La coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Photo d'archives AFP
« Le Liban et sa région sont toujours dans un danger imminent, mais la solution diplomatique reste possible », a affirmé mercredi la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, pendant une session du Conseil de sécurité de l'ONU, au cours de laquelle elle a lu et exposé le rapport rédigé par le secrétaire général Antonio Guterres sur la résolution 1701.
Ce texte avait été adopté en 2006 pour mettre un terme à la guerre en juillet de la même année entre le Hezbollah et l'État hébreu, et consacre la présence de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) et de l'armée libanaise à la frontière-sud, où le Hezbollah et Israël se livrent à des affrontements quasi-quotidiens depuis le 8 octobre 2023.
Crainte d'une « erreur d'appréciation »
Dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), Mme Hennis-Plasschaert a affirmé « refuser d'accepter qu'un conflit total soit inévitable » (...) « Le Liban et Israël ont tous deux déclaré qu'ils ne souhaitaient pas la guerre », a-t-elle ajouté. Elle a également formulé l'espérance qu'un « accord sur Gaza puisse faire revenir immédiatement les choses à la normale sur la Ligne bleue », qui sert de limitation entre les deux pays.
« Je crains que toute erreur d'appréciation d'une des deux parties ne mène à un conflit plus large qui toucherait toute la région », a-t-elle prévenu, précisant « faire tous les efforts » pour inciter les deux parties à la désescalade. « L'application de la 1701 est la seule voie vers la sécurité durable », a-t-elle insisté.
Jeanine Hennis-Plasschaert a abordé « les autres crises » qui frappent le Liban, notamment « le délitement de l’État et le recul des capacités de ses institutions ». Elle a déploré le fait que de nombreux Libanais « comptent sur les transferts d'argent de l'étranger pour poursuivre leur vie », réaffirmant à cette occasion la nécessité de réformes économiques.
Elle a en outre abordé « les difficultés immenses résultant de la présence à long terme d'un grand nombre de réfugiés sur le territoire libanais », insistant sur la nécessité de trouver « des solutions globales » à cette question. « Les solutions ne se limitent pas au seul Liban », a-t-elle dit.
Dans son rapport sur la résolution 1701, Antonio Guterres a donné plusieurs chiffres, détaillés par L'Orient-Le Jour dans plusieurs infographies. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a par exemple maintenu sa présence au sud du fleuve Litani, effectuant en moyenne 6 000 patrouilles motorisées entre le 21 février et le 20 juin derniers, souligne le rapport.



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