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Politique - Guerre Au Liban

Frappe inédite sur Haret Saïda, un centre de secouristes visé à Aïn Baal : dimanche meurtrier au Liban

Le Hezbollah mène une série d'attaques de drones et dit avoir repoussé des avions de chasse israéliens au-dessus du Liban-Sud et un drone survolant la Békaa.

Frappe inédite sur Haret Saïda, un centre de secouristes visé à Aïn Baal : dimanche meurtrier au Liban

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne sur Haret Saïda, le 27 octobre 2024. Mahmoud Zayyat / AFP

Une frappe de drone israélien a touché dimanche pour la première fois depuis le début de la guerre Haret Saïda, un faubourg de la grande ville du Liban-Sud, à une soixantaine de km de la frontière avec Israël, faisant neuf morts et 25 blessés. L'après-midi a été marquée par d'autres frappes violentes sur le Liban-Sud, notamment sur une école de l'Unrwa, également une première, et un centre de secouristes affilié au mouvement Amal, tous deux situés dans la région de Tyr. Ces bombardements ont fait à eux seuls au moins 21 tués.

Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, un appartement dans lequel se trouvaient des personnes déplacées du Sud à Haret Saïda a été entièrement détruit, alors qu'une voiture était également la cible des tirs de drones. Le bilan final du ministère libanais de la Santé fait état de neuf personnes tuées et 38 autres blessées.

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Des dégâts ont été signalés dans des immeubles avoisinants. Selon un correspondant de l'AFP sur place, un immeuble de trois étages a été touché, son dernier étage entièrement détruit et des dizaines de commerces voisins ont été endommagés. L'armée libanaise a bloqué les accès au secteur, alors que des ambulances évacuaient les victimes. L'attaque n'a pas été précédée par un appel d'Israël à évacuer la zone. Hussein Fneich, affilié au Hezbollah, ainsi que sa femme et son fils, ont été tués dans la frappe de drone, ajoute notre correspondant. Il n'est toujours pas clair quelles fonctions la victime occupait au sein du parti chiite.

Des appels au don de sang ont été lancés.

Frappe près d'une école de l'Unrwa

Plus au sud, à Bourj el-Chemali, à l'est de Tyr, c'est une frappe à proximité d'une école affiliée à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) qui a fait cinq morts, ont rapporté des habitants contactés par notre correspondant. 

Cette école de l'Unrwa, dénommée « Palestine » se trouve en dehors du camp de réfugiés palestiniens de Bourj el-Chemali, à l'intérieur de ce village. Elle accueille des déplacés du Liban-Sud, selon des informations de notre correspondant. L'Unrwa et le maire de Bourj el-Chemali, Ali Dib, ont insisté dans des communiqués distincts que le tir de drone n'avait pas visé directement l'école mais sa périphérie. Peu après la frappe, le mouvement Amal a annoncé la mort de trois de ses hommes, tous originaires de ce village de la périphérie de Tyr : Hassan Chebli, né en 1992 ; Ahmad Mrad, né en 1977, et Sobhi Chebli, né en 1955. Selon des sources locales contactées par notre correspondant, les trois se trouvaient à l'intérieur de l'école touchée par le drone israélien. Deux d'entre eux sont qualifiés par le mouvement Amal comme des « combattants ».

Sept morts à Aïn Baal

Peu après la frappe sur Bourj el-Chemali, un autre raid aérien meurtrier s'est abattu sur la région de Tyr. Ce bombardement a touché un centre de soins des secouristes des Scouts de la mission islamique, affiliés au mouvement Amal, à Aïn Baal et fait sept morts. Le parti du président de la Chambre, Nabih Berry, a annoncé après ce bombardement la mort de trois de ses hommes : deux secouristes, Hassan Jechi, né en 1996 et Mahdi Abdel Rida, né en 2003, ainsi qu'un combattant, Hassan Keyki, né en 1981. Ces trois hommes étaient originaires de la localité. Puis, les informations de notre correspondant ont fait état de quatre femmes tuées, dont une infirmière. Avec ce raid, le bilan total des secouristes tués au Liban depuis le 8 octobre 2023 est de 168 morts.

Alors que des dizaines d'autres localités du Liban-Sud ont également été bombardées tout au long de la journée, notamment dans le caza de Jezzine, des informations faisaient état dans la matinée de cinq morts dans une frappe à Chéhabiyé, et deux autres à Chhour.

Et dans la Békaa, trois personnes ont été tuées et trois autres blessées dans une frappe israélienne ayant touché un véhicule à Hoch Barada (Baalbeck), selon notre correspondante locale Sarah Abdallah.

Le Hezbollah a de son côté revendiqué jusqu'à présent une vingtaine d'attaques, que ce soit contre des soldats israéliens en territoire libanais, notamment dans la périphérie de Houla (Marjeyoun) et de Aïtaroun (Bint Jbeil), que contre des localités frontalières ou plus en profondeur sur le territoire libanais. Parmi ses opérations, il a affirmé avoir mené huit attaques au drone piégé et avoir repoussé « des avions » de chasse dans l'espace aérien, dans le Sud, et un drone au-dessus de la Békaa. 

Avis d'évacuation

L'armée israélienne a quant à elle affirmé avoir éliminé vendredi le commandant du Hezbollah pour la région de Bint Jbeil, Ahmad Jaafar Maatouk, ainsi que son second. Le porte-parole arabophone de l'armée Avichay Adraee a appelé pour sa part les habitants de 14 villages du Liban-Sud à évacuer leurs habitations au nord du fleuve Awali, affirmant que la troupe allait attaquer des infrastructures ou des combattants du Hezbollah. Il s'agit des villages de Teffahta, Ghassaniyé, Babiliyé, Arariyé, Qaybé, Habbouche, Kfar Remmane, Arnoun, Yohmor, Khiam, Kherbé, Arab el-Louaiziyé, Marwaniyé et Deir Seriane.

Dans ce contexte tendu, le ministère libanais des Affaires étrangères a déposé dimanche une nouvelle plainte au Conseil de sécurité de l'ONU en raison des « agressions israéliennes contre le Liban entre le 15 et le 24 octobre 2024 ».

Une frappe de drone israélien a touché dimanche pour la première fois depuis le début de la guerre Haret Saïda, un faubourg de la grande ville du Liban-Sud, à une soixantaine de km de la frontière avec Israël, faisant neuf morts et 25 blessés. L'après-midi a été marquée par d'autres frappes violentes sur le Liban-Sud, notamment sur une école de l'Unrwa, également une première, et un centre de secouristes affilié au mouvement Amal, tous deux situés dans la région de Tyr. Ces bombardements ont fait à eux seuls au moins 21 tués. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, un appartement dans lequel se trouvaient des personnes déplacées du Sud à Haret Saïda a été entièrement détruit, alors qu'une voiture était également la cible des tirs de drones. Le bilan final du ministère libanais de la Santé fait...
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