Le Grand sérail, à Beyrouth, le 13 février 2024. Photo P.H.B.
L'ex-Premier ministre Salim Hoss est mort à l'âge de 94 ans, a annoncé dimanche le chef du gouvernement sortant Nagib Mikati.
« C'est avec une grande tristesse que je déplore la disparition de Salim Hoss, qui s'est éteint au moment le plus difficile et le plus délicat où le Liban a besoin de sa conscience, de son sens national et arabe, de sa sagesse, de sa sobriété et de sa bonne gestion des affaires publiques », a réagi M. Mikati dans un communiqué. Il a également rappelé que Salim Hoss était « un économiste éminent et un exemple de compétence, d'éthique et de science qui plaçait l'intérêt supérieur du pays et des citoyens au-dessus de tout ». L'ex-PM était « impartial, objectif et constitutionnel par excellence », a-t-il encore souligné.
Salim Hoss a été nommé cinq fois Premier ministre, notamment à des périodes difficiles de la guerre libanaise (1976-1980, 1987-1990, 1988-1989, 1989-1990, 1998-2000) et a longtemps été député de Beyrouth.
Ce technocrate, économiste de formation, affirmait être venu à la politique « par accident ». Il s'est toujours posé en homme d'Etat attaché aux institutions, rompant avec la tradition du clientélisme dans un pays où les appartenances communautaires et politiques priment souvent sur l'allégeance nationale.
Né en 1929 dans une famille de la bourgeoisie musulmane sunnite de Beyrouth, orphelin dès son jeune âge, il était titulaire d'un doctorat en économie et gestion de l'Université d'Indiana (USA).
Le président du Parlement Nabih Berry a exprimé sa « profonde tristesse ». « Ce décès survient à un moment où le Liban a cruellement besoin de l'intégrité de Salim Hoss, de sa clarté et de ses grandes options nationales », a-t-il dit.
Nagib Mikati a par ailleurs publié une circulaire administrative stipulant un deuil officiel pour le décès de l’ancien Premier ministre Salim Hoss. Le document précise que « les drapeaux seront mis en berne sur les bâtiments publics pour une période de trois jours, jusqu'à mercredi ». Les programmes réguliers des stations de radio et des chaînes de télévision « seront réajustés pour refléter cette occasion solennelle », ajoute le texte.


Qu'il repose en paix même s'il n’était pas l'homme politique sur lequel le Liban aurait pu compter en particulier dans les moments difficiles.
10 h 22, le 26 août 2024