Vue prise à partir de la salle des pas perdus, au Palais de justice de Beyrouth, vers les étages supérieurs. Photo C.A.
C’est au mardi 29 octobre que le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Bilal Halaoui, a reporté jeudi l’audience liée à l’affaire Optimum Invest (société de courtage) dans laquelle l’ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, est présumé impliqué.
L’audience devait se consacrer à l’audition des avocats Micky Tuéni, conseiller à la BDL, et Marwan Issa el-Khoury, neveu de M. Salamé, qui seraient tous deux concernés par des virements bancaires (environ 44 millions de dollars) effectués à partir de la société Optimum Invest vers le compte de « consultations » de la BDL et vers leurs propres comptes. Tant M. Salamé que MM. Tuéni et Issa el-Khoury se défendent de toute malversation. Il reste que le premier est arrêté par la justice depuis le 3 septembre, tandis que les deux autres, entendus auparavant en tant que témoins, font désormais l’objet de poursuites du parquet financier, après la levée de leur immunité par le conseil de l’ordre des avocats de Beyrouth, décidée en septembre dernier. M. Tuéni n’avait pas fait appel de la décision du conseil, contrairement à M. Issa el-Khoury, que la cour d’appel présidée par Ayman Oueidate a débouté jeudi matin.
La séance tenue jeudi n’a pas traité du fond du dossier, et ce pour une raison procédurale: le bureau d’avocats dirigé par l’ancien ministre Ibrahim Najjar, représentant de la BDL, n’a pas encore reçu l’autorisation du bâtonnier de Beyrouth, Fadi Masri, de se constituer partie civile contre MM. Tuéni et Issa el-Khoury. Interrogée par L’Orient-Le Jour, une source du Palais de justice affirme que M. Masri avait réceptionné le 7 octobre une requête de M. Najjar en ce sens, soulignant qu’il compte la satisfaire sans attendre l’expiration du délai légal d’un mois dont il dispose pour trancher.
Une autre source informée indique que MM. Tuéni et Issa el-Khoury n’ont pas comparu personnellement devant M. Halaoui. Chacun d’eux entendait lui présenter des exceptions de procédure, pour lesquelles la loi permet de se faire représenter par leurs avocats lesquels n’ont cependant pas été en mesure de soumettre ces exceptions au juge, car n’ayant pas encore obtenu l’autorisation de porter plainte contre leurs deux confrères, les avocats de la BDL n’auraient pas pu en être notifiés.
Hélène Iskandar demande à se joindre
Si la BDL a été admise à se joindre à l’affaire Optimum Invest, tel n’est toujours pas le cas pour le département du contentieux de l’État, chargé de défendre les intérêts de l’État. Sa chef, Hélène Iskandar, avait demandé au juge Halaoui de lui permettre de se constituer partie civile et d’assister donc aux séances qu’il tient dans ce cadre. Mais M. Halaoui lui avait refusé ses demandes, au motif qu’elle ne lui avait pas soumis une autorisation du ministre des Finances et qu’elle n’avait pas prouvé sa qualité à se joindre au dossier. Mme Iskandar avait contesté sa décision devant la chambre d’accusation de Beyrouth, laquelle a rejeté son appel en la forme, au motif que le juge a exprimé son refus oralement et non par écrit.
Une source judiciaire affirme à L’OLJ que la chef du contentieux de l’État a présenté jeudi une demande écrite pour se joindre cette fois au dossier de poursuites lancé contre MM. Tuéni et Issa el-Khoury. Le juge Halaoui n’a pas encore fait suite à sa demande d’enregistrer sa requête, selon nos informations.
Forry Associates
Un autre dossier auquel Mme Iskandar voudrait participer est celui de Forry Associates Ltd. Entre 2002 et 2015, cette société de courtage aurait obtenu 330 millions de dollars de commissions sur la vente de titres financiers de la banque centrale. Accusés d’avoir détourné ces montants, Riad Salamé, son frère Raja et son ancienne assistante Marianne Hoayek nient toute infraction.
Pour demander, au nom de l’État, la restitution des fonds en cas de condamnation, Mme Iskandar s’était jointe, en mars 2023, au dossier de poursuites établi par le parquet peu auparavant. Dans ce sillage, elle avait interjeté appel contre une décision de l’ancien premier juge d’instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra, de laisser libre Riad Salamé, le 3 août 2023, après l’avoir interrogé. Elle avait obtenu gain de cause, mais face aux multiples recours portés par ce dernier, elle avait voulu se désister de la décision d’annulation du maintien en liberté de l’ex-gouverneur, demandant que le dossier revienne auprès du juge Halaoui, successeur de Charbel Abou Samra. C’est finalement la chambre d’accusation présidée par Nassib Élia, que Riad Salamé n’a pas attaqué en justice, qui a accepté, le 8 octobre, de prendre acte de sa requête. L’instruction du dossier de Forry Associates devrait donc être poursuivie par M. Halaoui, lequel n’a pas encore fixé une date d’audience.
Une source judiciaire a affirmé à L’OLJ qu’après une première demande de remise en liberté rejetée le mois dernier par le premier juge d’instruction, Riad Salamé a présenté tout récemment une nouvelle demande en ce sens. M. Halaoui aurait transmis ce recours au parquet de cassation pour un avis consultatif.



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Assez de cinoche et attendons la fin de cette guerre qui nous a été imposée par ceux-là memes qui ont pillé le pays pour les juger avec de nouveaux juges honnêtes et qui n’épargneraient aucun d’eux.
10 h 49, le 18 octobre 2024