servir de l’alcool, tandis que le management du Club de chasse irakien a annoncé en faire autant après avoir reçu des ordres directs des autorités, a rapporté le Washington Post. Seuls quelques établissements haut de gamme aux prix dissuasifs semblent désormais encore pouvoir servir des boissons alcoolisées à Bagdad.

Pour mémoire

Ce qu’il faut savoir sur l’interdiction de l’alcool en Irak

Réagissant à la nouvelle législation, le bloc parlementaire chrétien Al-Warka a exprimé son opposition, avertissant que cela conduirait à une augmentation de l’usage de drogues, selon le site d’informations Shafaq News. « Le problème des boissons alcoolisées est, sous couvert de religion, un problème commercial. L’objectif est de faire de l’argent et d’ouvrir la voie à la diffusion de drogues contrôlées par certains partis armés en dehors de l’autorité de l’État », a précisé le député Joseph Sliwa au média. L’élu a ajouté que cette interdiction pourrait avoir des conséquences sur la société irakienne, mais aussi sur son économie, ce secteur générant selon lui des millions de dollars de revenus annuels pour l’État irakien.

Alors que le pays doit tenir des élections législatives en 2025, un autre homme politique chrétien, cité par le Washington Post, a déclaré que la loi avait été introduite par des tenants d’une ligne dure, ajoutant qu’elle pourrait aliéner les non-musulmans, les touristes et les diplomates et coûter des milliers d’emplois aux minorités religieuses. Une autre législation avait déjà imposé cette année une célébration religieuse chiite comme un jour férié national, provoquant les critiques des autres communautés.

Pour le moment, il semble que le Kurdistan ne soit toujours pas concerné, alors que la loi entrée en vigueur en 2023 n’avait pas été appliquée dans la région autonome, Erbil appliquant ses propres droits de douane.

Bagdad a resserré la vis. Les hôtels et les « clubs sociaux », parmi les derniers lieux où la consommation d’alcool était encore légale dans le pays, sont désormais interdits d’en vendre. Lundi, le parlement irakien a approuvé une loi prohibant l’alcool dans ces institutions, faisant un pas de plus vers une interdiction totale. En cas de contravention, de nouvelles pénalités sont prévues, allant d’environ 7 700 à 19 000 dollars.Déjà en mars 2023, un texte avait été promulgué pour rendre illégales la vente, l’importation et la production d’alcool. La loi avait été votée en 2016 mais n’était pas entrée en vigueur en vertu des droits et libertés individuels des minorités religieuses, alors que près de 3 % de la population irakienne n’est pas musulmane. Lors de son passage inattendu au journal...
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