Pékin a déployé 19 aéronefs, dont des avions de chasse et des drones, dans le cadre d’une « patrouille conjointe de préparation au combat » conduite près de Taïwan pendant près de quatre heures, avec des navires de guerre, a déclaré le ministère taïwanais de la Défense. Il s’agit de la troisième patrouille de ce type signalée par le même ministère en octobre. « L’armée taïwanaise a suivi de près la situation grâce à des systèmes conjoints de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, et a déployé des avions, des navires de guerre et des systèmes de missiles basés à terre en guise de réponse appropriée », a précisé le ministère.
La Chine avait condamné samedi soir la vente à Taïwan de systèmes de missiles américains approuvée vendredi par Washington, dénonçant une action qui « nuit gravement aux relations sino-américaines », « viole gravement la souveraineté et les intérêts de sécurité de la Chine » et « met en péril la paix » dans la région. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères précise que Pékin pourrait prendre « toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement (sa) souveraineté nationale, (sa) sécurité et (son) intégrité territoriale ». La transaction d’un montant de 1,16 milliard de dollars, qui doit encore être validée par le Congrès, comprend différents systèmes antiaériens, dont des Nasams et 123 missiles, selon l’agence américaine chargée de la vente de matériel militaire à l’étranger. Une autre vente annoncée vendredi porte sur des systèmes de radars pour un montant total de 828 millions de dollars. L’équipement sera directement prélevé sur les stocks de l’armée de l’air américaine.
Les États-Unis ne reconnaissent pas Taïwan comme un État et considèrent la République populaire de Chine comme seul gouvernement légitime, mais apportent néanmoins à Taipei une aide militaire importante. La Chine considère pour sa part Taïwan comme une partie de son territoire qu’elle n’a pas encore pu réunifier avec le reste, depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Si elle dit privilégier une « réunification pacifique », elle n’a jamais renoncé à employer la force militaire et envoie régulièrement navires de guerre et avions de chasse autour de l’île.


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