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Moyen-Orient - Guerre

L'armée israélienne continue ses attaques sur le nord de Gaza : des abris pris d'assaut, nombreuses arrestations

Une école de Jabalia a été prise d'assaut et incendiée, des hommes y ont été arrêtés.

L'armée israélienne continue ses attaques sur le nord de Gaza : des abris pris d'assaut, nombreuses arrestations

Des Palestiniens transportent leurs affaires alors qu'ils fuient les zones situées au nord de la ville de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, le 12 octobre 2024. Photo AFP/ OMAR AL-QATTAA

L'armée israélienne a fait exploser des maisons et assiégé des écoles et des abris pour personnes déplacées lundi à Jabalia, dans le nord de Gaza, où elle poursuit son offensive violente. Elle a également rassemblé des hommes, dont le sort n'est pas connu pour le moment, et ordonné aux femmes et enfants de quitter ce camp de réfugiés, selon les témoignages d'habitants et de médecins.

Les médecins de l'Hôpital indonésien dans la région de Jabalia ont affirmé à Reuters que les troupes israéliennes ont pris d'assaut une école et arrêté des hommes avant de mettre le feu à l'établissement. L'incendie a atteint les générateurs de l'hôpital et a provoqué une coupure de courant, ont-ils ajouté. Les responsables de la santé ont déclaré avoir refusé les ordres de l'armée israélienne, qui a entamé une nouvelle incursion dans le nord du territoire palestinien il y a plus de deux semaines, d'évacuer les trois hôpitaux de la région ou de laisser les patients sans surveillance. Les troupes sont restées à l'extérieur de l'hôpital sans y entrer.

Les médecins d'un deuxième hôpital, Kamal Adwan, ont signalé des tirs israéliens nourris près de l'hôpital pendant la nuit. « L'armée brûle des écoles à côté de l'hôpital et personne ne peut entrer ou sortir de l'établissement sanitaire », a indiqué une infirmière de l'hôpital indonésien, qui a demandé à ne pas être nommée. Les autorités sanitaires palestiniennes ont déclaré que les frappes israéliennes avaient tué 18 personnes à Jabalia et huit autres dans le reste de la bande de Gaza.

L'armée israélienne a de son côté annoncé que ses troupes « poursuivaient leurs opérations terrestres » dans la bande de Gaza. Elle a déclaré dans un communiqué qu'au cours de la journée écoulée, les troupes avaient « démantelé des infrastructures militantes et des tunnels et tué des combattants » dans la région de Jabalia. Elle n'a pas commenté la situation immédiate des hôpitaux et des camps. Israël a intensifié ses raids à Gaza et au Liban quelques jours après que l'assassinat du chef du Hamas, Yahya Sinouar, a fait naître l'espoir d'une ouverture des négociations en vue d'un cessez-le-feu qui mettrait fin à plus d'un an de conflit.

L'État hébreu s'est juré d'éradiquer les militants du Hamas qui contrôlaient auparavant la bande de Gaza, mais pour y parvenir, il a dévasté une grande partie du territoire et tué des dizaines de milliers de personnes. Plus de 1,9 million de personnes se sont retrouvées sans abri dans un contexte de crise humanitaire.

À court de matériel médical

Hadil Obeid, infirmière responsable à l'hôpital indonésien, où 32 patients sont actuellement traités, a déclaré qu'il n'y avait plus de fournitures médicales. « La gaze stérile est en train de s'épuiser et il n'y a pas de médicaments à leur donner », a-t-elle déclaré à Reuters par le biais d'une application de chat. Mme Obeid a indiqué que l'approvisionnement en eau avait été coupé et qu'il y avait de la nourriture pour le quatrième jour consécutif. Elle a lancé un appel aux organisations internationales pour qu'elles agissent afin de sauver les blessés.

