Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Focus

Les points à retenir du discours de l’ayatollah Khamenei à Téhéran

Dans une rare allocution en hommage au chef du Hezbollah assassiné une semaine plus tôt, le guide suprême iranien s'est exprimé surtout en arabe pour adresser plusieurs messages.

Les points à retenir du discours de l’ayatollah Khamenei à Téhéran

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, prononçant un rare discours à la mosquée Mosalla de Téhéran, vendredi 4 octobre 2024. Photo by KHAMENEI.IR / AFP

« Totalement légitime. » C’est en ces termes que l’ayatollah Khamenei a qualifié, vendredi matin, la riposte iranienne sur Israël, alors qu’il dirigeait exceptionnellement la prière hebdomadaire dans la grande mosquée Mosalla de Téhéran. Une rare prise de parole, la première depuis la mort du commandant Kassem Soleimani il y a cinq ans, qui advient deux jours après l’envoi de 200 missiles sur l'État hébreu en représailles à l’assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et d'un commandant iranien des gardiens de la révolution (CGRI), Abbas Nilforoushan, dans une frappe israélienne à Beyrouth, le 27 septembre, ainsi qu'à l’élimination du chef du bureau politique du Hamas à Téhéran, Ismaïl Haniyé, le 31 juillet dernier. Le discours, précédé d’une cérémonie de commémoration en hommage au chef du parti libanais, a été suivi par plusieurs dizaines de milliers de partisans présents sur place. Quels sont les points importants à retenir ?

Une démonstration de force et d’unité

La présence de l’ayatollah Khamenei à la mosquée Mosalla de Téhéran se voulait déjà, en soi, un message important. Car bien que le sort de la région reste en suspens, et que l’Iran soit toujours dans l’attente d’une riposte promise par Tel-Aviv, le guide suprême est apparu en public parmi des dizaines de milliers de fidèles, contredisant ainsi les informations selon lesquelles il avait été placé en lieu sûr depuis la mort de Hassan Nasrallah. Ce vendredi, le plus haut dignitaire iranien semble être revenu aux fondamentaux de la révolution islamique. Debout, un fusil posé à côté de lui, Ali Khamenei a débuté un discours récité majoritairement en langue arabe à destination de ses affiliés dans la région : « Les musulmans, les différents groupes et communautés musulmanes et les pays du monde entier doivent être unis. » Un appel à l’unité de l'umma qui s’est fait ressentir jusque dans l’organisation du prêche. Derrière le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammed Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Ezhei, « se trouvait le commodore Shahram Irani, chef de la force navale iranienne, un rare Kurde sunnite à un poste de haut niveau en Iran », remarque l’historien iranien Arash Azizi sur son compte X. 

Soutenir l’« axe de la résistance »

La prise de parole du guide suprême intervient trois jours avant la première commémoration de l'opération Déluge d'al-Aqsa, dont ce dernier a rappelé aujourd’hui la « légitimité », alors que l'attaque du 7 octobre perpétrée par le Hamas en Israël avait tué près de 1 200 personnes, pour la majorité des civils. « Il est du devoir et de la responsabilité de tous les musulmans d'aider le peuple libanais ensanglanté et la bataille pour la mosquée al-Aqsa », a scandé Ali Khamenei au public présent ce vendredi, alors que le « centre de gravité » de la guerre s'est déplacé de l'enclave palestinienne au Liban. En liant tout au long de son discours les actions du Hezbollah et du Hamas, l’ayatollah a réaffirmé la codépendance des deux conflits, alors qu’en lançant une offensive sur la milice chiite au Liban, l’armée israélienne tente de dissocier les deux terrains de guerre. « Les ennemis de la nation islamique sont les mêmes que ceux des peuples palestinien, libanais et irakien », a poursuivi l’ayatollah Khamenei, qui a multiplié les déclarations de soutien aux différentes factions de l’« axe de la résistance », promettant qu’Israël « ne survivra pas longtemps » face à la capacité de ses affiliés. « L'entité sioniste sera déracinée du sol, elle n’a pas de racines, elle est fausse, instable et n’existe que grâce au soutien américain », a déclaré Ali Khamenei, reprenant les rengaines habituelles de la République islamique.

