Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati (d.), recevant le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, à Beyrouth, le 30 septembre 2024. Photo X / @grandserail
Le Premier ministre sortant libanais, Nagib Mikati, a assuré lundi depuis Aïn el-Tiné que le Liban était « prêt à envoyer l'armée libanaise au sud du Litani dès l'imposition d'un cessez-le-feu » entre le Hezbollah et l'armée israélienne, insistant sur l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Ce texte prévoit notamment qu'aucun groupe armé ne soit déployé dans la zone entre le Litani, fleuve du Liban-Sud à environ 7 kilomètres de la Ligne bleue, où ne doivent se trouver que l'armée libanaise et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Or, le Hezbollah y est fortement mobilisé. À de nombreuses reprises depuis le début du conflit, les responsables libanais ont affirmé être prêts à appliquer cette résolution, mettant toutefois en avant l'importance de renforcer la troupe, lançant des appels à la communauté internationale pour y parvenir.
À l'issue d'une réunion avec le président du Parlement, Nabih Berry, M. Mikati a réitéré la position du Liban en faveur de « la mise en œuvre de l'appel émis par les pays occidentaux et arabes pour un cessez-le-feu et le début des discussions pour appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ». Le Premier ministre sortant a dans ce cadre affirmé que « dès qu'un cessez-le-feu sera imposé, il est prêt à envoyer l'armée libanaise au sud du Litani. »
Question des déplacés
MM. Mikati et Berry ont également discuté de questions internes, notamment des personnes déplacées des zones de conflit, dont le nombre aurait atteint un million selon le chef de l'exécutif. « J'ai expliqué à Nabih Berry les données dont dispose le gouvernement et nous essayons autant que possible de combler les lacunes existantes », a déclaré M. Mikati.
Le Hezbollah et Israël s'affrontent le long de la frontière libano-israélienne depuis le 8 octobre 2023, dans le cadre de la guerre à Gaza. Il y a une semaine, Israël a commencé à mener des frappes aériennes intensives à travers le Liban, tuant près d'un millier de personnes. La semaine dernière, les États-Unis et la France ont proposé un cessez-le-feu immédiat de 21 jours, mais Israël a immédiatement refusé cette proposition.
Plus tôt, le Premier ministre avait affirmé, à l'issue d'une réunion avec le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, que « la clé de la solution est de mettre fin à l’agression israélienne contre le Liban, et de revenir à l’appel lancé par les États-Unis et la France avec le soutien de l’Union européenne et de pays arabes et étrangers en faveur d’un cessez-le-feu », selon un communiqué du bureau du Premier ministre.
Paris et Washington, rejoints par des pays arabes, occidentaux et européens, ont appelé la semaine dernière à un « cessez-le-feu immédiat de 21 jours » entre Israël et le Hezbollah pour « donner une chance à la diplomatie ». Une initiative ignorée par Israël, qui a à l'inverse augmenté ses bombardements, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth et éliminé, dans une frappe d'une grande violence vendredi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Tournée de Barrot
C'est dans ce cadre que M. Barrot, premier responsable étranger à venir au Liban depuis le début de l'escalade lancée lundi dernier par l'Etat hébreu, effectue sa tournée auprès des dirigeants libanais. Il s'est réuni ce matin avec le président du Parlement, Nabih Berry, après son entrevue avec Nagib Mikati. Il est accompagné de l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro et d'une délégation, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Précédemment, le ministre français des Affaires étrangères était reçu à Bkerké par le patriarche maronite, Béchara Raï, toujours selon l'Ani. La rencontre a permis de « faire le point sur les derniers développements ». Le chef de la diplomatie française n'a pas fait de déclaration à l'issue de la rencontre.
De g. à d. : l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, et le chef du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo Mohammad Yassine / L'OLJ
M. Barrot doit encore rencontrer le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban et la Finul. Les contacts se multiplient en parallèle de cette tournée, et le général Aoun s'est également rendu dans l'après-midi à Aïn el-Tiné.
Hier à son arrivée, le ministre français avait remis une aide sanitaire d'urgence au ministre de la Santé, Firas Abiad, avant une réunion de travail sur la situation des ressortissants français du Liban.
L'arrivée de M. Barrot a coïncidé par ailleurs avec l'annonce de la mort d'un deuxième ressortissant français dans des circonstances encore non précisées. Une Française de 87 est décédée lundi dernier, après une « forte explosion » dans un village du Liban-sud.


Bravo pour l'axe du hezb pour ses initiatives tardives.Ces 2 accolytes feraient mieux de disparaitre et de laisser des patriotes gerer notre beau pays.
18 h 52, le 30 septembre 2024