Le Conseil de sécurité de l'ONU réuni en session le 28 août 2024. Photo Reuters/David 'Dee' Delgado
Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté mercredi à l'unanimité la prorogation d'un an du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), jusqu'au 31 août 2025.
Le Conseil a vivement encouragé toutes les parties concernées à « mettre en œuvre des mesures immédiates de désescalade, y compris des efforts pour rétablir le calme, la retenue et la stabilité autour de la Ligne bleue », la ligne de démarcation entre Israël et le Liban. La résolution adoptée pour proroger le mandat réaffirme également le «soutien résolu» du Conseil au respect intégral de la Ligne bleue et à la cessation complète des hostilités.
La frontière israélo-libanaise est restée relativement calme entre 2006 et 2023. Toutefois, depuis octobre dernier, le Hezbollah et Israël se livrent à des hostilités transfrontalières quasi-quotidiennes, parallèlement à la guerre de Gaza. Bien que le mandat de la force internationale reste inchangé, la résolution adoptée « encourage le secrétaire général de l'ONU à veiller à ce que la Finul reste prête à ajuster ses activités pour soutenir la désescalade dans le cadre de son mandat et de ses règles d'engagement ».
Absence de mention du Hezbollah
Cependant, cela n'a pas satisfait le nouvel ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, qui a déclaré lors de la session : « Quel est l'intérêt de ce mandat s'il n'est pas respecté par les Nations unies ? ». Il a ainsi affirmé que l'attaque à la roquette qui a tué 12 enfants et adolescents dans la localité de Majdel Chams, sur le plateau du Golan occupé, à la fin du mois de juillet, était «le résultat direct de l'échec de la Finul et du gouvernement libanais» à mettre en œuvre les résolutions du Conseil.
Au cours de la session, M. Danon a également montré des cartes censées mettre en évidence les « sites de lancement de roquettes du Hezbollah » marqués par des points rouges, critiquant le fait que ces points « sont proches des zones où la Finul opère ». Il a en outre condamné le texte pour ne pas avoir mentionné le Hezbollah. « Le temps presse et Israël n'hésitera pas à utiliser tous les moyens disponibles si la diplomatie échoue », a-t-il ajouté au sujet des tensions actuelles à la frontière.
M. Danon s'est également adressé au gouvernement et au peuple libanais, affirmant qu'ils avaient un choix à faire : «Confrontez le Hezbollah aujourd'hui ou regardez votre pays s'enfoncer dans le chaos et la destruction. Ne laissez pas le Hezbollah et l'Iran dicter votre avenir. Si vous n'agissez pas, la dévastation qui s'ensuivra sera à votre charge. Israël ne cherche pas la guerre. Mais comme nous l'avons démontré cette semaine, nous n'hésiterons pas à défendre notre peuple. Il est temps que la communauté internationale agisse avant que ce conflit ne devienne encore plus incontrôlable. Nous demandons à ce conseil d'appliquer enfin la résolution 1701 dans son intégralité et de reconnaître le Hezbollah comme une organisation terroriste».
La position française
Pour sa part, la représentante permanente adjointe de la France à l'ONU, Nathalie Broadhurst, a déclaré lors de la session du Conseil de sécurité que « le risque d’une guerre ouverte reste réel. Nous sommes mobilisés, en lien avec nos partenaires régionaux et internationaux, pour éviter un embrasement régional et nous continuons d’appeler l’Iran et les groupes qu’il soutient à s’abstenir de mener des attaques, lesquelles aggraveraient encore les tensions actuelles ».
« Nous avons, par ce texte, appelé à la pleine mise en œuvre du cadre reconnu par tous, à savoir la résolution 1701, y compris donc le retour à une cessation complète des hostilités. Nous avons demandé à tous les acteurs de prendre des mesures immédiates pour travailler à la désescalade », a-t-elle ajouté.
Le Liban exprime sa gratitude
Le représentant du Liban auprès des Nations unies a, de son côté, remercié le Conseil de sécurité pour son vote unanime en faveur de la prorogation du mandat de la Finul, et a appelé à « la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 ». Cette résolution, qui a mis fin à la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah, prévoit le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani et le déploiement de l'armée libanaise et d'une force multinationale dans la région frontalière.
Réagissant au vote, le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati a exprimé la « profonde gratitude » du Liban envers les membres du Conseil de sécurité de l'ONU pour leurs «efforts inlassables en vue de renouveler le mandat de la Finul, et en particulier envers la France, pour tous ses efforts afin de parvenir à un consensus sur cette question», selon une déclaration publiée par son bureau.
« Le renouvellement du mandat est essentiel au maintien de la stabilité dans le sud du Liban [...]. Nous affirmons l'engagement du Liban à travailler en étroite collaboration avec la Finul pour relever les défis et faire face aux menaces qui pèsent sur la stabilité dans le sud. Nous réitérons également l'engagement du Liban à mettre en œuvre... la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », a ajouté M. Mikati.
Plus tôt dans la journée de mercredi, le ministre sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, avait rencontré l'ambassadeur de France au Liban Hervé Magro et l'ambassadrice des États-Unis Lisa Johnson, a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
M. Bou Habib a ainsi discuté « de certains points contenus dans le texte du projet de résolution pour l'extension de la Finul (...) que la France a soumis au Conseil ». En 2023, des discussions concernant des changements dans le mandat et les missions de la Force avaient entraîné le report du renouvellement à deux reprises.
Après l'adoption de la résolution, le ministère libanais des Affaires étrangères a remercié le Conseil de sécurité « pour les efforts » des pays membres, notamment ceux de la France et de l’Algérie. La diplomatie libanaise a également remercié « le reste des pays membres qui ont accepté la prorogation, connaissant l’importance de la présence des forces de l’ONU au Liban-Sud et leur rôle dans la préservation de la stabilité, notamment dans les circonstances actuelles ».
Le ministère a aussi réitéré son attachement à la résolution 1701 et aux résolutions qui « soutiennent la souveraineté du Liban (...), qui appellent Israël à respecter les frontières internationalement reconnues, à se retirer des territoires libanais qu’il continue d’occuper, et à mettre un terme aux agressions (israéliennes) continues au Liban. »





Cette fois ci le barbu n’ a pas ramené sa fraise. Il a d’autres chats à fouetter et non les moindres.
16 h 11, le 29 août 2024