Des Palestiniens inspectant les lieux d’une frappe nocturne israélienne sur Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 27 octobre 2024. Photo AFP
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est « choqué par le nombre atroce de morts, de blessés et de destruction dans le nord » de la bande de Gaza, a déclaré dimanche son porte-parole. Le même jour, de nouvelles frappes ont été lancées dans la zone, notamment à Jabalia, où l’armée israélienne mène depuis le 6 octobre une offensive terrestre et aérienne dévastatrice et meurtrière pour empêcher selon elle le Hamas de regrouper ses forces. « La détresse des civils palestiniens pris au piège dans le nord de la bande de Gaza est insupportable », a dénoncé le chef de l’ONU dans un communiqué, décrivant des « civils piégés sous les décombres, des malades et des blessés privés de soins de santé vitaux, et des familles manquant de nourriture et d’abris ».
L’armée a d’abord encerclé Jabalia et appelé la population à évacuer vers le sud, mettant en place des points de passage pour contrôler les habitants. L’opération a été ensuite élargie sur une zone comprenant la ville de Beit Lahia, plus au nord, et ses environs. Depuis le début de l’opération à Jabalia, environ 45 000 personnes ont quitté la région pour se réfugier plus au sud, dans et autour de la ville de Gaza, a précisé vendredi l’armée israélienne.
Une école prise pour cible
À l’hôpital al-Ahli de Gaza, Jihad Muqat pleurait dimanche la mort de sa femme et de ses deux petites filles, dont les corps ont été retirés des décombres à Jabalia. « Aline était l’aînée, ma chère Lulu, elle avait trois ans et demi, et Sama avait 12 jours. J’ai aussi enterré auparavant ma fille Lara, elle avait deux ans », dit-il le visage éploré. Au moins neuf Palestiniens, dont une enfant, ont également été tués dimanche dans une frappe israélienne sur l’école Asmaa, située à l’intérieur du camp de réfugiés d’al-Chati et transformée en abri pour personnes déplacées aux abords de la ville de Gaza, ont annoncé les secours. Plusieurs blessés ont également été transportés à l’hôpital al-Chifa de la ville.
Contactée, l’armée israélienne a indiqué « vérifier » l’information. « Nous avons vu un (avion de chasse) détruire l’école où vivaient des gens et des enfants » qui « ont été déchiquetés » par l’explosion, a raconté un témoin, Thaër al-Rantissi. L’école abritait « un grand nombre de gens ayant fui la région de Jabalia et le nord de la bande de Gaza » où l’armée israélienne mène une offensive contre le Hamas, a expliqué Hussein Mohsen, responsable des services d’ambulances au sein des secours de la ville. « Ce n’est pas la première fois que les avions israéliens visent des écoles », a-t-il ajouté, l’armée israélienne accusant le Hamas de se cacher parmi les réfugiés et d’utiliser les bâtiments comme centres de commandement, ce qu’il dément.
Les pourparlers pour un cessez-le-feu
De nouvelles négociations étaient prévues dimanche à Doha entre Israéliens, Américains et Qataris pour évoquer la possibilité d’une trêve à Gaza associée à une libération d’otages. Pour le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, des « concessions douloureuses » sont nécessaires pour « ramener nos otages à la maison ». En plus d’un an de guerre dans l’enclave palestinienne, seule une trêve d’une semaine avait pu être conclue en novembre 2023, toutes les autres tentatives ayant échoué en raison des positions maximalistes des parties belligérantes. Le chef du Mossad, David Barnea, devait ainsi rencontrer à Doha le chef de la CIA, William Burns, et le Premier ministre qatari pour discuter des « différentes options pour reprendre les négociations sur la libération des otages », d’après la même source.
De nouvelles formules devraient être proposées pour ouvrir la voie à des avancées avant la présidentielle américaine du 5 novembre. Selon le journal saoudien al-Chark al-Awsat, de hauts responsables du Hamas entendaient proposer à Doha un accord unique comprenant la libération de tous les otages détenus à Gaza en échange de la libération des prisonniers palestiniens et d’un retrait complet d’Israël de la bande de Gaza. Un haut responsable du mouvement a déclaré au quotidien que le groupe était prêt à entendre « les nouvelles propositions des pays médiateurs, mais nous préférons un accord global qui mènera à la fin de la guerre ». Médiateur-clé, Le Caire a pour sa part proposé « un cessez-le-feu de deux jours pour libérer quatre otages et certains prisonniers palestiniens », a déclaré le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, cité notamment dans le quotidien israélien Haaretz.