Lire aussi

Après l’attaque de missiles iraniens, quelle réponse israélienne ?

Dans la grande enceinte de la mosquée Mosalla, les chants de la foule « Nous sommes avec vous ! » résonnaient, sans que le discours n’engage pourtant clairement l’Iran d’un point de vue militaire. Dans sa volonté d’éviter une guerre totale qui opposerait inévitablement Téhéran aux États-Unis, Khamenei a loué la légitimité du Hezbollah et du Hamas à combattre directement Israël : « Aucune loi internationale n'a le droit de s'opposer et de protester contre les Libanais et les Palestiniens qui se lèvent contre l'occupation », a-t-il déclaré à la foule. En qualifiant ce vendredi le Hezbollah d’« arbre béni » qui « rend un service vital à toute la région », Khamenei a laissé entendre que le parti a la capacité de se défendre seul. Une position qui rejoint la récente déclaration du porte-parole de la diplomatie iranienne, Nasser Kanaani : « Les gouvernements du Liban et de Palestine ont la capacité et la puissance nécessaires pour faire face à l'agression du régime sioniste, et il n'est pas nécessaire de déployer des forces auxiliaires ou volontaires iraniennes », avait-il déclaré, le 30 septembre dernier, au cours d’une conférence de presse hebdomadaire. Le discours de Khamenei s’est déroulé au même moment que la visite du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à Beyrouth où il a rappelé que l’Iran « se tient fermement aux côtés des amis libanais ».

Un message à Washington

« L'opération de nos forces armées il y a quelques jours était totalement légitime », a justifié dans son discours l’ayatollah Khamenei en référence au lancement de 200 missiles en direction d'Israël. Une déclaration qui entendait se reposer sur le droit international et qui semblait destinée à priver l'État hébreu d'une justification quant à des représailles trop fortes, le guide suprême ayant en outre prévenu que cette attaque était la « moindre » des ripostes. Et bien que le président réformiste iranien ait montré, lors de son déplacement au sommet de l’ONU à New York la semaine dernière, des signes clairs d’ouverture à l’Occident, de toute évidence cautionnés par le guide suprême, ce dernier s’est adressé aux États-Unis vendredi pour les mettre en garde. « L’Iran répondra à toute action avec la plus grande fermeté » , a menacé le dirigeant de la République islamique, après que Washington se fut déclaré en faveur d’une riposte et prêt à coordonner une réponse avec les responsables israéliens. Le président américain Joe Biden a évoqué jeudi devant la presse des discussions en cours sur d'éventuelles frappes israéliennes contre les infrastructures pétrolières iraniennes, disant toutefois rejeter la perspective de s’en prendre aux installations nucléaires.

« Totalement légitime. » C’est en ces termes que l’ayatollah Khamenei a qualifié, vendredi matin, la riposte iranienne sur Israël, alors qu’il dirigeait exceptionnellement la prière hebdomadaire dans la grande mosquée Mosalla de Téhéran. Une rare prise de parole, la première depuis la mort du commandant Kassem Soleimani il y a cinq ans, qui advient deux jours après l’envoi de 200 missiles sur l'État hébreu en représailles à l’assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et d'un commandant iranien des gardiens de la révolution (CGRI), Abbas Nilforoushan, dans une frappe israélienne à Beyrouth, le 27 septembre, ainsi qu'à l’élimination du chef du bureau politique du Hamas à Téhéran, Ismaïl Haniyé, le 31 juillet dernier. Le discours, précédé d’une cérémonie de commémoration en hommage au...
commentaires (8)

ET PUISQUE VOUS AVEZ PUBLIE L,EXPLICATION, QU,ESI-CE QUI VOUS EMPECHE DE PUBLIER LA PREMIERE VERSION SINON LA SECONDE ? PRIERE DE LIRE ATTENTIVEMENT ET DE COMPRENDRE CE QUE JE VEUX DIRE. LES VIRGULES, LES POINTS, TOUT JOUE UN ROLE. MEME LE L,ANIMAL DANS CE COMPLEXE C,EST L,.HOMME EN GENERAL ET NON LES DEUX DONT JE PARLE PLUS HAUT. LE RESTE VOUS LE SAVEZ. -

