Photo de l'une des frappes israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit de ce vendredi 1er novembre 2024, Photo Mohammad Yassine
« Les attaques meurtrières du Hezbollah ne resteront pas sans réponse ». C'est la menace qu'a lancée l'armée israélienne jeudi à 22h40, sur les réseaux sociaux, après que des tirs de roquettes du parti chiite sur le nord d'Israël ont tué, dans la journée, sept civils israéliens. Peu après, la menace était mise à exécution avec des frappes violentes sur Nabatiyé (Liban-Sud), puis, vendredi à partir de 02h, avec une quinzaine de bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth, qui avait pourtant été épargnée depuis dimanche soir. L'aviation israélienne a également frappé dans la nuit un appartement de la région de Aley, faisant trois morts.
Dans la journée de jeudi, sept civils ont été tués dans le nord d'Israël. Cinq d'entre eux, parmi lesquels quatre ouvriers agricoles thaïlandais, ont perdu la vie dans un tir de roquettes sur Metoula, localité de l'extrême nord de l'État hébreu, qui fait face à plusieurs villages libanais, dont Kfar Kila. Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Maris Sangiampongsa, avait confirmé leur décès sur X. La cinquième personne était un agriculteur local. Les deux autres victimes ont été tuées près de la ville de Haïfa, alors que, selon l'armée israélienne, environ 90 roquettes ont été lancées sur Israël depuis le Liban jeudi. « Les roquettes du Hezbollah ont tué sept civils innocents, a accusé l'armée israélienne sur X en soirée. Les attaques meurtrières du Hezbollah ne resteront pas sans réponse. »
Survol incessant de drones
Cet avertissement a été lancé alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait rejeté dans l'après-midi les pressions américaines pour conclure un cessez-le-feu avec le parti chiite, lors d'une rencontre avec l'émissaire américain Amos Hochstein, qui fait la navette pour mener des pourparlers, et un conseiller de Joe Biden. « Tout cessez-le-feu avec le Hezbollah doit en priorité garantir la sécurité d’Israël », avait affirmé M. Netanyahu. Et, ce, malgré 24 heures d'optimisme — liées notamment à des considérations politiques avant la présidentielle américaine du 5 novembre — et la fuite dans les médias israéliens sur une proposition de cessez-le-feu américaine.
Peu avant cette mise en garde israélienne, et alors que des drones israéliens survolaient intensément, et à basse altitude, toute la soirée de nombreuses régions du Liban, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a appelé les habitants de Nabatiyé à évacuer leurs habitations. Toute personne se trouvant « dans ou près de bâtiments utilisés par le Hezbollah pour stocker des armes » dans cette ville a été appelée à quitter les lieux «immédiatement», sans spécifier de lieu ou des immeubles spécifiques. Près de deux heures plus tard, des bombardements, décrits comme « violents » par les sources de notre correspondant Mountasser Abdallah, ont visé le quartier « Rahbet », une zone proche de Choukine et la périphérie de l'école professionnelle et de l'école évangélique de la ville. D'autres bombardements ont frappé la ville, mais sans qu'il ne soit possible de déterminer précisément où, en raison de l'épaisseur de la fumée s'élevant dans la zone.
Trois morts dans le caza de Aley
Plus au nord, c'est ensuite un appartement de la localité de Aïn el-Remmané, située entre Qmatiyé et Aley (dans le caza du même nom) qui a été frappé par l'aviation israélienne. Selon le bilan publié vendredi matin par le ministère libanais de la Santé, ce raid a fait trois morts et cinq blessés.
Qmatiyé a été visée à plusieurs reprises depuis le début de l'offensive israélienne élargie sur le Liban le 23 septembre. Une frappe ciblée avait notamment touché une voiture dans cette localité mercredi, tandis que plusieurs autres véhicules ont été ciblés par des tirs de drone dans la région, dont un à Araya, situé à environ trois kilomètres, à plusieurs reprises cette semaine.
Appels tardifs à évacuer les lieux
De nouvelles menaces ont été publiées à 02h par Avichay Adraee concernant cette fois des bâtiments de la banlieue sud de Beyrouth. En tout, ce sont neuf appels à évacuer des zones qui ont été émis par le porte-parole, quatre vers 1h30 du matin, et cinq à près de 03h, soit bien plus tard que l'heure à laquelle les habitants des quartiers menacés étaient appelés à quitter les lieux au cours des dernières semaines. Pour réveiller les gens encore présents dans la banlieue sud et les forcer à s'en aller, des riverains ont tiré en l'air, selon des médias locaux.
Peu après, l'aviation israélienne a lancé une quinzaine de frappes sur la zone entre 02h et 05h du matin. Ces bombardements, notamment sur les quartiers de Ghobeiri, Kafaat, l'ancienne route de l'aéroport de Beyrouth, Tahouita el-Ghadir, Haret Hreik, Mreijé et l'autoroute Hadi Nasrallah, ont fait suite à neuf avertissements et appels à partir publiés par l'armée israélienne. Selon l'Agence nationale d'Information (ANI, officielle), « des dizaines de bâtiments se sont effondrés », et des incendies se sont déclarés en plusieurs endroits.
« Sites de fabrication d'armes du Hezbollah »
L'armée israélienne a affirmé avoir visé dans la nuit des « sites de fabrication d'armes et des quartiers généraux du Hezbollah » dans ses frappes multiples à Beyrouth et Nabatiyé. Dans cette ville du Liban-Sud, l'aviation a également bombardé « des infrastructures du renseignement » du parti chiite, selon un message publié sur X par le porte-parole militaire.
Commentant vendredi matin ces bombardements nocturnes multiples, le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a affirmé que cette « extension » des frappes par Israël signalait « son refus de tous les efforts déployés pour un cessez-le-feu ».



Nethanyahou et Hezbollah retarde l’échéance de leur jugement qui sera inéluctable ! Pendant ce temps quelques centaines de morts de plus pour ces meurtriers qu’es ce que cela coûte ?
12 h 35, le 01 novembre 2024