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Monde - Repère

En politique étrangère, Harris dans la continuité, Trump la rupture

En politique étrangère, Harris dans la continuité, Trump la rupture

Kamala Harris et Donald Trump ont deux visions différentes sur la politique étrangère des États-Unis. Photos Brendan Smialowski et Jim Watson/AFP

Ukraine, Gaza, Iran, Chine : en politique étrangère, tout oppose Kamala Harris et Donald Trump, alors que la vice-

présidente démocrate s’inscrit dans la continuité de Joe Biden et privilégie une approche multilatérale.

Le candidat républicain et ancien président des États-Unis (2017-2021) vante lui « l’Amérique d’abord ». Il taxe l’administration Biden, et donc la vice-

présidente, de « faiblesse », dans un monde selon lui en « flammes » de l’Ukraine au Moyen-Orient, et promet de mettre fin aux guerres.

Voici un aperçu de leurs positions sur quelques grands dossiers internationaux, à une semaine de l’élection présidentielle du 5 novembre :

L’Ukraine

La vice-présidente de 60 ans affiche un soutien « inébranlable » à l’Ukraine, comme elle l’a assuré devant le président Volodymyr Zelensky lors de sa visite à Washington en septembre. Difficile pour elle de faire autrement, alors qu’elle participe à toutes les décisions du président américain, qui a pris la tête d’une coalition de pays soutenant l’Ukraine après l’invasion russe en février 2022. Elle devrait poursuivre cette politique et continuer à fournir quantité d’armes à l’Ukraine, en dénonçant, a contrario, le fait que Donald Trump prône rien de moins qu’une « capitulation » face au président russe Vladimir Poutine. « Si Donald Trump était président, Poutine serait assis à Kiev en ce moment même », a-t-elle soutenu.

Le magnat de 78 ans, aux relations plus tendues avec M. Zelensky, estime que « cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu » et il « blâme en grande partie » le président Biden. Il loue sa « très bonne relation » avec Vladimir Poutine, dénonce les montants faramineux débloqués par Washington et promet de résoudre la guerre, sans préciser comment. « L’Ukraine, notez-le bien, n’est plus l’Ukraine », a-t-il affirmé dans un récent podcast.

Le Moyen-Orient

Alors que le républicain estime que l’Amérique n’a jamais été aussi peu respectée dans le monde, la démocrate se montre ferme sur la diplomatie tout en s’essayant à un rééquilibrage sur Gaza.

Mais Kamala Harris s’inscrit là encore dans la lignée de Joe Biden, et n’a pas donné de signes qu’elle changerait fondamentalement de stratégie, notamment s’agissant du soutien américain à Israël. Elle défend vigoureusement « le droit d’Israël à se défendre », mais promet de « se battre pour que les Palestiniens puissent concrétiser leur droit à la dignité, à la liberté, à la sécurité et à l’autodétermination ».

À l’inverse de Donald Trump, qui a incité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à « finir le boulot », elle prône la fin de la guerre dans la bande de Gaza après la mort du chef du Hamas Yahya Sinouar. Donald Trump assure qu’« il n’y aurait jamais eu de 7 octobre en Israël », en référence à l’attaque du Hamas, sous sa garde. D’ailleurs, s’il gagne, « nous aurons à nouveau la paix dans le monde. C’est garanti ». Il accuse Kamala Harris de « détester Israël », vante ses liens avec l’Arabie saoudite notamment, et assure que Gaza « pourrait être encore mieux que Monaco ». « Si elle devient présidente, je crois qu’Israël n’existera plus d’ici à deux ans », a-t-il dit.

Sur l’Iran, tous deux affichent une ligne dure, mais Donald Trump accuse l’administration Biden d’avoir laissé Téhéran, ennemi juré des États-Unis, « s’enrichir » malgré les sanctions, et d’avoir par sa faiblesse permis à l’Iran d’attaquer Israël par deux fois, en avril et début octobre.

Rivalité avec la Chine

Les deux candidats érigent la Chine comme le principal adversaire stratégique des États-Unis. La vice-présidente estime cependant que lorsqu’il était aux manettes, Donald Trump « nous a grosso modo vendu alors qu’une politique vis-à-vis de la Chine devait s’assurer que les États-Unis remporteraient la compétition du XXIe siècle ».

L’ancien président note, non sans raison, que l’administration Biden a largement conservé les droits de douane qu’il avait mis en place sur un certain nombre de produits chinois.

Si elle devenait présidente, Mme Harris devrait poursuivre la politique actuelle de stabilisation des relations entre Washington et Pékin, et de gestion « responsable » de leurs différends. M. Trump se veut plus agressif contre un pays qu’il qualifie d’ennemi, mais il a pu questionner le soutien des États-Unis à Taïwan en cas d’invasion chinoise.

L’OTAN et les alliances

Le contraste ne saurait être plus grand. Kamala Harris se félicite que les États-Unis aient rétabli leurs alliances sous Joe Biden, y compris au sein de l’OTAN, malmenées sous Donald Trump. Elle juge que son rival est la « risée » des dirigeants internationaux.

Donald Trump entretient, lui, le doute. Il a provoqué un tollé en disant qu’il encouragerait Poutine à « faire ce qu’il veut » si un pays de l’OTAN ne respectait pas ses engagements financiers envers l’alliance.

Les années Trump ont été marquées par une rupture avec des accords multilatéraux comme sur le climat ou le nucléaire iranien, des guerres économiques et des rencontres avec le leader nord-coréen Kim Jong-un.

Kamala Harris a juré qu’elle ne ferait « pas ami-ami avec les dictateurs ».

Léon BRUNEAU/AFP

Ukraine, Gaza, Iran, Chine : en politique étrangère, tout oppose Kamala Harris et Donald Trump, alors que la vice-présidente démocrate s’inscrit dans la continuité de Joe Biden et privilégie une approche multilatérale.Le candidat républicain et ancien président des États-Unis (2017-2021) vante lui « l’Amérique d’abord ». Il taxe l’administration Biden, et donc la vice-présidente, de « faiblesse », dans un monde selon lui en « flammes » de l’Ukraine au Moyen-Orient, et promet de mettre fin aux guerres.Voici un aperçu de leurs positions sur quelques grands dossiers internationaux, à une semaine de l’élection présidentielle du 5 novembre :L’Ukraine La vice-présidente de 60 ans affiche un soutien « inébranlable » à l’Ukraine, comme elle l’a assuré...
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