C'est la fin de ce live Q&A avec notre co-rédacteur en chef Anthony Samrani !
Nous vous remercions pour vos nombreuses questions et nous vous disons à bientôt.
Très belle fin de journée à tous.
Voici la dernière question de notre Q&A, qui nous vient de Guy Vasseur :
D'après vous, quelle hypothèse serait la plus vraisemblable :
1) Trump laisse faire totalement Israël en le soutenant massivement, à Gaza, au Liban et en Iran.
2) Il cherche une solution de paix en imposant son point de vue quitte à ce qu'il y ait des modifications de frontières.
3) Il associe d'autres partenaires et particulièrement la France, dans le cas du Liban, pour trouver une paix juste.
Bonjour Guy Vasseur, merci de votre question.
La 1 est très possible. La 2 est plausible. La 3 est utopique.
À Dearborn, par exemple, les électeurs arabo-américains ont préféré Donald Trump. Plus de détails ici.
On poursuit avec cette question, qui nous vient de Lisette Perrusset :
J’ai récemment vu, sur une chaîne américaine, une intervention de Bill Clinton qui vilipende Arafat en le traitant de menteur, et en disant qu’il n’avait que faire des accords d’Oslo. Puis c’était le tour des Gazaouis “terroristes” puis des Iraniens et du Hezbollah, qui d’après lui est une secte… Cette vidéo a-t-elle pu jouer un rôle dans cette élection ?
Bonjour Lisette Perrusset, merci de votre question.
Je n’ai pas vu la vidéo en question, mais je ne crois pas qu’elle ait joué un rôle, non. Le conflit de Gaza a eu un impact sur la présidentielle américaine, avec le basculement d’une partie des Arabes américains dans le camp républicain, mais il ne faut pas exagérer cet impact. La présidentielle américaine s’est jouée sur des questions d’ordre interne.
Voici une question de Bernard Juster :
Si Netanyahu pense vraiment, comme il l'a dit, que le Liban n'est pas l'ennemi d'Israël, contrairement au Hezbollah, pensez-vous que Trump puisse répéter avec le Liban le même succès qu'il a eu avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ?
Bonjour Bernard Juster, merci de votre question.
Si j’ai bien compris, il s’agit de savoir si le Liban peut normaliser ses relations avec Israël ? Ce qui est certain, c’est que cela ne pourrait se faire que sous la contrainte militaire, donc avec une approche très différente des accords d’Abraham. À mon sens, même ce scénario est peu plausible.
On continue avec la question de Mark Habbouche :
Le président Biden semblait ne pas vouloir offrir à Trump la victoire politique consistant à mettre fin aux guerres au Moyen-Orient. Au contraire, la politique plus dure à l’égard de Netanyahu adoptée ces derniers mois montre qu’il souhaitait que cette étiquette lui soit attribuée. Qu’en pensez-vous ?
Bonjour Mark Habbouche, merci d’être là.
Il est possible que Biden mette les bouchées doubles ces dernières semaines. Mais sa marge de manœuvre est limitée. Va-t-il stopper les livraisons d’armes à Israël alors que son parti vient de perdre les élections ? Va-t-il s’engager dans une opération militaire de grande envergure contre l’Iran avant son départ ? Tant une forte pression sur Israël que sur l’Iran paraît difficile à envisager dans un tel scénario. Le plus probable, c’est que pas grand chose ne bouge d'ici janvier ou bien que les acteurs concernés tentent de leurs côtés de profiter de ce moment d’entre-deux pour accélérer les choses. Pour l’Iran dans le sens de la négociation. Pour Israël de l’escalade.
La prochaine question nous vient de Nahil Khoury :
Peut-on imaginer une sorte d’accord ou d’entente avec l’Iran afin de trouver un compromis entre toutes les parties impliquées dans la guerre au Liban ?
Bonjour Nabil Khoury, excellente question !
L’Iran acceptera-t-il de se mettre en retrait sur la scène libanaise et de ne plus considérer le Liban comme un territoire conquis ? Pour l’instant, cela ne semble pas être le cas. Je suis sceptique sur le fait que l’Iran change fondamentalement son comportement au Liban. Mais cette négociation demeure absolument nécessaire, ne serait-ce que pour tenter de trouver une issue à cette guerre.
Voici une question de Claire Péchayre Mourad :
Qui pourra condamner Israël à reconstruire tout ce qu’il a détruit au Liban ? Pourra-t-on cultiver les champs après les bombes au phosphore blanc ?
