Le chef du législatif, Nabih Berry, recevant lundi 7 octobre 2024 le leader des Marada Sleiman Frangié à Aïn el-Tiné. Photo Flickr/Parlement
Sleiman Frangié ne s’estime pas vaincu. Lundi, après une rencontre avec le président du Parlement Nabih Berry, le chef des Marada et candidat du tandem chiite à la présidentielle a affirmé qu’il était encore en lice pour devenir président de la République. Ces dernières semaines, et avec le lancement de la guerre israélienne, le camp du Hezbollah a pourtant essuyé de lourdes pertes, notamment avec l’assassinat de son secrétaire général, Hassan Nasrallah. Dans la foulée, Nabih Berry avait semblé faire un pas en arrière considérable dans le dossier présidentiel, abandonnant le dialogue comme précondition à l’élection et considérant que le Liban avait besoin d’un président « consensuel » qui ne serait « un défi pour personne », ce que de nombreux observateurs ont considéré comme une façon d’abandonner la candidature de Sleiman Frangié. Ce que tant le chef du législatif que le leader des Marada ont veillé à rectifier.
« Berry continue de soutenir ma candidature », a ainsi assuré Sleiman Frangié lundi. « Certains ont annoncé leur reddition avant même la bataille, mais nous attendons de voir les résultats de cette bataille », a-t-il ajouté. Il a également précisé qu’un président qui satisfait tout le monde « ne ferait rien », appelant plutôt à l’élection d’un président bénéficiant d’une légitimité politique et qui soit « patriote, arabe, et qui croit en l’arabité du pays tout en protégeant le dos de la résistance ». Une façon de se présenter comme un candidat compatible tant avec les pays arabes, surtout l’Arabie saoudite (qui semble pourtant indifférente vis-à-vis de sa candidature), qu’avec le Hezbollah, son principal soutien.
« Un accord pourrait encore être trouvé »
Dans ce cadre, le zaïm de Zghorta a réaffirmé son alliance avec le parti chiite et son camp. « Certains parient sur Israël et le préfèrent à leur partenaire national, alors que si Israël gagne, la défaite sera pour tout le monde (au Liban). » Concernant la question de savoir si l’Iran a « vendu » le Hezbollah, Frangié a répondu que « l’axe de la résistance ne se livre pas à des politiques de vente et de transactions, contrairement à l’autre camp qui a vendu dans de nombreux contextes ». Il a également exprimé sa crainte qu’Israël ne souhaite provoquer des troubles internes au Liban, se disant prêt « à faire tous les sacrifices nécessaires pour éviter toute discorde et que l’essentiel est de protéger l’avenir du Liban ». Il a également affirmé son soutien à la Palestine et au peuple palestinien.
De son côté, Nabih Berry a lui aussi estimé, dans une interview accordée lundi au quotidien al-Joumhouriya, que ses appels à l’élection d’un président consensuel n’impliquent pas nécessairement un retrait de son candidat. « Un accord pourrait encore être trouvé pour élire Frangié », a-t-il affirmé. « À ma connaissance, les équilibres au sein du Parlement n’ont pas changé, pas plus que la taille des blocs parlementaires. Par conséquent, aucun camp ne dispose d’une majorité qui lui permettrait de décider seul de l’identité du président. C’est pourquoi nous appelons au consensus », a-t-il dit, estimant que malgré l’assassinat de Nasrallah, les rapports de force n’ont pas changé dans le pays. Il a également confirmé qu’il « n’insiste plus » pour un dialogue en amont pour convoquer une séance électorale, se disant prêt à le faire « dès qu’il sera possible de garantir une majorité de 86 voix pour un candidat ».
Pas de volonté de marginalisation
Concernant le fait qu’aucune personnalité chrétienne n’ait été invitée à la réunion à Aïn el-Tiné, qui a rassemblé Berry avec le Premier ministre sortant Nagib Mikati et le leader druze Walid Joumblatt, et qui a suscité un certain malaise dans les milieux chrétiens, le président du Parlement a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une tentative d’exclure les chrétiens : « Mais nous craignions qu’en invitant une personnalité et pas une autre, cela ne provoque des sensibilités et des interprétations dont nous n’avions pas besoin. » Il ajoute : « De toute façon, nous avons essayé de compenser ce manque dans la forme par le fond, en émettant un communiqué purement national, à travers lequel nous voulions envoyer des messages positifs. Nous espérons que les autres feront preuve de la même réciprocité. »
Enfin, il a réitéré l’engagement du Liban « à respecter l’appel commun américain, français, européen et arabe, qui a été émis le 25 septembre, et qui appelle à un cessez-le-feu immédiat pour une durée de 21 jours, durant laquelle les négociations se poursuivraient en vue de parvenir à un accord final pour l’application de la résolution 1701 ».



Doit-on leur rappeler que leur donneur d'ordre n'est plus de ce monde ? Game over les gars !!!
10 h 21, le 08 octobre 2024