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Monde - Législatives

La France vote en masse pour des élections cruciales

Le taux de participation était en hausse ce dimanche avec 59,71% à 17h00, le chiffre le plus élevé pour des législatives depuis celles de 1981 (61,4%).

Le Premier ministre français Gabriel Attal sortant de l'isoloir lors du 2e tour des élections législatives françaises à Vanves, dans les Haus-de-Seine, près de Paris, le 7 juillet 2024. Alain Jocard/AFP

Les Français étaient fortement mobilisés dimanche pour le second tour d'élections législatives historiques, dont le parti d'extrême droite pourrait sortir vainqueur, mais sans majorité absolue à l'Assemblée, qui risque la paralysie.

Le taux de participation était en hausse ce dimanche au cours de la journée avec, à 12h00 (heure de Paris) 26,63%, puis à 17h00, 59,71%, des chiffres jamais vus pour des législatives depuis celles de 1981 (61,4%), qui avaient porté la gauche au pouvoir.

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Ce scrutin convoqué par la dissolution surprise de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron au soir du résultat des élections européennes, le 9 juin dernier, se déroule dans un climat délétère avec une campagne marquée par de multiples insultes et agressions physiques contre des candidats ou des militants, alors qu'une libération de la parole raciste et antisémite est palpable à l'aune de la potentielle arrivée au pouvoir du Rassemblement national (RN).

Face au risque d'éventuels débordements ce dimanche soir, 30.000 policiers seront mobilisés, dont 5.000 à Paris. « Il y a beaucoup de tension, les gens deviennent fous », a commenté à Tourcoing (nord) Laurence Abbad, retraitée de 66 ans, qui craint des violences dans la soirée après l'annonce des résultats.

À quelques kilomètres de là, à Lille, Cécile Artis, cadre supérieure de 59 ans, s'inquiète de « la polarisation des opinions publiques », tandis que dans la petite commune de Rosheim près de Strasbourg (est), Antoine Schrameck, retraité de 72 ans, se dit « angoissé » : « On est à un tournant de l'histoire de la République ».

Resserrement des trois blocs 

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 8h00 dans l'Hexahone, alors qu'ont déjà voté samedi les électeurs de Saint-Pierre-et-Miquelon (Atlantique nord), de Guyane, des Antilles, ainsi que de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique sud. Dans les grandes villes de métropole, ils resteront ouverts jusqu'à 20h00, heure de publication des premières estimations.

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Les premiers résultats sont tombés dans certains territoires d'outre-mer, qui ne présument en rien d'une tendance nationale. En Guadeloupe, les quatre députés sortants indépendants et de gauche retrouvent leur siège. En Martinique et en Guyane, la gauche l'a emporté. Le président Emmanuel Macron a plongé la France dans l'inconnu en décidant le 9 juin de dissoudre l'Assemblée nationale après sa débâcle aux européennes.

Au premier tour, les Français ont placé le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) - et ses alliés issus du parti de droite LR - largement en tête (33%), devant l'alliance de gauche Nouveau Front populaire (NFP, 28%), et le camp présidentiel de centre-droit (20%). Vendredi, les sondages semblaient montrer un resserrement entre les trois blocs : l'extrême droite obtiendrait au deuxième tour entre 170 à 210 sièges, pour une majorité absolue fixée à 289 députés. Ils seraient talonnés par le NFP (155 à 185), suivis des macronistes (95 à 125).

« Tentations populistes » 

Mais les sondeurs affichaient une prudence certaine, car nul ne sait à quelle force va bénéficier la très forte participation. Une « cinquantaine de circonscriptions se jouent dans un mouchoir de poche », a fait valoir le président délégué de l'institut de sondages Ipsos, Brice Teinturier.

Plus de 200 candidats de la gauche et du centre se sont désistés, des dizaines de triangulaires, qui semblaient favorables au RN à l'issue du premier tour, se transformant du même coup en duels beaucoup plus serrés. « Aujourd'hui le péril, c'est une majorité dominée par l'extrême droite et ce serait un projet catastrophique », a prévenu le Premier ministre Gabriel Attal, chef de la campagne du camp présidentiel.

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La cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, a dénoncé les manœuvres d'un « parti unique » de « ceux qui veulent conserver le pouvoir contre la volonté du peuple ». Si elle réussit son pari et obtient une majorité suffisante, c'est son poulain Jordan Bardella, 28 ans, qui entrerait à Matignon avec un fort programme anti-immigration. Ce serait le premier gouvernement issu de l'extrême droite en France depuis la Deuxième Guerre mondiale.

L'hypothèse a suscité des craintes chez certains grands pays européens partenaires de la France, inquiets de voir arriver aux affaires, dans un des piliers de l'Union européenne, un parti eurosceptique et réputé proche de la Russie de Vladimir Poutine. Sans citer de pays en particulier, le pape François a mis en garde dimanche contre les « tentations idéologiques et populistes ».

L'incertitude est telle que Gabriel Attal a déclaré que son gouvernement était prêt à assurer la continuité de l'Etat « aussi longtemps que nécessaire ». Donc à expédier les affaires courantes en attendant la formation d'une nouvelle équipe, alors que Paris accueille les Jeux olympiques dans trois semaines. Sollicité quant à une éventuelle prise de parole du chef de l'État après 20h00, son entourage a indiqué à l'AFP que « rien n'était décidé » pour le moment et « tout (dépendrait) des résultats ».

Les Français étaient fortement mobilisés dimanche pour le second tour d'élections législatives historiques, dont le parti d'extrême droite pourrait sortir vainqueur, mais sans majorité absolue à l'Assemblée, qui risque la paralysie.Le taux de participation était en hausse ce dimanche au cours de la journée avec, à 12h00 (heure de Paris) 26,63%, puis à 17h00, 59,71%, des chiffres jamais vus pour des législatives depuis celles de 1981 (61,4%), qui avaient porté la gauche au pouvoir. Sur le même sujet Les binationaux, cette vieille fixation du RN qui trouble aussi les Franco-Libanais Ce scrutin convoqué par la dissolution surprise de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron au soir du résultat des élections européennes, le 9 juin dernier, se déroule dans un climat délétère avec une...
commentaires (2)

Ils feront comme en Italie le gouvernement de Dragui des experts sans étiquettes

Eleni Caridopoulou

17 h 25, le 07 juillet 2024

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Commentaires (2)

  • Ils feront comme en Italie le gouvernement de Dragui des experts sans étiquettes

    Eleni Caridopoulou

    17 h 25, le 07 juillet 2024

  • Pas de sondage. Grâce à l’intelligence artificielle (si moderne) , comme prévu « l’élasticité » du trampoline de la cage (ou s’est mis Micron) est réduit à zéro . En attendant les résultats des élections, il est assis dans un coin, soutenu moralement par Brigitte (dehors avec un sac d’orange). L’autre coin, le couple Gabriel - Stephan semblent rêver. À ce soir et en vrai…

    aliosha

    13 h 07, le 07 juillet 2024

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