Bonjour Claire Péchayre Mourad, merci d’être avec nous
Ce n’est malheureusement pas Israël qui reconstruira le Liban Sud, ni d’ailleurs Gaza. Si quelqu’un le fait, ce sera les Occidentaux et surtout les pays du Golfe si les conditions politiques sont réunies.
Cessez-le-feu avec le Hezbollah : « No deal », disait Netanyahu aux Américains fin octobre. Plus de détails ici.
C. nous pose ces deux questions :
- Une solution diplomatique au conflit en cours est-elle encore possible quand on sait que le Premier ministre israélien a toujours fait fi de toutes les résolutions de la communauté des nations ?
- Le président du parlement étant juge et partie, pourrait-on espérer, même si cela semble encore loin d'être le cas, une capitulation du parti chiite à travers les leviers de pression de la part de l'administration américaine vis-à-vis de l'Iran, et imposer par la suite l'application de la résolution 1559 qui prévoit le désarmement et la dissolution de la branche armée du Hezbollah ?
Bonjour C, merci de votre question.
Nous sommes dans une situation où ni Israël ni l’Iran, via le Hezbollah, ne veulent céder, les deux étant persuadés que l’évolution du terrain sera à leur avantage. Les contours d’une solution diplomatique sont connus : retrait du Hezbollah du sud du Litani, retrait des troupes israéliennes, déploiement de l’armée libanaise.
Mais est-ce que cela suffira à Netanyahu ? Est-ce qu’il acceptera de conclure un accord de paix tant que le Hezbollah disposera d’un arsenal susceptible d’être utilisé contre Israël ? Plus les objectifs israéliens seront maximalistes plus il est difficile d’entrevoir l’issue de cette guerre. Le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem indique une forme de “Hamasisation”, si je peux utiliser l’expression du parti de Dieu. C'est-à-dire une volonté de mener une guerre longue dans l’objectif d’épuiser l’adversaire, quelles que soient les conséquences pour le parti, pour sa base populaire et pour le Liban.
Nous sommes actuellement dans une région où il y a un camp qui n’accepte pas de crier victoire avant d’avoir fait disparaître son adversaire (ce qui n’arrivera jamais) et un autre qui refuse d’accepter sa défaite avant d’avoir été complètement annihilé.
La question suivante nous est posée par Amal Sayegh :
Faudra-t-il attendre janvier pour que Trump fasse pression sur Israël ?
Bonjour Amal Sayegh. Merci pour votre question.
Il est fort possible que Trump et ses conseillers envoient des messages et travaillent sur un plan avant janvier. Mais rien ne se passera à mon avis avant son investiture.
Voici la question de Charbel Chahine :
Comment Trump pourrait-il arrêter la guerre avant son entrée à la Maison-Blanche ? A-t-il le pouvoir d’exercer une autorité sur Israël alors qu’il n’est pas encore officiellement Président?
Bonjour Charbel Chahine,
Je pense que Trump a tout intérêt à attendre son arrivée au pouvoir pour tenter d’arrêter la guerre sinon le bénéfice pourrait revenir à Biden. Trump n’est pas pressé. Joe Biden, en revanche, pourrait essayer de terminer son mandat par un succès diplomatique en durcissant un peu le ton contre Israël. Mais après la victoire sans contestation possible de Trump, il aura encore plus de mal à se faire respecter par son allié israélien.
Pour asphyxier le Hezbollah, Tel-Aviv cherche un soutien international afin d'obtenir une « tutelle sécuritaire et militaire » sur le Liban. Retrouvez ici l’éclairage de Mounir Rabih.
On poursuit avec cette question d'Ezio Gueriery :
Il semble que le Liban soit pris entre les pressions du Hezbollah et de l’Iran d’un côté, et une influence accrue des pays du Golfe de l’autre, principalement au bénéfice d’Israël sous une administration Trump. En somme, risquons-nous de voir le Liban placé sous une tutelle israélienne déguisée, mais exercée par le Golfe ? Comment le Liban peut-il préserver une part de souveraineté ou d’équilibre dans cette équation ?
Bonjour Ezio Gueriery. Merci d’être là.
Les pays du Golfe sont pour l’instant en retrait. Il voit d'un bon œil l’affaiblissement du Hezbollah et de l’Iran au Liban mais craignent que ce conflit prenne une autre dimension et finisse par les rattraper. Ils n’ont pas tous la même politique. Le Qatar et dans une moindre mesure les Emirats arabes unis semblent plus susceptibles de jouer un rôle à court et moyen terme. Mais ce sera un rôle limité. Seule l’Arabie saoudite peut avoir un poids important au Liban. Mais le royaume fera son retour au pays du Cèdre s'il estime que les conditions sont réunies, c'est-à-dire que le Hezbollah n’a plus, à ses yeux, la mainmise sur le pays. Une tutelle saoudienne me semble impossible. Israël peut pour sa part vouloir être présent dans le sud du pays et être capable d’intervenir à tout moment dans le reste du pays. Est-ce qu’il a pour objectif de jouer un rôle direct dans la vie politique libanaise, comme en 1982 ? Je n’en suis pas convaincu.
