Photo de famille des dirigeants du sommet de l’Organisation des États turciques (OET), à Bichkek, le 6 novembre 2024. Vyacheslav Oseledko/AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plaidé mercredi en Asie centrale pour le renforcement et l’unité du « monde turcique » lors d’un sommet de l’Organisation des États turciques (OET), outil d’influence d’Ankara pour concurrencer la Russie et la Chine dans la région.
« Nous allons amener beaucoup plus loin notre Organisation des États turciques, qui est devenue une plateforme exemplaire », a assuré M. Erdogan à Bichkek, la capitale kirghize où étaient réunis les dirigeants des huit pays membres et observateurs de cette organisation.
Outre la Turquie, l’OET comprend cinq anciennes républiques soviétiques (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan) ainsi que la Hongrie et la République turque de Chypre du Nord, seulement reconnue par Ankara.
Selon le président Erdogan, « la forte volonté de faire durer le monde turcique pour toujours est abondamment présente chez tous mes amis autour de cette table », où se trouvait notamment le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
Ces dernières années, la Turquie a avancé ses pions dans les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale et du Caucase, profitant de l’affaiblissement de la Russie, ex-puissance tutélaire accaparée par sa guerre en Ukraine.
Ankara met en avant une proximité culturelle, notamment l’appartenance à une même famille linguistique, ou religieuse avec l’islam et a même récemment renommé dans les manuels scolaires l’Asie centrale en « Türkestan », soit le pays des Turcs.
M. Erdogan a également salué une décision récente de l’OET ayant validé un alphabet commun pour tous les pays turciques. « Se mettre d’accord sur le projet d’alphabet turcique commun constitue une étape historique. Notre alphabet commun est le signe de notre destin commun, de notre avenir commun et de notre volonté d’avancer ensemble vers l’avenir », a déclaré le président Erdogan.
Un souhait qui semble illusoire à court terme, une partie des États membres de l’OET utilisant toujours l’alphabet cyrillique, héritage de l’ère soviétique.
L’organisation a également adopté un nouveau drapeau, « symbole de l’unité et de la prospérité turciques ».
Sur X, le président turc a également souligné l’importance de développer le « Corridor du milieu via la mer Caspienne », route commerciale entre la Chine et l’Europe qui permet de contourner la Russie, mais manque de financements.
Malgré le renforcement de son influence, la Turquie reste un partenaire de second rang pour les États centrasiatiques, liés en premier lieu militairement, politiquement et économiquement à Moscou et plus récemment Pékin.
En marge du sommet mercredi, la diplomatie ouzbèke a ainsi regretté que « des progrès réels n’avaient pas été réalisés malgré le développement des liens commerciaux » entre pays membres de l’OET.
Source : AFP


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