Maha el-Khalil Chalabi, présidente du Comité libanais pour la sauvegarde de Tyr, dénonce le bombardement israélien qui a frappé Tyr et sa région, ciblant à la fois des vies humaines et le patrimoine, notamment dans la vieille ville.
« Dès le début de la guerre flagrante contre le Liban, j’ai alerté l’Unesco, exhortant la directrice générale et le président du Comité du patrimoine mondial à prendre d’urgence les mesures nécessaires pour protéger Tyr et Baalbeck des attaques.
« J’ai également pris contact avec l’ambassadeur le Dr Moustapha Adib, délégué permanent du Liban auprès de l’Unesco, afin de demander à l’institution de mettre en œuvre les résolutions internationales qui interdisent, en temps de guerre, la destruction des sites classés au patrimoine mondial, et d’assurer la protection de leurs environs, ainsi garantissant la sécurité des habitants et de leur patrimoine.
« J’ai insisté sur l’importance de rétablir la considération de l’ancien périmètre de Tyr, que nous avions réussi à inscrire au Patrimoine mondial en 1984. Ce périmètre archéologique très vaste englobait « Paléo-Tyr », la Tyr continentale, couvrant une grande partie de la région de Tyr, de Sarafand à Qana jusqu’aux abords de Naqoura. En 1996, à la demande des autorités libanaises, ce vaste périmètre de protection a malheureusement été considérablement réduit, ne laissant sous la protection de l’Unesco que les sites archéologiques de la vieille ville. Cela a permis, aujourd’hui, à l’ennemi israélien de cibler et bombarder avec force non seulement les environs de Tyr, mais aussi la vieille ville elle-même.
« Grâce à nos efforts soutenus et à l’intervention déterminante de l’ambassadeur du Liban auprès de l’Unesco, nous avons obtenu une décision cruciale du conseil exécutif de l’Unesco, appelant Israël à respecter le patrimoine historique de Tyr et de Baalbeck ainsi que leurs environs. Il semble cependant que l’ennemi ait intensifié ses attaques de « nettoyage » avant que cette décision ne prenne effet.
« Moustapha Adib a renouvelé ses contacts avec la directrice générale de l’Unesco, qui a confirmé avoir déjà informé la partie israélienne de la résolution et continue d’exercer des pressions pour faire cesser ces agressions. »