La prochaine question nous vient de Kiyan :
Trump pourra-t-il, d’une manière ou d’une autre, accélérer la désignation d’un nouveau gouvernement au Liban ?
Bonjour Kiyan, merci de votre question
Je ne sais pas si un seul être sur cette terre peut y parvenir ! Plus sérieusement, la formation d'un nouveau gouvernement est liée à l'élection présidentielle, elle-même liée à la fin de la guerre.
Après la victoire de Trump, à quoi faut-il s’attendre au Moyen-Orient ? Noura Doukhi et Tatiana Krotoff vous proposent quelques éléments de réponse. À lire ici.
Voici une question de Noor Ghandour :
Quels sont les plans de Donald Trump et des USA : donner carte blanche à Israël ou pousser l’État hébreu à conclure ses deux conflits avec comme objectif de ramener l’Arabie saoudite à signer un accord avec Tel-Aviv sur le dos de l'Iran? Également, compte-t-il mettre à genoux le régime des mollahs en anéantissant l'axe chiite ?
Bonjour Noor Ghandour. Merci d’être avec nous.
Personne ne sait quels sont les plans de Donald Trump. A-t-il d'ailleurs un plan clair ? Cela m‘étonnerait beaucoup. Un accord de paix susceptible de stabiliser la région implique de prendre en compte tous les acteurs : Israël, l’Arabie saoudite, les Palestiniens, et l’Iran. C’est quelque chose d’extrêmement difficile aujourd’hui. Des concessions israéliennes sur la question palestinienne pourraient permettre un rapprochement historique entre l’Etat hébreu et l’Arabie saoudite et une grande coalition contre l’Iran.
Mais Netanyahu ne souhaite faire aucune concession aux Palestiniens. La paix de Trump, s’il parvient à l’imposer, risque davantage de ressembler à une carte blanche à Israël. Pour occuper une partie de Gaza, pour poursuivre la colonisation en Cisjordanie et peut-être même annexer le territoire, pour pousser les Palestiniens à fuir en Egypte et en Jordanie, pour permettre à Israël de créer une zone tampon dans le Liban-Sud et d’intervenir à sa guise dans le reste du pays. Il est beaucoup plus difficile après la guerre à Gaza de finaliser un accord israélo-saoudien sans une avancée majeure sur le dossier palestinien.
Reste l’Iran. Jusqu’où ira Trump dans ce dossier ? On peut imaginer des frappes américaines en Syrie, en Irak, et même en Iran, si Téhéran est à l’initiative d’une nouvelle escalade. Trump estime que le régime ne comprend que le langage de la force. Mais dans le même temps, il ne compte pas s’embarquer dans une guerre de longue haleine sur le territoire iranien. La séquence va contraindre Trump à faire des choix ou à n’être à son tour, qu’un acteur de second plan de ce conflit.
Le limogeage de Yoav Gallant, dernière victoire de l'extrême droite israélienne, un éclairage de Laure-Maïssa Farjallah à retrouver ici.
On continue avec une question de Cher Abou Atallah :
Netanyahu vient de remplacer Yoav Gallant par Israël Katz, un membre plutôt radical du Likoud, probablement en vue d'une escalade de l’offensive en cours au Liban. Dans ce cadre, à quoi peut-on s'attendre de l'élection de Donald Trump à la présidence américaine en termes de cessez-le-feu ?
Cher Abou Atallah. Comment allez-vous ?
Le remplacement de Yoav Gallant est surtout lié à des considérations internes. Gallant était apprécié des Américains, de l’armée, incarnait une ligne plus respectable, bien que radicale, et n’hésitait pas à critiquer Benjamin Netanyahu et ses alliés d’extrême droite notamment sur la question de l'exemption des ultra-religieux du service militaire. Est-ce que cela peut également se répercuter au Liban ? Ce n’est pas exclu. L’armée israélienne laisse entendre depuis plusieurs semaines que sa mission est presque finie au Liban. Mais Netanyahu envoie plusieurs signaux qu’il compte prolonger le conflit, peut-être pour obtenir des gains politiques et stratégiques plus importants notamment maintenant avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Il mise probablement sur un soutien du président américain pour finir de casser l’axe iranien, ce qui peut impliquer une escalade dans l’offensive israélienne au Liban, mais aussi en Syrie, en Irak, au Yémen et même en Iran. Benjamin Netanyahu veut changer le statu quo dans la région et s’appuyer sur Trump pour y parvenir.
