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Monde - Conflit

Dans la campagne en Irak, fuir les frappes d'Israël sur le Liban

Le gouvernement et les autorités religieuses chiites, mais aussi associations caritatives et le Hachd al-Chaabi, anciens paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces régulières, se sont immédiatement mobilisés pour accueillir les quelque 19.000 Libanais présents en Irak.

Dans la campagne en Irak, fuir les frappes d'Israël sur le Liban

Des Libanais déplacés qui ont fui les bombardements israéliens dans leur pays pour trouver un abri font leurs courses sur un marché de la ville d'al-Qassem, dans la province irakienne de Babylone (centre), le 20 octobre 2024. Photo AFP ou ayants droit

Déplacé plusieurs fois au Liban pour fuir les bombardements israéliens, Mohamed Fawaz a finalement quitté son pays. A des milliers de kilomètres de là, les palmeraies du centre de l'Irak lui offrent un peu de répit.

"Partout où on allait, le danger nous retrouvait. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à l'Irak", confie à l'AFP cet homme de 62 ans, cheveux blanc et légère moustache, installé avec sa femme et sa fille dans la bourgade d'Al-Qassem. "C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour fuir le danger. On a vu la mort".

Face à sa petite maison, aux abords d'une route où passent tuk-tuk et camionnettes, s'étendent désormais à perte de vue les hauts palmiers emblématiques de la campagne irakienne dans la province de Babylone.

Plus de 19.200 Libanais sont en Irak, selon l'ONU. Le gouvernement et les autorités religieuses chiites, mais aussi associations caritatives et le Hachd al-Chaabi, anciens paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces régulières, se sont immédiatement mobilisés pour les accueillir.

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Une solidarité illustrant les liens étroits unissant les communautés chiites des deux pays --l'Irak accueillant chaque année une foule de pèlerins libanais convergeant vers leurs lieux saints-- mais aussi une volonté de Bagdad, où dominent des partis pro-Iran, d'épauler le Liban et le Hezbollah.

M. Fawaz a fui les bombardements dans le sud du Liban et s'est réfugié dans la banlieue sud de Beyrouth puis dans un autre secteur en périphérie. "On fuyait de région en région", raconte ce père de quatre enfants, qui éclate en sanglots en évoquant sa famille au pays. "Mes frères sont déplacés dans des écoles, chacun dans une région."

"Meilleur accueil, générosité"

M. Fawaz décide lui de partir, dans un autocar via la Syrie. Il arrive à la frontière irakienne, via un dispositif coordonné par le Hachd al-Chaabi.

Il salue "le meilleur accueil" et la "générosité" en Irak, où il est accueilli par un habitant d'Al-Qassem, qui comme de nombreux autres ont offert de loger des réfugiés libanais.

Mohamed Fawaz loue aussi le gouvernement irakien "qui nous considère comme des invités et non des réfugiés". La guerre a déplacé 1,3 million de personnes, dont plus d'un demi-million ayant fui vers la Syrie voisine.

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Au Liban, les déplacés s'entassent parfois dans des centres d'accueil improvisés et mal équipés. Sinon ils se retrouvent dans des secteurs où leur présence peut susciter des tensions.

L'Irak a facilité l'arrivée des Libanais en prolongeant de plusieurs mois leur visa. Même ceux qui n'ont pas de passeports peuvent obtenir "des documents de voyage", en coordination avec l'ambassade du Liban.

Les enfants pourront être scolarisés dans les écoles irakiennes, selon l'ONU. Environ 62% des Libanais en Irak sont des femmes et des enfants, selon des statistiques onusiennes.

Près de la moitié des nouveaux arrivants sont installés dans les villes saintes chiites de Najaf et de Kerbala, où les autorités religieuses ont réquisitionné les hôtels généralement réservés aux pèlerins. "Faute d'alternatives, nous avons décidé de venir en Irak", confie à l'AFP Jalal Assi, qui évoque les "facilités offertes aux Libanais". "Nous espérons que la situation se calmera pour qu'on puisse rentrer", dit ce quadragénaire installé à Kerbala.

"Là-bas ma maison"

Neemat Moussa, 44 ans et originaire du village de Harriss dans le sud du Liban, se retrouve à Babylone.

A Hilla, chef-lieu de la province, avec son mari, ses deux filles et une tante, tous sont hébergés dans la maison vacante d'un policier irakien. Quand elle va faire des courses, c'est aussi un bienfaiteur local qui les accompagne en voiture pour payer la facture.

"On a choisi l'Irak car c'est un lieu sûr et il n'y a pas de peur", confie-t-elle d'une voix fatiguée. C'est sa première fois, même si son mari était déjà venu en pèlerinage. La guerre lui a pris sa cousine et belle-soeur. Elle parle des morts et de son pays qu'elle veut retrouver, et éclate en sanglots. "Je suis confortablement installée dans une maison, les Irakiens nous font manquer de rien (...) je suis tombée malade on m'a emmenée à l'hôpital", raconte-t-elle.

"Mais ma maison et mon pays me manquent, mes voisins et ma famille aussi", confie-t-elle. "C'est là-bas ma vraie maison."

Déplacé plusieurs fois au Liban pour fuir les bombardements israéliens, Mohamed Fawaz a finalement quitté son pays. A des milliers de kilomètres de là, les palmeraies du centre de l'Irak lui offrent un peu de répit.

"Partout où on allait, le danger nous retrouvait. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à l'Irak", confie à l'AFP cet homme de 62 ans, cheveux blanc et légère moustache, installé avec sa femme et sa fille dans la bourgade d'Al-Qassem. "C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour fuir le danger. On a vu la mort".

Face à sa petite maison, aux abords d'une route où passent tuk-tuk et camionnettes, s'étendent désormais à perte de vue les hauts palmiers emblématiques de la campagne irakienne dans la province de Babylone.

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commentaires (1)

Quand les cannons se tairont, nos compatriotes Chiite devrons repenser leur rapport aux autres libanais, au monde, a notre epoque. Un fois fait, nous pourrons rebatir une nation.

Nadim Audi

18 h 00, le 29 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Quand les cannons se tairont, nos compatriotes Chiite devrons repenser leur rapport aux autres libanais, au monde, a notre epoque. Un fois fait, nous pourrons rebatir une nation.

    Nadim Audi

    18 h 00, le 29 octobre 2024

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