Le président du Parlement libanais Nabih Berry, au cours d'une séance parlementaire consacrée à l'élection d'un président du Liban en juin 2023. Photo Parlement libanais
L'appel au dialogue en amont de la présidentielle continue de semer la zizanie entre le camp de l'opposition et le président du Parlement libanais Nabih Berry et ses alliés. Après l'initiative lancée cette semaine par le camp anti-Hezbollah, qui consistait en des « consultations » informelles de 48 heures en vue de la tenue du scrutin, dans le cadre d'une séance ouverte au Parlement, le camp Berry a campé sur ses positions et rejeté toute table ronde qui ne soit pas formellement présidée par le chef du Législatif. Ce à quoi n'ont pas tardé à réagir les Forces libanaises de Samir Geagea, dénonçant une fois de plus l'insistance du président de la Chambre de vouloir créer un précédent en conditionnant l'organisation de la séance électorale à un dialogue sous sa férule.
Au cours de sa réunion hebdomadaire, présidée par M. Berry, le groupe parlementaire du mouvement Amal a ainsi condamné « tout abus ou mépris des positions, pouvoirs et rôles présidentiels », affirmant « qu'il ne prêtera aucune attention aux campagnes d'abus et de calomnies qui visent le président du Parlement, son rôle et ses pouvoirs, et que ces campagnes sont inévitablement fausses ». « Pourquoi présenter le dialogue ou la consultation comme un épouvantail et une violation du système en place et de la Constitution ? », a ajouté le bloc, notant qu'il « accueille favorablement tout effort arabe ou international visant à aider le Liban à élire un président ».
Geagea est « ingrat »
Critiquant les FL, M. Berry a qualifié Samir Geagea d'« ingrat ». « Il n'a pas apprécié mon rejet de l'offre du chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil », qui poussait pour un dialogue suivi d'une élection dès que la présence de 86 députés serait assurée et même si tous les blocs n'étaient pas présents. « J'ai rejeté cette proposition sans y penser deux fois parce qu'il n'est pas possible d'accepter l'isolement d'une composante libanaise, en particulier les Forces libanaises, qui constituent le plus grand groupe parlementaire chrétien », a-t-il ajouté.
Le groupe parlementaire du mouvement Amal a estimé que « l'effort » qui doit être déployé pour élire un président de la République « devrait être entrepris par les groupes parlementaires et les forces politiques dans le cadre d'un effort national global (...) et avec la conviction (...) que l'impasse actuelle impose une consultation et un dialogue sérieux, dans une atmosphère ouverte sous la houlette du Parlement et de la Constitution, pendant quelques jours, afin d'aboutir à un accord sur un, deux ou trois candidats ».
La réaction des FL
Réagissant à ces propos, les Forces libanaises ont affirmé dans un communiqué que « ceux qui prétendent que le chemin vers la présidence passe par Aïn el-Tiné contournent la Constitution et s'enfoncent dans la vacance ». « Conditionner l'élection d'un chef de l’État par la convocation d'une séance ouverte est-elle devenue la coutume ? Absolument pas », ont-ils ajouté.
« Parler de conditions contraignantes précédant la présidentielle, qui ne sont présentes dans aucun texte constitutionnel, ou que Aïn el-Tiné est le point de passage obligé pour l'organisation du scrutin, confirme que les partisans de M. Berry veulent amender la Constitution et établir de nouvelles coutumes », ont fustigé les FL.


Le dictateur Berri se croit tout permis et au-dessus de tout et n’a aucune intention de partager son pouvoir absolu. L’utopie chiite est en cours ,,
12 h 33, le 14 juillet 2024