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

12 h 33, le 05 octobre 2024

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • ET PUISQUE VOUS AVEZ PUBLIE L,EXPLICATION, QU,ESI-CE QUI VOUS EMPECHE DE PUBLIER LA PREMIERE VERSION SINON LA SECONDE ? PRIERE DE LIRE ATTENTIVEMENT ET DE COMPRENDRE CE QUE JE VEUX DIRE. LES VIRGULES, LES POINTS, TOUT JOUE UN ROLE. MEME LE L,ANIMAL DANS CE COMPLEXE C,EST L,.HOMME EN GENERAL ET NON LES DEUX DONT JE PARLE PLUS HAUT. LE RESTE VOUS LE SAVEZ. -

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 33, le 05 octobre 2024

  • Il peut faire ce qu’il veut mais ne l’autorisons pas à parler au nom des libanais. Cela s’appelle une ingérence et en la matière, on en a déjà trop donné.

    Sissi zayyat

    12 h 17, le 05 octobre 2024

  • Khamenei croit pouvoir mobiliser encore et encore ses proxy pour éviter de perdre le pouvoir en Iran. Il ne cesse de haranguer les pays musulmans, cette fois, pour leur faire croire qu’ils sont des victimes d’Israël alors qu’ils ont la preuve en mille que seuls les mollahs veulent les détruire. Son fusil à la main fait trembler ses propres adeptes qui se voient sacrifiés comme d’habitude pour lui sauver la peau afin qu’il puisse continuer le massacre sur ses propres citoyens qui n’attendent qu’une chose, se débarrasser de lui et tous ces corrompus sanguinaires qui les ont anéantis.

    Sissi zayyat

    11 h 55, le 05 octobre 2024

  • Le Liban officiel devrait demander des eclaircissements officiels á la République Islamique d'Iran et au Hezballah , concernant le paragraphe qui le mentionne. On est dans un cas d'ingérence caracterisée et matérialisée.

    Moi

    11 h 53, le 05 octobre 2024

  • JE NE VOIS PAS POURQUOI LA PREMIERE VERSION DE MA DIATRIBE FUT CENSUREE, ET SURTOUT LA SECONDE CORRIGEE BIEN QU,IL N,EN FALLAIT PAS. TOUT LE MONDE EN ENTIER DISCUTE QUE SI LES DEUX GRANDS NOMMES S,ENGOUFFRENT DANS LA GUERRE DU MOYEN ORIENT ON Y VA A LA TROISIEME GUERRE MONDIALE CETTE FOIS NUCLEAIRE AVEC LA FIN DE LA PLANETE. POURQUOI ALORS AVOIR CENSURE MES DEUX VERSIONS ? L,ANIMAL C,EST L,HOMME. J,AI PAS DIT LES DEUX ANIMAUX. FAUT LIRE ET COMPRENDRE AVANT DE CENSURER PAR REACTION. VEUILLEZ AIMABLEMENT PUBLIER CE MOT. MERCI.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 12, le 05 octobre 2024

  • C,EST PARTI SEUL. JE SUIS EN TRAIN DE LE TRAVAILLER ENCORE. SORRY.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 46, le 05 octobre 2024

  • Depuis hier, une ancienne chanson de Fairouz - Shaware@ el Quds el @ati’a - me trotte dans la tête. Texte beaucoup plus puissant que l’ensemble des missiles de « l’axe de la résistance »… …Ya Saouti Dallak Tayir, Zawbe@ bi hal Damayer, khabberhon @alli Sayer, Balki byu@al Damir…

    Alain

    22 h 56, le 04 octobre 2024

  • Khamenei peut raconter ce qu’il veut, il n’en demeure pas moins que les iraniens ont commis un sacrilège de premier ordre: Lancer des missiles sur Jerusalem. C’est comme s’ils bombardaient Mekka, Medina, Rome ou Qom. Comme dirait les chinois: It is simply not done! Il est temps que les Ultras de tout bord se mettent de côté et laissent la place aux gens de bonne volonté, Libanais, Palestiniens et Israéliens bien sûr. Il ne s’agit pas de s’embrasser sur la bouche dès le premier jour: une solution - du moins de non-ingérence, non-belligérance dans un premier temps - devrait être possible.

    Alain

    22 h 53, le 04 octobre 2024

Retour en haut