Les Nations unies ont déclaré qu'elles n'avaient pas été en mesure d'atteindre les trois hôpitaux du nord de la bande de Gaza. Elles exigent que l'aide soit autorisée à pénétrer dans les zones du nord de Gaza. Le Bureau des droits de l'homme des Nations unies s'est déclaré « de plus en plus préoccupé par le fait que la manière dont l'armée israélienne mène les hostilités dans le nord de Gaza, ainsi que les interférences illégales avec l'aide humanitaire et les ordres qui conduisent à des déplacements forcés, peuvent entraîner la destruction de la population palestinienne dans le gouvernorat le plus septentrional de Gaza par la mort et les déplacements de population ».

Israël affirme qu'il fait parvenir de grandes quantités de fournitures humanitaires à Gaza par des livraisons terrestres et des largages aériens. Il affirme également avoir facilité l'évacuation des patients de l'hôpital Kamal Adwan. Les Palestiniens affirment qu'aucune aide n'est entrée dans les zones du nord de Gaza où l'opération est active.

Les résidents et le corps médical ont déclaré que l'armée israélienne avait resserré son siège sur Jabalia, le plus grand des huit camps de réfugiés historiques de l'enclave, qu'elle a encerclé en envoyant des chars dans les villes voisines de Beit Hanoun et de Beit Lahiya et en donnant des ordres d'évacuation aux résidents. « Nous sommes confrontés à la mort sous les bombes, à la soif et à la faim », a déclaré Raed, un résident du camp de Jabalia. « Jabalia est en train d'être anéantie et il n'y a aucun témoin de ce crime, le monde se voile la face ».

Les responsables israéliens ont déclaré que les ordres d'évacuation visaient à séparer les combattants du Hamas des civils et ont nié l'existence d'un plan systématique visant à évacuer les civils de Jabalia ou d'autres zones du nord de la bande de Gaza. Les forces opérant dans le nord de la bande de Gaza ont tué des dizaines d'hommes armés du Hamas et démantelé des infrastructures.

Le Hamas a accusé Israël de se livrer à des actes de « génocide et de nettoyage ethnique » à l'encontre des habitants du nord de la bande de Gaza pour les forcer à partir. La branche armée du Hamas a déclaré que des combattants avaient attaqué les forces en présence avec des roquettes antichars et des tirs de mortier, et qu'ils avaient fait exploser des bombes déjà placées contre des troupes à l'intérieur de chars et stationnées dans des maisons. Ailleurs dans l'enclave, des frappes israéliennes ont tué au moins cinq personnes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et quatre dans deux frappes distinctes dans la ville de Gaza, ont indiqué des médecins.

Sinouar était l'un des cerveaux de l'attaque transfrontalière du 7 octobre 2003 contre des communautés israéliennes, qui a fait environ 1 200 morts et 253 otages ramenés à Gaza, selon les décomptes israéliens. La guerre menée ensuite par Israël a dévasté la bande de Gaza, tuant plus de 42 500 Palestiniens, et 10 000 autres morts non recensés gisent sous les décombres, selon les autorités sanitaires de la bande de Gaza. 


Cet article est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche de l'agence Reuters publiée en anglais. 

L'armée israélienne a fait exploser des maisons et assiégé des écoles et des abris pour personnes déplacées lundi à Jabalia, dans le nord de Gaza, où elle poursuit son offensive violente. Elle a également rassemblé des hommes, dont le sort n'est pas connu pour le moment, et ordonné aux femmes et enfants de quitter ce camp de réfugiés, selon les témoignages d'habitants et de médecins.Les médecins de l'Hôpital indonésien dans la région de Jabalia ont affirmé à Reuters que les troupes israéliennes ont pris d'assaut une école et arrêté des hommes avant de mettre le feu à l'établissement. L'incendie a atteint les générateurs de l'hôpital et a provoqué une coupure de courant, ont-ils ajouté. Les responsables de la santé ont déclaré avoir refusé les ordres de l'armée israélienne, qui a entamé une nouvelle...
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