Le chef du parti des Kataëb, Samy Gemayel. Photo tirée de son compte X
Le député Samy Gemayel, président du parti Kataëb, a mis en garde contre toute velléité de débattre d’une modification du système politique libanais sous la mainmise du Hezbollah sur l’État et le gouvernement, et a prôné une unification des forces souverainistes pour faire face au parti pro-iranien.
« Il est nécessaire de libérer le pays de cette hégémonie avant de parler d’un quelconque changement, qui finirait par approfondir les dissensions entre Libanais », a déclaré M. Gemayel dans une interview publiée mercredi par le quotidien an-Nahar. Il a ajouté qu’ « aucun changement ne peut être réalisé sans l’approbation du Hezbollah » et que «la décentralisation ou le fédéralisme ne peuvent régler le problème des armes hors du contrôle de l’État».
Le député du Metn a également plaidé pour « une unification des forces souverainistes » en vue de contrer le Hezbollah, qui « doit comprendre que les Libanais refusent de vivre comme des citoyens de seconde zone ». Il a déconseillé, dans ce cadre, de « s’opposer à ce parti dans une logique confessionnelle, car si cette opposition est labellisée conflit chrétien-chiite, ce serait suicidaire pour les deux communautés ».
M. Gemayel est l'un des plus farouches opposants au Hezbollah, et lui reproche de détenir des armes hors du contrôle de l’État et de bloquer notamment l’élection présidentielle au Liban depuis octobre 2022. « Ce qui importe au Hezbollah, c’est de garder son contrôle sur la vie politique libanaise, que ce soit par le biais d’un président ou dans un cadre de vacance présidentielle, si cela l’arrange », a-t-il asséné.
Concernant l’arrestation, jeudi dernier, de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, accusé de malversations financières, le chef des Kataëb reste prudent. « Je ne suis pas convaincu que cette classe politique, qui a tant profité des services de M. Salamé, soit sérieuse dans sa recherche d’une reddition des comptes », a-t-il souligné.


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