Mais le président américain, qui promet d’”arrêter la guerre” peut-il s’embarquer dans une aventure aussi risquée ? Il est très difficile de répondre à cette question. Trump va être confronté aux contradictions de sa politique au Moyen-Orient. Il va devoir faire des choix : se disputer avec Netanyahu et perdre une partie de ses soutiens ou s’engager dans un pari plus risqué qui pourrait le pousser à être, à un moment donné, en première ligne. La troisième hypothèse, la plus probable à mon sens, c’est qu’il cherche à obtenir un deal qui laisse les coudées franches à Israël dans toute la région.
Pour en savoir davantage sur les liens qui unissent Donald Trump aux pays du Golfe, retrouvez l'article d'Amélie Zaccour :
On débute cette session avec une question de J-M Z:
Sachant que le personnage de Donald Trump est réputé imprévisible, quelles seraient selon vous les répercussions de sa politique au Proche-Orient et spécialement pour le Liban ?
Bonjour à tous. Et merci d’être aussi nombreux. Bonjour J-M Z. Merci pour votre question.
L’approche trumpienne du Moyen-Orient se caractérise par quatre aspects à mon avis. Les trois premiers ne sont d’ailleurs pas propres à la région.
Il est isolationniste, c'est-à-dire qu’il considère que les Etats-Unis n‘ont pas à être les gendarmes du monde à moins que leurs intérêts directs ne soient menacés. Il n’était pas intervenu par exemple, en réponse aux frappes attribuées à l’axe iranien contre Aramco en Arabie saoudite en septembre 2019.
Sa deuxième caractéristique, comme vous l’avez dit, c’est qu’il est imprévisible. Qui pouvait prévoir l’élimination du général iranien Kassem Soleimani en Irak ou l’annonce du retrait des troupes américaines dans l’est syrien ? Cette imprévisibilité fait peur à tout le monde, à l’Iran, à l’Arabie saoudite et même à Israël.
Le troisième aspect c’est sa vision purement transactionnelle des relations internationales. Donald Trump n’a pas de colonne vertébrale idéologique dans la région. Il peut faire un deal avec l’Iran ou avec la Syrie de Bachar el-Assad s’il considère que c’est dans son intérêt, qu’il confond d’ailleurs avec celui de son pays. Ses excellentes relations avec les pays du Golfe sont aussi liées à cette dimension affairiste.
Le quatrième aspect, c’est un entourage et un électorat très pro-israélien qui l’ont conduit à offrir de nombreux cadeaux à l’Etat hébreu durant son premier mandat. Isolationniste, affairiste, imprévisible et pro-israélien : comment Donald Trump va concilier ces quatre dimensions dans un contexte beaucoup plus explosif que durant son premier mandat. Laquelle va l’emporter sur les autres ? Pour obtenir un accord, tant à Gaza qu’au Liban, il devra être capable de faire pression sur l’Iran et sur Israël, et peut-être d’intervenir directement dans le conflit.
Bonjour,
Nous allons débuter cette nouvelle session de question réponse avec notre co-rédacteur en chef, Anthony Samrani.
Pour rappel, vous pouvez envoyer vos questions à l’adresse suivante : livechatolj@lorientlejour.com
Bonjour,
Aujourd'hui à 15h, heure de Beyrouth, notre co-rédacteur en chef, Anthony Samrani, répondra ici à toutes vos questions sur l'élection de Donald Trump et ses impacts sur la guerre en cours au Liban.
Vous pouvez d’ores et déjà les envoyer à l’adresse suivante : livechatolj@lorientlejour.com
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BON APRES MIDI MONSIEUR SAMRANI, TRUMP VA S,OCCUPER DE LA GUERRE ENTRE LE HEZB ET ISRAEL. ON CONNAIT SON ANEMOSITE ENVERS LE HEZBOLLAH TERRORISTE CLASSE AUX E,U, CROYEZ-VOUS QU,IL VA IMPOSER DANS TOUT ACCORD BIPARTITE AUTRE QUE LA 1701+ L,APPLICATION OBLIGATOIRE DE LA 1559 SUR LAQUELLE INSISTE NETANYAHU ? MERCI D,AVANCE
14 h 08, le 07 novembre 2024