La compagnie britannique Virgin Atlantic a signé une commande ferme de 7 long-courriers A330-900, portant à 19 le nombre de ces appareils dans le carnet de la société fondée par le milliardaire Richard Branson il y a 40 ans. Justin Tallis/AFP
Les commandes annoncées au Salon aéronautique de Farnborough se concentrent sur le marché des avions gros-porteurs, reflet du redécollage du trafic long-courrier mondial et du souci des compagnies aériennes d’anticiper leurs besoins futurs.
Mardi, au deuxième jour du Salon qui se tient au sud-ouest de Londres, Airbus a lancé le compteur pour ses A330 et A350, des appareils capables d’emporter 300 passagers ou davantage sur plus de 13 000 kilomètres.
La compagnie britannique Virgin Atlantic a signé une commande ferme de 7 long-courriers A330-900 supplémentaires, portant à 19 le nombre de ces appareils dans le carnet de la société fondée par le milliardaire Richard Branson il y a 40 ans.
Selon le dernier prix catalogue dévoilé en 2018 par Airbus, qui n’a depuis pas communiqué sur ses évolutions, le prix d’un A330-900 s’élève à 296 millions de dollars.
La compagnie japonaise Japan Airlines a, elle, formalisé l’achat de 21 A350-900, dont un pour remplacer l’appareil perdu dans une collision au sol début janvier à l’aéroport de Tokyo-Haneda, et de 11 monocouloirs A321.
Japan Airlines (JAL) entend exploiter ces nouveaux A350, qui seront livrés entre 2028 et 2032, sur des routes internationales. La compagnie a jusqu’à maintenant utilisé ses 15 A350-900 sur des liaisons intérieures, profitant de sa capacité à embarquer jusqu’à 350 passagers.
La veille, le transporteur japonais avait également formalisé l’achat, lui aussi dévoilé en mars, de 10 Boeing 787 Dreamliner.
Aux prix catalogues, cette commande auprès des deux avionneurs s’élève à 12,9 milliards de dollars, selon JAL.
Lundi également, Korean Air a signé devant les médias avec Boeing une commande pour acquérir 20 gros-porteurs 777-9, appareil qui doit encore obtenir sa certification, et de 20 Dreamliner 787-10 (plus de 15 milliards de dollars au prix catalogue).
Les avions monocouloirs A320 et B737 constituent le cœur du marché du transport aérien et sont bien concernés par quelques contrats : Airbus a signé pour deux A320 et deux A321 XLR commandés par Drukair, une compagnie du Bhoutan, tandis que Boeing a obtenu une commande pour deux 737 MAX-10 de la compagnie luxembourgeoise Luxair.
Capacités de production contraintes
Mais avec des carnets de commandes des avionneurs remplis jusqu’à la fin de la décennie pour les monocouloirs et devant les capacités de production contraintes qui retardent les livraisons, les compagnies aériennes mondiales cherchent à se positionner rapidement pour recevoir les long-courriers dont elles auront besoin.
Le mouvement est engagé : sur les six premiers mois de l’année, la part des gros-porteurs dans les commandes d’Airbus a doublé, représentant 40 % des avions achetés par les clients de l’avionneur européen (27 A330 et 103 A350).
Pour Boeing, traditionnellement l’avionneur le plus puissant sur ce segment, elles ont totalisé 35 % des commandes totales (42 B777 et 13 B787).
S’il a redémarré plus lentement que les liaisons moyen-courriers, le trafic long-courrier devrait retrouver cette année son niveau d’avant la pandémie de Covid-19.
Entre la perspective d’un trafic aérien mondial qui devrait doubler au cours des 20 prochaines années et des besoins des compagnies de remplacer leurs flottes par des avions consommant moins de carburant – donc plus rentables – et émettant moins de CO2, les besoins sont immenses.
Airbus évalue le besoin d’avions gros-porteurs à 8 900 appareils, dont 940 dédiés au fret d’ici à 2043, soit 20 % du total d’avions à livrer, quand Boeing l’estime à plus de 9 000.
Et si l’irruption de l’A321 XLR, un monocouloir à très long rayon d’action déjà vendu à près de 550 exemplaires, pourrait rebattre les stratégies des compagnies aériennes, les gros-porteurs ne vont pas disparaître du marché, estime Darren Hulst, vice-président de Boeing chargé du marketing.
« Environ 25 % des sièges de long-courriers se trouvent encore sur des avions de 330 places ou plus, ce qui signifie que nous avons besoin d’un remplaçant efficace pour les avions long-courriers », affirme-t-il, jugeant que ces grands marchés ne sont pas près de disparaître.
Source : AFP

