Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib. Photo utilisée par l'ANI
Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a averti mercredi, dans une intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une séance de débat sur la situation au Moyen-Orient, que la guerre qu'Israël « cherche à étendre » au Liban risquerait d'« ébranler toute la région ».
M. Bou Habib a cité des menaces proférées à l'encontre du Liban par des responsables israéliens, appelant à faire attention aux « erreurs de calcul » qui risquent d'entraîner le Moyen-Orient dans une « situation explosive », alors que depuis octobre, le front libanais est marqué par des échanges de frappes quasiment quotidiens entre le Hezbollah et l'armée israélienne.
Israël « cherche à poursuivre la guerre et à en étendre la portée géographique, ce qui risque d'ébranler » le Moyen-Orient, a-t-il insisté, selon les propos rapportés sur le site du Conseil. Et de mettre en garde contre les risques d'une vague d'émigration qui pourrait en découler et qui « n'épargnerait pas l'Europe ». Beyrouth agite régulièrement la menace de déplacements de population pour réclamer le soutien ou la solidarité de la communauté internationale.
Mise en oeuvre de la 1701
Le ministre sortant a rappelé, en outre, que le Liban a présenté un plan pour assurer un « calme durable » le long de la Ligne bleue, qui appelle à mettre pleinement en oeuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 pour mettre un terme à une guerre entre Israël et le Hezbollah. Il a encore réclamé la fin des violations israéliennes de la souveraineté du Liban, qu'elles soient « aériennes, terrestres ou maritimes » et le soutien de la communauté internationale pour aider le gouvernement à déployer l'armée au sud du Litani. Ces revendications font partie de la 1701, qui prévoit également que seule l'armée et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) soient déployées dans la zone entre le fleuve Litani et la Ligne bleue, où sont actuellement mobilisées en nombre les forces du Hezbollah. Il a rappelé que Beyrouth a demandé le renouvellement « sans amendement » du mandat de la Finul, qui doit être voté fin août. Abdallah Bou Habib a encore appelé à ce que la frontière « internationalement reconnue » entre le Liban et Israël soit délimitée, sur la base de l'accord de Paulet-Newcombe (1923).
De son côté, le représentant israélien à cette réunion a estimé que si la situation dégénère en « guerre à grande échelle au Liban, c'est uniquement parce que le Hezbollah a lancé des milliers de roquettes sur les civils israéliens, avec le soutien de l'Iran ».
« Le bourbier de Gaza »
En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, Ali Bagheri, a estimé que Tel Aviv et ses «dirigeants bellicistes pensent qu'une extension de la guerre au Liban pourrait les sauver du bourbier de Gaza». «Téhéran rejette toute action aventureuse» israélienne en ce sens et ses potentielles conséquences, a-t-il ajouté.
Avant son intervention devant le Conseil, M. Bou Habib avait tenu une série de réunions au cours des dernières heures à New York. Il s'est notamment entretenu avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, de la situation au Liban-Sud et des moyens d'assurer une désescalade. Il a également discuté avec M. Bagheri, avec le sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, et la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric Egger.


