Les forces de sécurité israéliennes et les premiers intervenants se rassemblent sur le site d'une frappe de drone près de la ville de Binyamina, dans le nord d’Israël, le 13 octobre 2024, en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah. Oren Ziv/AFP
Dimanche, le Hezbollah a mené son attaque la plus marquante depuis le début des affrontements avec Israël en octobre 2023, tuant quatre soldats israéliens et en blessant 67 autres dans une seule frappe par drone ayant visé la cantine d’une base militaire à Binyamina, au sud de la ville de Haïfa, à plus de 60 km de la frontière libano-israélienne. Avant celle-ci, l’attaque du Hezbollah qui avait causé le plus de blessés était un tir de roquette sur un centre communautaire à Arab al-Aramshe en avril dernier qui avait tué un soldat de réserve et blessé 17 autres personnes.
Dans un communiqué, le Hezbollah a ainsi déclaré dimanche soir avoir lancé des dizaines de missiles sur diverses cibles dans les villes de Nahariya et Acre pour occuper les systèmes de défense aérienne israéliens, tout en lançant en même temps « des escadrons de drones, dont certains utilisés pour la première fois, vers différentes zones à Acre et Haïfa ». Le groupe a ajouté que les drones avaient atteint leur cible avec succès dans un camp d’entraînement de la brigade d’élite Golani à Binyamina.
Le quotidien israélien Haaretz a rapporté qu'une enquête initiale menée par l'armée de l'air israélienne indique que « trois drones ont été lancés dans la nuit de dimanche à lundi, l'un a été abattu par un bateau de la marine israélienne, le deuxième par le Dôme de fer, et le contact avec le troisième - celui qui est à l'origine de l'attaque - a été perdu au nord d'Acre ».
Selon le Haaretz, le drone « volait à l'aide d'un système GPS, ce qui permet une frappe précise sur la cible » et ne nécessite pas que quelqu'un le dirige pendant le vol.
Le conflit entre le Hezbollah et Israël a dégénéré en une guerre totale le 23 septembre 2024 quand ce dernier est passé à l’offensive, lançant une vaste campagne de bombardements contre le sud et l’est du Liban, suivie peu après par le pilonnage de la banlieue sud de Beyrouth et par les prémices d’une opération terrestre au Liban-Sud. Depuis octobre dernier, plus de 2 300 personnes ont été tuées dans des attaques israéliennes au Liban, selon le ministère de la Santé, dont la majorité ces trois dernières semaines.
Que savons-nous de l’attaque de dimanche ?
Selon Nicholas Blanford, chercheur à l’Atlantic Council contacté par L’Orient Today, le drone, qui était entré en Israël par la mer, était suivi par l’armée israélienne avant de disparaître de ses radars. « On peut supposer que celui qui pilotait le drone a baissé son altitude afin d’échapper au radar israélien et que le drone est devenu invisible peu avant de frapper sa cible », explique-t-il, ajoutant qu’il n’est pas encore clair si le Hezbollah a utilisé le drone Ababil-T ou le Sayyad 107.
D’après le journal israélien Yediot Aharonot, le Sayyad 107 a une portée d’environ 100 kilomètres et une envergure de 1,5 à 2 mètres. « Des drones de ce type ont infiltré l’espace aérien israélien à plusieurs reprises pendant la guerre en cours, causant des dommages aux infrastructures et aux bâtiments », a précisé le journal. Yediot Aharonot a également rapporté que le trajet de vol du Sayyad 107 peut être programmé pour « changer fréquemment d’altitude et de direction, ce qui rend sa détection et son suivi difficiles, sa détection reposant sur la chaleur émise par le moteur, ce qui est également difficile à identifier par des moyens optiques ». « Il est possible que le drone ait été préprogrammé pour descendre brusquement vers le sol ou la mer et continuer à voler à basse altitude, exploitant le terrain côtier puis les collines de la plaine côtière pour échapper aux intercepteurs », a ajouté le journal
Le drone Ababil-T iranien, également connu sous le nom de Mirsad-1, a lui une portée d’assaut de 120 kilomètres, une vitesse maximale de 370 kilomètres par heure, la capacité de transporter jusqu’à 40 kilos d’explosifs et peut voler à des altitudes allant jusqu’à 3 000 mètres, selon le centre de recherche israélien Alma – un centre controversé car étroitement lié à l’armée israélienne. Selon la station de radio de l’armée israélienne, le drone aurait tiré une roquette avant de s’écraser dans un espace de restauration à l’intérieur de la base. Nicholas Blanford explique que si cela est vrai, il doit s’agir d’un missile S5, un ancien missile de l’ère soviétique, que le Hezbollah a utilisé pour la première fois dans le conflit actuel en mai lors d’une attaque visant le village israélien de Metula, près de la frontière avec le Liban.
Toujours d’après le chercheur, l’attaque du drone de dimanche aurait pu être réalisée par un opérateur le pilotant en regardant un écran, ce qui nécessiterait beaucoup de compétences, d’autant plus qu’il faisait déjà nuit au moment de l’attaque (vers 19 h). Il ajoute qu’il existe également une autre possibilité, qui consiste en un « vol préprogrammé en utilisant des coordonnées GPS », mais il n’est pas clair si les drones Sayyad 107 et Ababil-T ont cette capacité car ils sont généralement pilotés par un opérateur.




Ça va lui coûter cher, très cher et il ne le sait que trop. A vos tunnels, même s’ils ne sont plus aussi sûrs qu’ils l’avaient espérer. Des innocents meurent par dizaine et bientôt par milliers et eux fanfaronnent et font comme s’il s’agissait d’un jeu de rôles.
19 h 36, le 15 octobre 2024